II. —Ulcérations de la conjonctive
A. — L-LCKIiAri().\s rriiERri'I.HUSES ET LÉl'IŒUSE^
La lul)(M'Ciilisalioii de la conjoiidivc a été sit;naléo poiii" la première lois par Koslei" en 1870. Sait 1er, Walh, Gérin-Roze, Gayel en ont rapporté des exemples, et Vaindc [De In litbcrculosc oculaire, in Eludes expérimentales cl '■ Uniques sur la ft/berculo^e. Paris, 1887) en a compté 2o observations publiées depuis 1875.
La tuberculisation de la conjonctive est encore mal connue, mais sans doute, beaucoup plus fréquente qu'elle ne semblerait, d'après le petit nombre des observations recueillies.
Elle est ordinairement secondaire et coexiste avec d'autres lésions tuberculeuses, adénites cervicales, abcès froids, etc. On connaît cependant quelques laits de tuberculisation primitive (Dufour, 1881; Falcbi, 1885; Gayet, 1885). Sur la malade de Gayet, on a pu suivre l'évolution et la généralisation ultérieure de la maladie.
Au début, le tubercule se présente sur la conjonctive tarsienne, sous la forme de petites granulations d'un gris bleuâtre qui deviennent ensuite jaunes, se ramollissent et s'ulcèrent. Elles se développent surtout à la paupière supérieure.
L'ulcération tuberculeuse présente une coloration d'un jaune sale; le fond est excavé, finement grenu ; les bords sont à pic, indurés, saillants, déchiquetés.
L'ulcération tuberculeuse détermine d'abord du larmoiement, puis une conjonctivite muco-purulente. Elle s'accompagne de douleurs et d'une adénite pré-auriculaire précoce à peu près constante.
L'ulcération marche lentement, et elle n'a pas de tendance à se cicatriser.
L'ulcération tuberculeuse peut être confondue avec le chancre de la conjonctive et avec le lupus.
Le chancre s'accompagne de l'engorgement pré-auriculaire comme l'ulcère tuberculeux, mais l'induration de sa base est plus marquée et il a une tendance à la cicatrisation qui manque dans l'ulcération tuberculeuse. Le lupus est indolent, sa marche est extrêmement lente, et il ne s'accompagne pas d'adénite pré-auriculaire.
Avant la période d'ulcération, le diagnostic des granulations tuberculeuses est 1res embarrassant. Rhein (ArcJt. f. Ophtalmol., XXXIV, 5, p. 68) a même prétendu que ces granulations ne différaient, ni cliniquement ni histologiquement, des granulations du trachome, et que la présence du bacille de Koch pouvait seule les caractériser.
Primitives ou secondaires, les ulcérations tuberculeuses de la conjonctive ont un pronostic grave.
Les ulcérations secondaires doivent être pansées avec la poudre d'iodoforme. On peut aussi les cautériser avec le naphtol camphré, comme on le fait pour les ulcérations tuberculeuses de la langue.
Si le diagnostic d'ulcère tuberculeux primitif était bien établi, il ne faudrait pas hésiter à pratiquer une large excision, suivie de cautérisation avec le galvano-cautère.
[E DELENS1
Les lésions de la lèpre sont histologiquemenl voisines de celles du tuhercide. Elles sont constituées par des cellules endolhéliales conglomérées et des bacilles. Elles siègent au limbe scléro-cornéen. Le diagnostic de ces ulcérations se fait surtout par la constatation des autres lésions de la lèpre sur la peau de la face et des membres.