‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul ReclusChapitre 2 sur 260 · DE LA RÉFRACTION DE L'ŒIL A VÉTAT STATIQUE · texte numérisé non relu

DE LA RÉFRACTION DE L'ŒIL A VÉTAT STATIQUE

EMMETROPIE A:METR0PIE

L'œil normalement conformé est dit emmétrope. L'œil emmétrope au repos est adapté pour la vision à l'infini, c'est-à-dire cju'en dehors de toute accommodation, les rayons qui arrivent en parallélisme vont former imag-e au niveau de la fosse centrale de la rétine, à 22'"'", 8 du sommet de la cornée. Inversement, les rayons émanés de la rétine sortent de l'œil en parallélisme.

Les yeux qui ne remplissent pas ces conditions sont dits amétropes. Un grand nombre d'yeux, en effet, ne sont adaptés, au repos, que pour la vision des objets rapprochés. Ce vice fonctionnel constitue la myopie. D'autres ne sont adaptés ni pour la vision à l'infini, ni pour la Adsion à courte dislance: ils sont atteints d'hypermétropie. Certains yeux, enfin, présentent des irrégularités de courbure qui constituent V astigmatisme.

FiG. o. — Réunion des rayons lumineux parallèles sur la rétine de l'œil normal (emmétrope).

Fiu. i. — OEil myope. — Le foyer se fait en avant de la rétine.

1° Myopie. — Dans l'œil myope les rayons réfractés ont leur foyer principal en avant de la rétine, de telle sorte qu'au point où, prolongés, ils arrivent sur cette membrane, ils donnent des cercles de diffusion et non une image nette. Le plus

souvent la myopie est due à une trop grande longueur du globe de l'œil, cesi]amyopie axile. Quelquefois la myopie résulte d'une exagération de la courbure de la cornée ou du cristallin ; c'est lamyopie de courbure. Enfin, mais très exceptionnellement, les milieux réfringents ont un indice de réfraction trop élevé {myopie ^mr altération des indices de réfraction).

D'une manière générale l'œil myope est un œil qui a un excès de réfringence, ou encore un œil dont l'axe antéro-postérieur est trop long.

FiG. 5. — Foyer /"d'un œil myope ramené sur la rétine, par un verre concave.

Notions préliminaiiœs.

FiG. 6. Œil hypermétrope. — Le foyer se fait derrière la rétine.

Daus la myopie, quelle ciuen soit la cause, le point le plus éloigné auquel puisse se faire la vision distincte ou punction remotuuu au lieu de se trouver à rinfini comme pour l'œil emmétrope, est à une très courte dislance, à 1 mètre par exemple. La myopie est alors dite de i dioptrie. Si le punctuin remotam est situé à 0'",25 seulement, la myopie est de 4 dioptries. Mais en plaçant devant l'œil mvope de 1 dioptrie un verre concave de 1 dioptrie, on le met dans les conditions de lœil emmétrope et son punctum remotum se trouve reporté à l'infini. De même, avec un verre de i dioptries, \e punctum remotum est reporté de O'",''2o à l'infini. Remarquons, cependant, que le verre concave situé en réalité à 15 millimètres en avant delà cornée, pour produire l'effet indiqué par la théorie, doit avoir une valeur un peu plus forte.

"l"^ H YPER-MÉTROPiE . — A linversc de l'ceil myope qui possède un excès de réfringence, Tœil hypermétrope n'en a pas assez.

Ce défaut tient le plus souvent à la brièveté de l'axe antéro-postérieur du globe.

L'œil h}-permétrope est un œil trop court {hypermétropie axile). Les rayons réfractés vont former leur foyer en arrière de la rétine. La trop faible réfringence des miheux peut aussi produire le même etïet que la brièveté anormale de l'axe.

Pour l'œil hypermétrope, au repos, c'est-à-dire lorsque l'accommodation n'intervient pas. le punctum remotum est. suivant l'expression usitée, au delà de l'infini.

Des rayons convergents seuls pourraient, après réfraction, se réunir sur la rétine. Les rayons parallèles, venant de l'infini, se réunissent en arrière d'elle. Le punctum remotum n'a donc qu'une existence virtuelle. C'est ainsi qu'on dit que. dans l'hypermétropie de i dioptries, le remotum est situé à {}"'\^2b en arrière de la rétine.

L'œil hypermétrope, pour voir nettement à l'infini, doit faire intervenir son accommodation, et. pour la vision des objets rapprochés, celle-ci est souvent insuffisante. Le point le plus rapproché. ou punctum proximi'm. SLuqiiel a. lieu la vision distincte de l'œil hypermétrope, est toujours à une distance plus considérable que pour l'œil emmétrope. On peut donc dire que l'œil hypermétrope n'est adapté ni pour la vision à l'infini, ni pour la vision à petite distance.

FiG. 7. — Œil artificiel de Maurice Perrin.

ô" Astigmatisme. — L'astigmatisme est un état anormal de l'œil dans lequel les surfaces réfringentes ne sont pas des surfaces de révolution.

Le plus souvent l'astigmatisme résulte d'une conformation anormale de la

[E. DELENS.'i

cornée {oiitigmatismc corïwen). Dans certains cas, rasligmalisme est crislallinien el souvent alors il compense l'astigmatisme de la cornée.

L'astigmatisme est dit régulier, lorscjuc, pour un môme méridien, la force réfringente est partout la môme. Pour la cornée, c'est ordinairement le méridien vertical qui est le plus convexe, ce qu'on attribue à la pression des paupières. Dans ce cas, le méridien horizontal est le moins convexe. On appelle astigmatisme contraire à la règle celui dans lequel l'inclinaison des deux méridiens extrêmes et perpendiculaires l'un à l'autre est ditïerente.

Dans l'astigmatisme irrégulier, qu'il ne faut pas confondre avec l'astigmatisme contraire à la règle, la force réfringente varie dans les différents points d'un même méridien. L'astigmatisme régulier peut seul être corrigé par l'usage des verres cylindriques.

L'emmétropie et les diverses amétropies (myopie, hypermétropie, astigmatisme) peuvent être réalisées, pour la démonstration, par des appareils qui sont désignés sous le nom d'yeux artificiels. Les plus connus sont ceux de Perrin, de Parent, de Landolt et de Badal. Avec ces appareils, dans la description desquels nous ne pouvons entrer, il est facile de se rendre compte du mode de formation des images dans l'œil emmétrope et dans l'œil amétrope, et l'on peut ainsi vérifier expérimentalement l'effet des verres correcteurs.

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