SUITE
LOEIL ET SES AXXEXES
Par le D^ E. DELENS
Chirurgien de Thôpital Lariboisière. — Agrt-gé à la Faculté de Paris.
AlALADIES DE L'OEIL
a. — DE LŒIL COX>IDÊRÊ COMME APPAREIL D'OPTP.>UE
L'œil est muni d'un appareil réfringent que traversent les rayons lumineux pour former les images sur la rétine. Ces rayons subissent dans cet appareil des déviations conformes aux lois de la physique: ils y sont soumis à la réfraction.
Les milieux que franchit successivement un rayon lumineux pour arriver à la rétine sont la cornée, l'humeur aqueuse, le cristallin et le corps vitré.
.La cornée a pour indice de réfraction l.âôôo. L'indice de réfraction de l'humeuraqueuse est un peu plus élevé et évalué à L557.
Le cristallin a la forme d'une lentille biconvexe dont la face postérieure présente une courbure plus forte que la face antérieure. Le rayon de courbure de la face postérieure est de 6 millimètres. L'indice moyen de réfraction du cristallin a été trouvé par Helmholtz de l^iôli, mais toutes les parties de la lentille ne sont pas également réfringentes, et le noyau, en particulier, a un indice de réfraction plus élevé que les parties périphériques. Dans les conditions où il se trouve placé, entre l'humeur aqueuse et le corps vitré, le cristallin équivaut seulement à une lentille de 14 dioptries (Mauthner) ou 15 dioptries (Parent).
TR-VITÉ DE CHIRURGIE. 2^ édit. — IV. 1
[E BELEA'S.]
L'indice de réfraction du corps vitré csl le même que celui de la coriice, soit 1,0060.
Les mesures qui viennent d'être données sont celles (|ue rouniil I'iimI normal. Mais il peut exister dans l'appareil réfringent de l'œil des défectuosités résultant de courbures anormales des milieux (cornée ou cristallin), soit par excès, soit par défaut. L'œil jouit, en outre, de la propriété de modifier la puissance de son appareil réfringent et de l'accommoder aux distances des objets qui doivent former leur image sur la rétine.
Il faut donc distinguer le pouvoir réfringent à l'état de repos ou réfraction statique de l'œil et le pouvoir réfringent à l'état dynamique (accommodation).
Pour que la perception des images soit nette, les rayons lumineux doivent se réunir dans les couches postérieures de la rétine. C'est là que les vibrations lumineuses se transforment pour donner aux centres nerveux la notion des images des objets extérieurs. Cette transformation, inconnue dans son essence, a pour intermédiaire un phénomène chimique, la décomposition du rouge ou pourpre rétinien découvert par Boll en 1876.
J. CiiAUVEL, Précis théorique et pratique de l'examen de l'œil et de la vision. Paris, 1885.
— F. Lagkange, Leçons sur les anomalies de la réfraction et de l'accommodation. Paris, 1890.
— E. Vignes, Technique de l'exploration oculaire. Paris, 1896.
h. — DE LA RÉFRACTION ET DE SA MESURE UNITÉ DE RÉFRACTION OU DIOPTRIE
La réfraction est la déviation que subit un rayon lumineux en passant d'un miheu moins dense dans un milieu plus dense ou inversement. Ses deux lois fondamentales qu'on démontre dans les traités de physique se résument ainsi : 1° en passant d'un milieu moins dense dans un milieu plus dense, le rayon réfracté se rappiroche de la normale au point d'incidence; '2" en passant d'un milieu plus dense dans un milieu moins dense, le rayon réfracté s'éloigne de la normale au point d'incidence.
Ces lois sont applicables aux rayons lumineux qui traversent les milieux réfringents de l'œil pour arriver à la rétine.
Pour comprendre la marche de ces rayons et la formation des images, il importe de connaître les propriétés des lentilles convergentes ou divergentes que nous rappellerons brièvement.
Lentilles convexes ou convergentes. — Si l'on envisage une lentille biconvexe de verre dont les foyers principaux coïncident avec les centres de courbure, on
voit que les rayons parallèles à l'axe principal vont se réunir au foyer principal F (fig. 1). Inversement, les rayons partis du foyer principal sortent parallèles à l'axe principal après
Fig. 1. — Lentille biconve.ve — F. -Foyer principal de la lentille. avoir traversé la len-
tille.
