CHAPITRE II PHLEGMON SOUS-PLEURAL OU PÉRIPLEURITE
Encore assez mal connue, (juoique Boyer l'ait déjà décrite dans un chapitre spécial ('), l'inflammation du tissu cellulaire sous-pleural a été mise hors de doute par les descriptions de Wunderlich(^) et de Billroth(^). Bartels, de Kiel, a publié un travail intéressant sur cette alfection, in Berlin, klin. Wocliensclirifl, 187.3, n" 52, ainsi que Franz Riegel, in Deiilsches Archiv fur klin. Medic, 1877, p. 51. Barth en a publié une curieuse observation dans la France médkali' du 11 août 1880. J'en ai observé moi-même un cas à l'hôpital Lariboisiére. en 1889.
L'examen bactériologique du pus n'a été fait dans aucun cas à ma connaissance. II est probable qu'il s'agit d'une suppuration streptococcique se produisant dans des conditions de virulence très exaltées.
En effet, la plupart des cas sont marqués à leur début par des phénomènes généraux graves : frissons, élévation considérable de la température, fréquence du pouls, souvent véritable étatadynamique avec délire. Les urines contiennent presque toujours de l'alliumine, et la néphrite parenchymateuse diffuse est une complication pour ainsi dire habituelle. La péricardite, les suppurations multiples de la pyohémie, ont été notées plusieurs fois.
L'étiologie de cette affection est encore à faire. On l'a rencontrée chez des enfants et chez des adultes. Quelques malades avaient souffert de la misère ou de mauvais traitements ; d'autres étaient en pleine santé. Pas de pleurésie ni d'affection du périoste ou des os précédant l'apparition de la maladie.
L'abcès sous-pleural doit être distingué de la pleurésie purulente. Le seul signe important, c'est !a constatation par les divers moyens d'investigation d'une collection limitée, qui parfois détermine une voussure étendue à deux ou
(') Boyer, Des abcès du tissu cellulaivc de la plévve. Traité des maladies chii\, l' édition, I. Vn, p. 341.
(*) WuNDERLiCH, Arclt. der Heilkunde, t. II, 1861. (^) BiLLROTH, Arch. fiir klin. Cliir. von Langenbeck, t. II, 18U1.
IJ.J. PEYROT
'-2X ABCES FHOIDS DE LA PAROI TIIOliAC.inUE.
Irois espaces intercostaux cl l'élarg-issemenl de ces espaces au pciinl (|iie la lliictuation a pu ôtrc perçue à leur niveau.
Quand l'existence d'une semblable collection a été bien constatée, on ne peut l)lus hésiter qu'entre un abcès péri-pleural ou une pleurésie enkystée. Mais celle dernière ne se développe i)as avec celle soudaineté.
Ces abcès ont peu de tendance à s'ouvrir dans la cavité pleurale. Cet accident s'est pourtant produit dans un fait rapporté par Barlels. Dans l'observation de Barlh, nous voyons qu'il s'était produit une ganf>rène de la plèvre pariétale sous la forme d'une plaque dont les dimensions atteignaient celles d'une pièce de 2 francs. L'établissement d'une fistule a été noté plusieurs fois ; mais il lient peut-être à une intervention insuffisante.
Dès qu'une semblable collection est reconnue, une large incision doit en effet être pratiquée, et même il est utile dans la plupart des cas d'y joindre la résection d'un segment de côte. Celle résection permettra d'explorer complètement la cavité de l'abcès, de découvrir les divcrticules qui ont été quelquefois signalés, de désinfecter largement la cavité, de la bourrer au besoin de gaze iodoformée, pratique ([ui dans le cas que j'ai oliser\é a procuré une guérison l'apide.