‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 71 sur 250 · KYSTES PARASITAIRES ET GLANDULAIRES. ICI · texte numérisé non relu

KYSTES PARASITAIRES ET GLANDULAIRES. ICI

Le cijsticergue{^) a clé vu par Roser, par Billrolh. Dans un fait de Sliillitoo les parasites étaient multiples; dans un autre, dû à Hofmokl, il y avait dissémination dans tout le corps et la lésion linguale n'était qu'un épiphénomène.

h'échiiiocoque {^), ou kyste hydatique proprement dit, semble moins rare. Il a été observé, par exemple, parB. Brodie, par Daniel Mollière. Il forme une tumeur intra-musculairc unique, saillante en général vers la face dorsale, indolente, à évolution lente. Souvent cette tumeur est très tendue, dure, si bien qu'elle ne fluctue pas, et que si l'on n'a pas recours à la ponction exploratrice, on la prendra presque à coup sûr pour un fibrome. Si ellç fluctue, on peut soupçonner sa nature à cause de sa forme régulièrement arrondie, mais ici encore le diagnostic ferme, avec le lipome ou avec l'abcès froid, est impossible sans la ponction exploratrice. Quelquefois enfin le kyste s'enflamme et on croit à un abcès chaud jusqu'au moment où on voit s'éliminer le contenu et la poche caractéristiques.

2° Kystes glandulaires ('). — On rencontre quelquefois à la langue des kystes à peu près identiques à ceux que nous avons signalés à la tace interne des lèvres et que leur contenu rapproche des grenouilleltes. C'est en efl'et comme des kystes salivaires qu'il faut les considérer; le processus palhogénique qui préside à leur formation semble être dans toutes ces variétés ;\ peu près le même et les discussions qui ont surgi à cet égard seront exposées dans l'étude consacrée à la gre nouillette.

Ces kystes salivaires sous-muqueux de la cavité buccale s'observent donc à la langue; je ne parlerai pas de leur anatomie pathologique et je me bornerai à signaler leurs principales parlicularités cliniques.

On en a vu à la face inférieure de la langue, sous forme d'une tumeur unilatérale, allongée d'arrière en avant, translucide, sillonnée de quelques veinosités. Cette tumeur, dont l'aspect est tout à fait analogue, au siège et à la forme près, à celui delà grenouillette sublinguale, ne provoque guère de signes fonctionnels. Elle est indolente et amène seulement, lorsqu'elle est volumineuse, quelque gêne de la phonalion. J'ai vu deux fois une tumeur de cette nature chez l'enfant; à l'incision, il en sortit un liquide muqueux épais, semblable à celui de la grenouillette. Les auteurs du Coinpendiuui, E. Albert (de Vienne), ont enregistré des faits de même nature, et Paul Dubois en a recueilli un chez un nouveau-né. Ce kyste congénital était fort volumineux, si bien que l'allaitement el la respiration en furent très gênés et que la mort n'eût sans doute pas tardé si la poche n'avait été évacuée par incision.

Peut-être ces kystes siègent-ils, quelquefois au moins, dans la glande de Blandin, qui occupe, en efl'et, la pointe de la langue, près de la face inférieure; mais dans les cas que j'ai observés, le kyste ne tendait nullement à s'enfoncer entre les fibres musculaires et il est bien probable qu'il fallait invoquer la dégénérescence d'une glandule salivaire sous-muqueuse.

J'ai observé, lorsque j'étais interne de Lannelongue, un enfant de ([uelques semaines chez lequel une tumeur analogue à une grenouillette par ses caractères

(') W. Roser, Arch. der Heilk., 1861, t. II, p. 570. — Shillitoe, Tmns. of the palli. Soc. of London, 1865, l. XIV, p. 170. — Hofmokl, Wiener med. Presse, 1877, p. 691.

(') D. Mollière. Progr. méd., 1875, p. 2. — Da vaine. Traité des entozoaires. 2° édil. Paris, 187'!, p. 5t')'2, (n2, 685. — Lannelongue, Buil. el mcm. de la Société de chir., 1879, nouv. série, t. V, p. 521.

Ç') J. DcBOis. Gaz. méd. de Paris, 1835, p. 358. — Blandin, art. Langue du Dirt. de >néd. et de chir. pral., Paris, 1834, t. XI, p. 19. — E. Albert. Wiener med. Presse, 1885, p. 157.

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