Les rayons divergents partis d'un point situé sur l'axe principal au delà du
FiG. 2. — Lentille biconcave. — Rayons parallèles. — Foyer principal virtuel.
i'oycv pi'inci[ial \onl l'ornior leur foyer sur ce même axe, au delà du loyer priueipal opposé (foyos co)ij ligués).
Les rayons oonvergenls qui Iraversenl la lentille l'ornienl leur foyer entre le foyer prineif^al et la lentille.
Si. au lieu d'envisager un point isolé, on applique ces lois à la formation des images, on reconnaît ({ue riinage d'un ol)jet situé à l'infini sur l'axe principal se forme au foyer principal de la lentille (4 qu'elle est réelle et renversée.
Leiililles concaves ou dtvcnjenles. — Les rayons parallèles à l'axe principal qui traversent une lentille biconcave sortent en divergence et ne forment pas de foyer réel. Mais, prolongés en deçà de la lentille, ils ont un foyer virtuel qui répond au foyer principal ou centre de courbure F (fig. 2).
Les rayons qui arrivent en divergence sur une des faces de la lentille en sortent plus divergents qu'à leur point d'incidence et leur foyer également virtuel est situé entre le foyer principal et la lentille.
Les lentilles biconcaves ne donnent pas d'images réelles. Pour un objet situé à l'infini, elles donnent une image droite, virtuelle, infiniment petite, située dans le plan focal principal. Lorsque l'objet est à une distance moindre que celle de o mètres, l'image est droite,
virtuelle, plus petite que l'objet et située entre le foyer principal et la lentille. (En pratique, la distance de 5 mètres est celle en deçà de laquelle les rayons émis par un objet ne peuvent plus être considérés comme arrivant en parallélisme lorsqu'il s'agit de lentilles de petites dimensions.)
Unité de i-é fraction. — L'unité qui sert aujourd'hui à mesurer la force réfringente des lentilles a reçu le nom de dioptrie. Elle a été adoptée au Congrès médical international de Bruxelles en 1875.
Dans l'ancien système de numérotage des verres de lunettes, la longueur focale était exprimée en pouces. La lentille numéro 1 avait une longueur focale ou, plus exactement, un rayon de courbure égal à 1 pouce; la lentille n" '2 une longueur focale de "2 pouces, et ainsi de suite. Les lentilles les plus faibles portaient ainsi les numéros les plus élevés.
La dioptrie ou unité de mesure dans le nouveau système, qui a l'avantage de se rattacher au système métrique, est la lentille convergente ayant 1 mètre de distance focale. La lentille de 2 dioptries a 0"\50 de distance focale; la lentille de 4 dioptries a 0'",'25 de distance focale, et ainsi de suite. Pour trouver la longueur focale d'une lentille dont on connaît le numéro, il suffit donc de diviser 1 mètre ou 100 centimètres par ce numéro. Ainsi une lentille de 5 dioptries a une longeur focale de 0'",!20 centimètres. De même, pour trouver le numéro d'une lentille dont on connaît la longueur focale, il suffit de diviser 1 mètre ou 100 centimètres par cette longueur. Une lentille de 0"','io de foyer est une lentille de i dioptries.
Pour transformer un numéro de l'ancien système {n') en un numéro du nouveau (n), il faut diviser 56 par ce numéro, ce qu'exprime la formule :
n = — d ou >? = — r- 71 n
[E. DBIEJVS]
- Une lentille numéro !2 do rancioii système vaut IX diophics, et la lentille de ■4 dioptries répond an numéro 9 de Tancien système.
La valeur rél'iingente des verres ronvcxcîi s'exprime en faisant précéder du signe + le chifl're qui indique le nombre de dioj)li-ies. et la valeur des verres conrave!> en plaçant le signe — devant ce chilïVe.
Une lentille de — 8 dioptries est une lentille concave de 8 dioptries.
Le nouveau système a sur l'ancien de nombreux avantagées pour les calculs et il est aujourd'hui universellement adopté.