‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 87 sur 250 · RÉTRÉCISSEMENTS DU PHARYNX · texte numérisé non relu

RÉTRÉCISSEMENTS DU PHARYNX

4" Ces diverses formes s'associent souvent de façons diverses et de là des symptômes sur lesquels il est inutile d'insister.

Diagnostic. — Le diagnostic s'établit par l'analyse des symptômes fonctionnels, par l'inspection, par le toucher. On pratiquera avec soin, dans les limites du possible, l'examen rhinoscopique antérieur et postérieur, l'examen du pharynx inférieur avec le miroir laryngoscopique. De la sorte on arrivera à déterminer exactement le siège des lésions, l'étendue et la résistance des cicatrices ; on s'assurera s'il y a encore des ulcérations en activité.

L'étude des commémoratifs conduit au diagnostic de la cause. Mais quand on sera remonté ainsi à une angine ulcéreuse chronique, on restera souvent dans le doute entre la scrofule et la syphilis.

Pronostic. — Ces diverses lésions, abandonnées à elles-mêmes, sont incurables ; traitées chirurgicalement, elles sont d'ordinaire très rebelles, et l'on doit s'estimer heureux si l'on obtient un résultat palliatif. Le pronostic est donc sérieux. Il est même grave pour les rétrécissements de l'isthme, à cause de la dysphagie, et plus encore, en raison de la dyspnée, pour les rétrécissements inférieurs. Pour ces derniers, la mort n'est pas rare.

Traitement. — Tant qu'il existe des ulcérations, on les traitera par des topiques locaux ou par une médication générale, selon leur nature. Localement, on tâchera de diriger la cicatrisation pour la rendre aussi peu vicieuse que possible, mais les résultats obtenus de la sorte sont à peu près insignifiants.

Le traitement curalif ne sera entrepris qu'après achèvement de la cicatrisation. 11 est absolument indiqué pour les rétrécissements antérieurs et inférieurs, qui en ell'el compromettent la vie. On doit alors pratiquer des débridcmenls pour créer un orifice suffisant qu'on entretient ensuite dilaté par le cathétérisme avec des instruments spéciaux. Ces incisions donnent beaucoup de sang, en sorte que certains auteurs conseillent la trachéotomie préliminaire. Souvent, d'ailleurs, cette question ne se posera pas, car le sujet aura été trachéolomisé d'urgence dans un accès de sulFocation.

Si l'on néglige ultérieurement le cathétérisme, la récidive est à peu près inévitable. Mais comme la vie est en jeu, cette sujétion est justifiée. Il n'en est pas de même pour les ankyloses palato-pharyngées, où les troubles fonctionnels sont désagréables, mais non dangereux. Si cette ankylose est incomplète (c'està-dire s'il persiste un orifice naso-pharyngien), le mieux sera donc de s'abstenir. Si au contraire l'oblitération est complète (physiologiquement au moins, car Ricc, Bosworth nient qu'elle puisse l'être anatomiquement), on sera autorisé à tenter des débridements suivis de suture, de canule à demeure, de dilatation graduelle, pour rétablir un orifice. Verneuil, Lucas-Championnière, Kuhn ont obtenu d'assez bons résultats : mais il faut être prévenu que la récidive est la règle.

Dans un cas grave, o'ù il y avait rétrécissement du pharynx à la fois en haut et en bas par syphilis héréditaire, Vallas('), après trachéotomie, a incisé directement le rétrécissement, abordé par une pharyngotomie Iranshyoïdienne, c'està-dire par une incision cervicale verticale, poussée jusque dans le pharynx après section médiane de l'os hyoïde.

(') Vallas, Lyon méd., 1896, l. LXXXII, p. 225 et Écho médirai, Lyon, 18117, y. I.'ii.

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