COLLECTIONS LIQUIDES DU SINUS FRONTAL
cellulcs clhmoïdalos au moyen du stylet. S'il exisl*^ une sinusite maxillaiie concomitante, immédiatement aju-ès le lavat;e soigneux de celte dernière cavité, le pus reparaît dans le méat moyen.
Un autre moyen consiste dans le tamponnement explorateur du méat moyen (Grïmwald).
Le procédé de Véclairage par transparence appliqué au sinus maxillaire a aus&i été utilisé pour le sinus frontal et donne des notions précieuses, surtout lorsque ce signe s'associe aux autres symptômes.
2» KYSTES DES SIXi'S FROXTAUX — HYDROPISIE EXKVSTÉE
Sous ce nom, il faut entendre une accumulation de liquide non purulent, dans l'intérieur de la cavité du sinus.
Ce liquide est tantôt le produit de la sécrétion glandulaire, parfois il est constitué par du sany. dans des cas exceptionnels, c'est du liquide hydatique: aussi pourrait-on distinguer des kystes glandulaires, des kystes hématiques et des kystes hyda tiques.
La collection liquide glandulaire se forme dans deux conditions différentes : tantôt il y a amoncellement de )nucosités, comme disent les Allemands, par suite du produit de sécrétion : il suffit pour cela que le conduit du sinus frontal soit bouché par une sécrétion visqueuse (coryza, ozène, néoplasme), ou oblitéré par un tissu de cicatrice (plaie, guérison d'un abcès) ; tantôt il s'agit d"un véritable kyste, développé aux dépens d'une des nombreuses glandes du sinus, dont le conduit d'excrétion est oblitéré.
Les kystes glandulaires ne sont pas fréquents, et Martin, dans sa thèse, n'a pu en réunir que 10 observations.
Les hématomes dit sinus ou kystes hématiques succèdent à des traumatismes. Steiner, Larrey en ont cité des exemples incontestables.
Les kystes hydatiques observés par Langenbeck, Robert Keate, etc., ont déjà été étudiés avec les tumeurs crâniennes (voy. vol. III, p. 525) ; nous n'y reviendrons pas.
Les dilïérentes variétés de tumeurs liquides ont une symptomatologie à peu près identique, et qui ne ditfère de celle de l'empyème que par Vabsence des phénomènes inflammatoires, par la moindre intensité de la douleur, par la marche plus lente.
Il nous semble impossible de pousser le diagnostic plus loin; tout au plus pourrait-on rappeler que, dans les kystes par rétention, il y a au début issue par le nez d'une assez grande quantité de mucus; rappelons aussi que les kystes hématiques connus ont succédé à un traumatisme.
La ponction exploratrice est ici autorisée pour arriver au diagnostic.
Traitement des collections liquides. — Qu'il s'agisse d'un empyèmc du sinus ou d'une hydropisie enkystée, le traitement est le même : il faut donner issue à la collection liquide et modifier la muqueuse.
Mais auparavant on aura procédé au curettage de l'infundibulum et à la résection de la tête du cornet moyen.
L'ouverture du sinus peut se faire : a. par les voies naturelles; h. par la région frontale, médiane.
iGÉRARD-MARCHANT.'i
Nous avons déjà exposé le caihétérisme du sinus fi'onlal au moyen duquel on peut faire des irrigations antiseptiques et modificatrices. Quant à la trépanation du sinus frontal par la voie nasale, conseillée par Schaffer, elle est condamnée comme dangereuse. Cette voie nasale convient aux hydropisics du sinus, avix collections suppurées diagnostiquées dès le début, et qui ne s'accompagnent encore que d'une légère dilatation du sinus frontal.
L'ouverture du sinus par voie externe est de règle dans l'empyème fermé, à manifestations orbitaires. Elle est indiquée en outre dans l'empyème ouvert à manifestations purement nasales : a. quand le traitement, patiemment institué par la voie naturelle, a échoué; h. quand la disposition du canal naso-frontal rend ce traitement inapplicable.
L'ouverture se fait par la paroi frontale, que l'on résèque entièrement; après un curettage soigneux, on i^établit la perméabilité du canal naso-frontal au moyen de la gouge et de la curette. Il faut penser en ce moment à la participation possible des cellules ethmoïdales antérieures, et en les attaquant compléter le curettage.
Mais cette dernière opération laisse temporairement un orifice extérieur pour la sortie de l'extrémité supérieure du drain, et consécutivement une difformité manifeste. Luc ('), mettant en pratique l'idée d'Ogston, pratique l'opération suivante : après avoir ouvert largement la paroi antérieure du sinus, curette avec soin la cavité, créé à la curette et à la gouge une communication aussi large que possible entre les cavités frontales et nasales, l'auteur introduit un drain en forme d'entonnoir destiné à déverser les produits de sécrétion du sinus dans les fosses nasales et à pratiquer en sens inverse le traitement consécutif de la sinusite. L'établissement de ce drainage permet d'obtenir la réunion par première intention de la plaie frontale et diminue ainsi au minimum la difformité consécutive. (Moure, Congrès de Moscou, 1897. Rapport sur les sinusites.)