‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul ReclusChapitre 182 sur 260 · POLYPES IMUOUEUX DES FOSSES NASALES · texte numérisé non relu

POLYPES IMUOUEUX DES FOSSES NASALES

mirent les polypes muqueux à leur place. Actuellement, leur étude clinique et thérapeutique est très complètement laite : leur structure a été élucidée par plusieurs travaux récents.

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Anatomie pathologique. — Les polypes muqueux constituent des tumeurs mollasses, de consistance gélatino'ide, d'une couleur jjlanc grisâtre. Leur nom indique leur forme générale ; ils possèdent un pédicule qui peut, dans certains cas, être assez long- pour leur permettre de flotter dans les cavités nasales. Quelquefois cependant le pédicule n'existe pas et le polype est presque sessile. On conçoit que leur forme varie avec leur nombre, leur siège d'implantation, leur évolution. Ils peuvent présenter des lobes, se grouper en grappes, se développer librement, ou être comprimés par les polypes voisins. Leur volume est aussi variable que leur forme : tel myxome est aussi gros qu'un œuf ; d'autres fois, ils sont de la grosseur de grains de millet; ils sont alors ordinairement multiples. Ils peuvent occuper une seule fosse nasale ou les deux à la fois.

Leur siège est à peu près constant ; ils occupent de préférence le pourtour des orifices des sinus; on les trouve le plus souvent dans le méat moyen, souvent aussi sur le bord libre du cornet moyen ; rarement ils naissent alors vers la fente olfactive; très exceptionnellement ils s'implantent sur la cloison ; ils sont inconnus sur

le plancher ou sur le cornet inférieur (fig. 512). On les trouve, dans certains cas, vers l'orifice postérieur des fosses nasales, tendant à proéminer vers le pharynx, formant un groupe hislologique et clinique spécial : ils s'insèrent souvent alors sur l'extrémité postérieure des cornets (fig. 515 et 514). Enfin, ils peuvent provenir des cavités voisines, des sinus maxillaires, sphéno'idaux et frontaux, comme Fergusson et Péan, Manuel Espada en ont rapporté des exemples.

A la coupe, ils donnent une sorte de suc gommeux. Au point de vue hislologique, ce sont des m^^omes, souvent presque purs, à substance fondamentale gélatineuse, cellules de tissu muqueux et fibrilles conjonctives. ChateUier, en étudiant le tissu de l'hypertrophie chronique de la muqueuse nasale, siégeant surtout sur les cornets inférieurs, affection bien connue cliniquement, le rapproche de celui des polypes muqueux. Il décrit dans ce tissu deux sortes d'élé-

FiG. 51"2. — Polype muqueux, inséré par une large base sur le cornet moyen

IGÉRARD-MARCHANT. ]

menls cellulaires : des cellules migratrices sans grand intérêt, puis des corpuscules les uns fusiformes, à noyau simple, d'autres étoiles, à noyaux multiples, plus volumineux. Entre les cellules, très espacées, existent des fibrilles particulières, grêles, entre-croisées, disposées sans ordre, non fasciculées, se distinguant des fibrilles conjonctives par l'absence de coloration par le carmin, ne se gonflant pas par les acides, et n'ayant pas de rapports directs avec les cellules. Ces fibrilles, d'une nature difficile à établir, ont une grande affinité pour l'hématoxyline et beaucoup de couleurs d'aniline.

La structure des polypes mu queux peut présenter de nombreuses particularités : on a observé dans quelques cas, au milieu du tissu myxomateux pur, de petits kystes à contenu filant, sans paroi propre, creusés dans la substance

FiG. 313. — Poh'pe muqueux développé sur la partie pos- ^ térieure des cornets du côté droit et faisant saillie dans la cavité naso-pharyngienne. (Semeleder.)

FiG. 311. — Dégénération de l'extrémité postérieure du cornet inférieur gauche. — Polype muqueux faisant issue par la choane droite. (Moldenhauer.)

fondamentale, ou développés aux dépens des culs-de-sac glandulaires {épithélioma kystique ci cellules cylindriques (Jalaguier et Ruault, Archives de rhin.^ 15 décembre 1887). D'autres fois, on y a décrit de véritables glandes hypertrophiées, donnant ainsi des adéno-myxomes. Ici, comme pour toutes les tumeurs bénignes ou malignes, on "peut trouver des éléments de toute nature, formant des néoplasmes mixtes. Enfin, à la partie postérieure des fosses nasales, on a signalé des polypes fibro-muqueux : ce sont des myxo- fibromes naso-pharyngiens, mais ils ne doivent pas être confondus avec les polypes naso-pharyngiens, car leur structure est mixte, il y a toujours une partie myxomateuse. Ils naissent en effet de la muqueuse nasale, où l'élément fibreux augmente à mesure qu'elle se rapproche du pharynx.

Les myxoines du nez ont presque toujours un revêtement épithélial complet, qui n'est autre que l'épithélium vibratile de la pituitaire. Cet épithélium devient stratifié, sur les parties du polype, qui proéminent quelquefois au dehors. Leur pédicule part du tissu cellulaire de la muqueuse ou de la sous-muqueuse : les vaisseaux y sont très peu abondants, d'où l'absence d'hémorragies notables, à la suite de leur ablation. Pas de nerfs, d'où insensibilité complète de la masse du polype. Pas d'adhérence notable à l'os, si ce n'est pour les fibro-muqueux.

L'évolution anatomo-pathologique des polypes muqueux présente plusieurs points intéressants. Si leur accroissement est rapide, ils peuvent ou bien subir des troubles de désorganisation, .ou provoquer des troubles de voisinage.

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