‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 42 sur 250 · LYMPHAXatOMES ET KYSTES SËliEUX · texte numérisé non relu

LYMPHAXatOMES ET KYSTES SËliEUX

La face est le siège de prédileclion du Ivinphangiome simple, mais le lymphangiome kystique y est beaucoup plus rare qu'au cou.

Le lympliatiyionic simple on caverneux répond en grande partie à ce qu'on appelle souvent les hypertrophies congénital^s. A la face, les hypertrophies peuvent atteindre soit une région en particulier, telle que la paupière, l'oreille, le nez, les lèvres, la langue, soit plusieurs régions à la fois. Parmi les hypertrophies localisées, étiuliées aux régions que je viens d'énumérer, je nommerai celle des joues ou macromélie, observée par Beck, Weinlechner, Kindler("'), O. Lannelonguc('). Dans le casde Lannelongue. elle était bilatérale et les joues formaient des saillies volumineuses, fermes, élastiques, descendant jusqu'au niveau du menton. Comme je le dirai pour la macrocheilie et la macroglossie, le rôle exact du système vasculaire sanguin dans la genèse de ces productions n'est pas encore très bien élucidé. Schiillei-, Lannelongue ont noté la présence d'un naîvus sur les parties voisines; en opérant, Schûller a vérifié ce développement vasculaire considérable, et C. Weil, en incisant la tumeur, a vu s'écouler de la lymphe en même temps qu'il constatait l'existence tl'artères grosses comme la radiale et de grosses veines à parois minces.

Le lyiiipluiiu/iome kystique est représenté par des kystes séreux multiloculaires semblables à ceux du cou. Dans ces faits, auxquels il faut sans doute

(') Z.KUTi, Deutsche Zeil. fiir CWr., Leipzig, 1885. t. .XXII, p. 580.— HoiiTELOup, Ihdl. et mcm. de la Soc. de chir., Paris, 1885, n. s., t. XI, p. 251.

{-) L. Thomas, Bull, et Mém. de la Soc. de chir., Paris, 1887, n. s., l. .XIIl, p. 26Ô.

(') KiNDLF.R, IJelier Li/mphangiome mil besonderer Beriicksiclilicjnntj des Lijmphanginms dcr Wange {Makromelie). xlièse inaug. de Municli, 188i. — Voy. aussi Dkmons. .lournal de méd. de Bordeaux, .'50 avril 1893, p. 209. — Montgomkry, Med. Neics, Pliilail., 15 jiiillel 1893, 1. II, p. (il .

(') L.^NNELONGUE et Acii.^RD, Traité des kystef! eongénilaux, Paris. 188(1. p. 320 et 589. — Lanneloncu'e et Mknvrd. .\IJ'eclinns congénitales, Paris. 1891. t. I, p. 008.

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rapporler quelques observalious anciennes signalées par A. BérarcI, la joue est soulevée par une tumeur de volume varialjlc, ù peu près arrondie, tanlôl limitée, tanlôl plus dilîuso. Celte masse est lobulée, mal fluctuante, si Ton ne circonscrit un lobule par la palpation, mobile sur la peau et sur la muqueuse. La lumeur peut remonter sous l'arcade zygomatique et même s'étendre ainsi assez loin. Au premier abord, l'aspect est simplement, dans bien des cas, celui de l'œdème; mais à la palpation on trouvera toujours quelques noyaux isolés el durs. Ces mêmes noyaux, joints k la fluctuation de quelques bosselures, permettront d'éliminer le lipome; le diagnostic sera évident lorsque les bosselures les plus superficielles auront une couleur bleuâtre par transparence; un autre signe est fourni par la possibilité de rapprocher les deux parois l'une de l'autre en pressant la masse entre le pouce et l'index, placés l'un sur la peau el l'autre sur la muqueuse génicnne; quelquefois on restera dans le doute jusqu'à la ponction exploratrice.

Le diagnostic est encore à élai)lir avec d'autres kystes de la joue et je rappellerai les kystes du canal de Sténon, les kystes salivaires décrits par Gûlerbock, par Ranke. Ranke fait observer que pour les premiers le calhétérisme du canal de Sténon est démonstratif. Quant aux grenouilleltes de la parotide accessoire, leur étude a besoin d'être complétée et, s'il y a (fuelques observations anatomiquement précises, il est probable que la plupart de ces prétendus kystes salivaires sont des kystes séreux multiloculaires attribués à la parotide seulement à cause de leur voisinage avec cette glande. On aura un élément de diagnostic dans l'évolution, les kystes salivaires étant acquis el les kystes séreux multiloculaires étant congénitaux.

Les lymphangiomes sont-ils toujours congénitaux? Celte question a déjà été débattue par Quénu('). Wagner aurait vu un lynq)hangiome caverneux du fiont ayant débuté à quarante et un ans.

Traitement. — Les lymphangiomes sont justiciables du bistouri. Pour le lymphangiome simple (hypertrophie congénitale), on aura recours à l'excision partielle cunéiforme suivie de suture. Pour les kystes multiloculaires, c'est l'extirpation qui convient. Lorsque la masse kystique est bien limitée à la joue, cette extirpation sera assez aisément totale, mais les prolongements profonds ne sont pas rares, surtout vers la fosse sphéno-maxillaire, où pour les aborder franchement il faudrait des délabrements osseux étendus. Or cela est inutile et on a de fort bons résultats en laissant dans la profondeur ces parties difficilement accessibles; Volkmann a opéré ainsi et n'a pas eu de récidive.

G. — KYSTISS

Je n'ai rien à ajouter sur les kystes sébacés, sudoripares(-) et branchiaux. Je viens d'étudier les k'jstes salivaires et les kystes séreux multiloculaires.

D'après Servier, "Verneuil a signalé des kystes ayant pour origine un liugrama d'une petite bpurse muqueuse existant quelquefois près des insertions ou sur le trajet du muscle grand zygomatique. Leur réalité est au moins douteuse.

(') VdV. I. I.p. .Mlil. -

(^) Voy. l. I, |). ."!.' cl (iO.-..

70 MALADIES \iV I.A 1 ACE.

Les A;/.s^'s lii/ilnliijiwx de la face soni très rares; leur liisloii-e esl élalilie sur des observations de Dupuylren, Ricord, O. Weber, GuHmann, A. Poucet ('); on ne les diagnostique guère avant la ponction exploratrice. Celle ponction une fois faite, on pourra attendre pendant cpielque temps, car elle sulTit parfois à la cure, mais on n'hésilera pas trop à pratiquer l'extirpation de la poche.

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