‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul ReclusChapitre 210 sur 260 · TUMEURS DU SIXUS MAXILLAIRE · texte numérisé non relu

TUMEURS DU SIXUS MAXILLAIRE

Les tumeurs qui se développent primitivement dans le sinus maxillaire aux dépens de ses parties constituantes (os, muqueuse) doivent seules fixer notre attention : les ostéomes étant déjà connus, il nous reste à décrire les polypes muqueiix (^), les fibromes, les enchondromes, les épithéliomes, les sarcomes et les tumeurs malignes du sinus maxillaire. Présenter nne description clinique de chacune de ces variétés serait s'exposer à des répétitions sans intérêt : aussi, à l'exemple de Duplay, ferons-nous une symptomatologie générale des tumeurs solides du sinus maxillaire.

Polypes muoueux. — Luschka a signalé la présence dans le sinus maxillaire de polypes, en tout semblables aux m}"xomes des fosses nasales. Ils peuvent refouler la paroi antérieure du sinus, déformer la joue, mais le plus souvent ils apparaissent dans la fosse nasale en s'insinuant à travers l'ouverture normale du sinus: il ne faut pas confondre ces myxomes avec les petites masses polypeusesqui siègent autour de ce même orifice, et que nous savons être symptomatiques d'une suppuration, et même d'un carcinome (Dunnj de l'antre d'Highmore.

Polypes fibreux. — Il n'existe qu'un petit nombre d'exemples authentiques de fibromes (-) : ce sont des tumeurs lisses, arrondies ou lobulées. dont la trame fibreuse présente parfois une vascularisation considérable, une véritable

('") Paul Heymaxx (de Berlinl. Des tumeurs bénignes de l'antre d'Highmore. Arch. de J'irchov:. vol. CXXLX, 1892.

(-) Cette affection s'observerait fréquemment dans les Indes. (^O'Shaughnes^y, in D.i.play.)

TRAITÉ DE CUIRURGIE, i' édit. — IV. 47

FiCr. ôô3. — Dilatation énorme du sinus maxillaire par un fibrome calcifié. (Musée Dupuytren.)

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texture caverneuse. Dans un fait de Demarquay, examiné par Ranvier, le fibrome avait subi une véritable calcificalion à son centre.

Ces tumeurs, qui appartiennent à l'âge adulte, ont une grande tendance à faire saillie dans la fosse nasale et même à détruire les parois du sinus.

Encuoxdromes. — Ils sont exceptionnels. Au point de vue histologique, on a observé Venchondrorae pur (un seul cas connu), des tumeurs mixtes, comme V ostéochondrome (Dolbeau, Trélat), le fibroclwmlrome (Giraldès).

Les tumeurs cartilagineuses s'observent chez des jeunes sujets : leur marche est lente, leur volume moyen, quoique par leur accroissement ils puissent atteindre des développements considérables : ainsi une tumeur enlevée par Gensoul mesurait 7 pouces de diamètre.

Épithéliomes. — Ils prennent naissance dans l'épaisseur de la muqueuse du sinus : ce sont des tumeurs d'aspect papillaire, très vasculaires, qui distendent le sinus, perforent le plus souvent le bord alvéolaire, au niveau duquel elles viennent faire saillie, après avoir déterminé la chute des dents.

Les épithéliomes primitifs sont très rares, si on les compare aux épithéliomes secondaires, qui, partis du voisinage, envahissent consécutivement le sinus maxillaire ; dans un mémoire intéressant sur les kystes des mâchoires {Revue de chirurgie, juin-juillet 1888), Albarran a étudié toutes les variétés d'épithéliome secondaire {Épith. kystique adamantin) et montré les difficultés qu'il y a à les discerner des tumeurs primitivement développées dans l'antre d'Highmore.

Sarcomes. — Bien que beaucoup de ces tumeurs appartiennent à l'histoire des tumeurs du maxillaire supérieur, il n'en est pas moins vrai qu'elles peuvent avoir pour origine la muqueuse ou le périoste qui tapissent la cavité du sinus; ces sarcomes peuvent revêtir toutes les formes histologiques connues.

Tumeurs m.\lignes. — Sous ce nom, nous entendons les tumeurs caractérisées cliniquement par leur inarche rapide, la destruction du tissu osseux, Vulcération et Y envahissement des téguments, le retentissement ganglionnaire et Vinfection viscérale ; elles répondent à la classe des cancers encéphaloïdes ou colloïdes ; elles apparaissent surtout chez les personnes âgées.

La douleur, V ébranlement et la chute des dents sont des signes fréquents, mais non constants, et nous observons, en ce moment, une femme de soixante-douze ans, qui a vu se développer, en deux mois, une tumeur encéphaloïde du sinus maxillaire gauche, grosse comme un œuf, sans avoir éprouvé d'autre gêne que celle résultant de la saillie de la tumeur dans la fosse nasale gauche (obstruction nasale) et sur la voûte palatine : elle bombe dans la cavité buccale et au niveau du bord alvéolaire, sous forme d'une tumeur kystique violacée ; mais le ramollissement de la voûte palatine est tel, qu'elle se laisse mobiliser comme une paroi en carton souple. — L'incision de cette tumeur a donné issue à de la matière encéphaloïde et s'est accompagnée d'une hémorragie buccale et nasale des plus sérieuses : les parois limitantes de l'antre étaient en partie détruites.

Symptomatologie générale des tumeurs solides du sinus maxillaire. — Nous diviserons en trois périodes la marche des tumeurs du sinus maxillaire.

Dans la première période dite latente, aucun symptôme n'avertit du développement de la tumeur, car nous ne pouvons attribuer aucune valeur à la douleur, qui coïncide aussi bien avec certaines tumeurs malignes qu'avec de simples abcès du sinus, ainsi qu'il nous a été permis de le constater.

Après une durée variable de cette première étape, la production morbide

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