EMPHYSÈME DE VORBITE
Le tissu cellulaire de l'orbite est, dans quelques cas rares, le siège d'un emphysème qui repousse en avant le globe de l'œil. Habituellement il coïncide avec l'emphysème palpébral et reconnaît pour cause une déchirure de la muqueuse du sac lacrymal ou du canal nasal, consécutive à une fracture de la paroi externe des fosses nasales. L'air peut aussi pénétrer dans l'orbite par le sinvis frontal, comme on le voit dans une observation de Jarjavay, ou par le sinus maxillaire, ainsi que Berlin l'a noté à la suite d'un coup de revolver.
L'effort, l'action de se moucher, l'éternuement augmentent l'emphysème et déterminent la protrusion du globe oculaire. Il n'y a pas de changement de couleur de la peau, ni de douleur, mais l'exophtalmie s'accompagne quelquefois de diplopie (Desmarres). La pression refoule l'œil, et la crépitation gazeuse que perçoit alors le doigt provient surtout du déplacement des bulles gazeuses dans le tissu cellulaire des paupières.
L'emphysème n'est pas grave par lui-même. Dans le cas seulement où il s'est établi une fistule communiquant avec une des cavités voisines de l'orbite, il peut persister longtemps.
Un pansement compressif permanent est le meilleur traitement de l'emphysème. Il suffit à guérir l'emphysème récent. S'il existe une fistule, on doit chercher à l'oblitérer, mais il n'est pas utile, comme le conseillait Demarquay, de donner issue par des ponctions au gaz infiltré. Ces ponctions, en effet, si l'emphysème était réellement orbitaire, devraient pénétrer assez profondément pour risquer de devenir dangereuses.
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