‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul ReclusChapitre 167 sur 260 · CORYZA AIGU · texte numérisé non relu

CORYZA AIGU

Nous décrirons sous ce nom l'inflammation aiguë de la muqueuse pituitaire.

Historique. — C'est une des affections le plus anciennement connues, puisqu'il en est fait mention jusque dans les livres liippocratiques. Pendant fort longtemps on a cru que le liquide qui s'écoulait par les narines provenait des ventricules du cerveau. Schneider le premier a montré l'indépendance de la muqueuse à laquelle il a donné son nom; en même temps, il faisait voir que le rhume de cerveau intéressait seulement les fosses nasales. Depuis cette époque, le coryza a été l'objet d'études fort nombreuses parmi lesquelles nous citerons celles de Rayer (*) et de Billard, sur le coryza des nouveau-nés et des jeunes enfants. Plus récemment enfin, on a cherché à élucider la pathogénie du coryza, et surtout à établir les relations qui l'unissent à de nombreuses névroses, dont la plus intéressante, à coup sûr, est Vasthme d'été ou hay-fever.

DesnoSj art. Coryza du Dictionn. de Jaccoud. — Brochin, art. Coryza du Dictionn. encyclop. — Morel-Mackenzie, Maladies du pharynx et du nez. Trad. franc., 1885. — Moldenhauer, Maladies des fosses nasales. Traduit de l'allemand par Potiquet. Paris, 1888. — Eichhorst, Pach. Jut. Trad. franc., 1890. — L. Lichtwitz, Névroses d'origine nasale et pharyngée. Ami. des mal. de l'oreille et du nez. 1889. — Leflaive, De la rhino-bronchite annuelle. Thèse de Paris, 1887. — Nattier, Nature et traitement de l'asthme des foins. Thèse de Paris, 1888.

Étîologie . — Les causes occasionnelles du coryza aigu sont nombreuses. En première ligne, il faut citer le froid dont l'influence est manifeste : l'exposition prolongée à une basse température, le froid humide, le refroidissement d'une partie du corps, des pieds surtout, peuvent provoquer l'apparition d'un coryza : c'est ce qui le rend plus fréquent aux changements de saison et de préférence à l'automne. Par contre, il peut aussi être déterminé par l'action des rayons solaires, soit que ceux-ci agissent sur la muqueuse pituitaire, soit qu'ils irritent primitivement la rétine qui devient le point de départ du réflexe.

D'autres fois, la membrane de Schneider est influencée directement par des gaz irritants, par des vapeurs, telles que celles du brome, de l'iode, par des poussières soit animales, soit végétales, le pollen, et surtout l'odeur de certaines fleurs : mais, dans ces derniers cas, il faut tenir grand compte des idiosyncrasies particulières. De même, les corps étrangers des fosses nasales, les tumeurs, surtout les polypes muqueux, les ulcérations traumatiques ou autres, l'eczéma localisé, sont susceptibles de provoquer une rhinite plus ou moins violente. Cette rhinite est quelquefois encore due à la propagation d'une inflammation de voisinage : périostite suppurée d'une des incisives, furoncle de la lèvre supérieure, catarrhe lacrymal s'étendant aux fosses nasales. Enfin le coryza peut encore se montrer au début ou dans le cours des maladies générales ; en première ligne, il faut placer la rougeole, dont la période d'invasion est marquée par l'apparition d'un catarrhe oculo-nasal; citons encore la coqueluche, la scarlatine, l'érysipèle, surtout la grippe, la syphilis, la diphtérie et la morve dont

(^) Rayer, Note sur le coryza des enfants à la mamelle. Paris, 1820.

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