‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul ReclusChapitre 213 sur 260 · LÉSIONS TRAUMATIQUES DES SINUS FRONTAUX · texte numérisé non relu

LÉSIONS TRAUMATIQUES DES SINUS FRONTAUX

PLAIES — COXTUSIOXS — FRACTURES

Nous empruntons à Duplay la description de ces lésions traumatiques : « Les plaies des sinus frontaux peuvent être produites par des instruments piquants, tranchants ou contondants. Rarement une chute sur le front détermine une fracture bornée aux parois du sinus.

Les plaies yar instruments piquants ou tranchants, qui n'intéressent que la paroi antérieure des sinus frontaux, ne présentent le plus souvent aucune gravité; la réunion des bords se fait rapidement et sans laisser de traces. Cependant il peut arriver que l'air contenu dans les fosses nasales s'échappe à travers l'ouverture osseuse, au moment d'un effort, et gêne la cicatrisation, soit en déterminant un emphysème plus ou moins étendu, si la plaie des téguments est étroite, oblique ou sinueuse, soit en entretenant la suppuration, d'où résulte la production d'une fistule.

Enfin, l'agent vulnérant peut, après avoir perforé la paroi antérieure du sinus, intéresser la paroi postérieure et pénétrer dans la cavité crânienne. Cette lésion rentre dans l'histoire des fractures du crâne et des plaies de l'encéphale.

Les instruments contondants produisent sur les sinus frontaux des lésions variées. Quelquefois, la peau restant intacte, la paroi antérieure du sinus est fracturée, comme dans un cas rapporté par Dupuytren (*). Suivant Boyer, il se pourrait que, les téguments étant déchirés et la paroi antérieure du sinus fracturée, la muqueuse reste intacte. Mais, le plus souvent, celle-ci est également lésée et le sinus communique plus ou moins largement avec l'extérieur.

(*) Dezeimeris, Observations sur les ma.ladies des siiw.s frontaux. In L'Expérience, t. I, p. 567, 573, et t. IV, p. 401, 415.

(-) BouYER, Essais sur la pathologie des sinus frontaux. Thèse de Paris, 1859.

(^) Duplay, Path. externe, t. III, p. 877.

(*) E. Berger, loc. cil.

(^) P. Martix, Contribution à l'étude des tumeurs des sinus frontaux, Paris. 1888.

(^) Grûnwald, Traité des suppurations nasales. Lehmann, édit. Munich.

(') Luc, Société franc, de laryngol., de rhinol. et d'otol., 1896. Arch. internat, de laryngol., d'otol. et de rhinol., mai-juin 1896.

(*) Leçons de clinique chirurg., t. Il, p. 216.

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Dans ce dernier cas, l'air sort à travers la i)laie à chaque effort d'expiration, et si le trajet est sinueux, il n'est pas rare de voir se produire un emphysème de la face. D'autres fois les produits de sécrétion de la muqueuse nasale, s'altérant sous l'influence de l'infection, donnent lieu à un écoulement plus ou moins abondant de liquide muco-purulent. Quelquefois même, d'après Ouesnay('), ce liquide, par sa couleur et sa consistance, a pu être pris pour de la substance cérébrale. Enlin on a \ u la iniupieuse épaissie, boursouflée, faire hernie à l'extérieur (-).

Le diagnostic de la fracture du sinus front"! n'est pas difficile, lorsque les téguments sont lésés; dans le cas contraire, le signe palhognomonique est fourni par la production d'une pneumatocèle qui augmente lorsque le malade se mouche, et que l'on reconnaît facilement à la crépitation caractéristique de l'emphysème. Quant à savoir si ^la paroi postérieure du sinus est intéressée, on doit le plus souvent s'abstenir de toute recherche à cet égard, et se comporter à moins d'indication spéciale (enfoncement, compression) comme nous l'avons dit au sujet des fractures et des plaies pénétrantes du crâne.

Les plaies et les fractures de la paroi antérieure du sinus frontal sont presque toujours peu graves. L'emphysème qui survient quelquefois est rarement assez étendu pour donner lieu à des accidents sérieux: cependant la guérison peut être retardée par la production d'une fistule. Enfin, ces lésions se compliquent quelquefois de la présence de corps étrangers.

Dans la plupart des cas, le rôle du chirurgien doit se borner à retirer les esquilles et les corps étrangers, puis à rapprocher mollement les lèvres de la plaie, en exerçant autour de celle-ci une compression légère, afin d'éviter l'emphysème ou de le limiter, s'il s'est déjà produit. Lorsqu'il existe un enfoncement de la paroi antérieure, on peut essayer de relever les fragments avec un élévatoire ou une spatule. On ne devrait avoir recours à l'application d'une couronne de trépan que dans les cas d'enfoncement considérable ayant résisté à des moyens plus simples.

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