TUMEURS SANGUINES DU PLANCHER BUCCAL
Jusqu'à ces dernières années, on a l'ail rcxliijialion par la voie buccale alin d'éviter une cicatrice extérieure. Acluellenienl, on revient à l'incision cutanée, déjà préconisée autrefois par Denonvilliers et Padieu('). Celle-ci, avec les pansements antiseptiques, ne laisse qu'une cicatrice linéaire, cachée par la saillie du menton ; elle n'expose pas à la section des canaux de Wliarlon, à la stagnation de liquides buccaux dans un cul-de-sac déclive; elle permel un abord facile de la tumeur, «{u'on est dès lors plus sûr d'extirper complètement.
C. — KYSTES IIYDATIQUICS DU PLANCHER BUCCAL LvuGiER (M.), De la grenouilleUe liydaliquo. .lr.7i. gcit. de méd., Paris, 1871, l. II. \). 11-'.
Les kystes hydaliques du plancher buccal sont extrêmement rares. On n'en trouve que quelques observations. Pour Laugier, ils résulteraient de la fixation, sur le jdancher buccal, d'un embryon de ténia, qui perforerait la muqueuse, puis se développerait sur place.
Le début, la marche et les symptômes rappellent beaucoup ceux de la gronouillette vulgaire(-); le kyste hydatiquc s'en distinguerait toutefois parce <juc sa paroi est plus épaisse, et que, par suite, la fluctuation est plus profonde. Dans un cas de Richet, la tumeur était même très dure et partiellement calcifiée.
L'absence d'adhérences squelettiques et les résultats de la ponction permeltcnt de distinguer l'hydatide du kyste dermoïde.
Le pronostic est sans gravité.
Le traitement consistera soit en une excision et une cautérisation de la pai'oi, soit, ce qui nous semble préférable, en une extirpation complète de la tumeur.
D. — TUMEf'rxS SANGULXES DU PLANCHER RUCCAL
Les tumeurs sanguines spéciales à la région sont des sortes de tuiinuin éreclilefi, qui occupent le siège des grenouillettes ordinaires et que Dolbeau a décrites sous le nom de grenouiUetles sangiiincui^').
Dolbeau, Mémoire sur une variété de tumeur dite grenouillettc sanguine. Paris, 1857. — Perassi, Caso di ranula sanguigna in una bambina di selte niesi. Giornale delta fi. Acad. di med. di Torino, I87ô, n" 11, cl Rivistn di med., di rliir. e di lerap., 187.3, 10' fasc.
D'après Dolbeau, ces grenouillettes sanguines succèdent à des tumeurs érectiles veineuses : 1° par la rupture ou l'ulcération de la paroi veineuse et l'épanchemenl du sang dans les tissus; 2" par l'oblitération des veines sur certains points et la destruction des parois contiguës dans les portions restées libres, d'où formation d'une cavité; 5" par la dilatation latérale du même vaisseau.
Toujours congénitalts, ces tumeurs sont violacées, réductibles et augmentent
(') G. Marchant, Lcie. rit. — P. Reclus, Loc. cit.
(*) Vo)'. plus loin, p. 50").
(^) Signalons simplement un cas exceptionnel d'anévrysme artério-veineux ayant nécessité la ligatuie des deux linguales. (A. Desprès, Tumeur veineuse du plancher de la bouche. Anévrysme artério-veineux. Ligature des deux linguales. Bull, et mém. de la Soc. de chir., ■ Paris, 1879, nouv. série, t. V, p." 704.)
TRAITÉ DE CHIRURGIE, 2» édit. — V. 17
[H HARTMANN
ir.x MALADIES DU PLANCHER BUCCAL.
peinhiiil los ellbils. Leur marche est fort lente: elles peuvent s'enflammer et se transformer en un kyste séro-sanguin isolé.
Dolbeau, par crainte de l'infection purulente survenue après une ponction dans un cas de Nélalon, voulait qu'on s'abstînt de tout traitement. On a eu recours aux injections de perchlorure de fer, aux cautérisations, à l'électrolyse; mieux vaudrait, si l'on se décide à intervenir, recourir franchement à l'extirpation, la forcipressure mettant aujourd'hui à l'abri de l'hémorragie.