MALADIES DES CELLULES ETHMOÏDALES
Il n'est pas, en rhinologie, de chapitre plus obscur que celui des affections des cellules elhmoïdales. Cependant, depuis ces dernières années, l'attention des auteurs s'est portée sur ce point et particulièrement sur l'étude des suppurations de l'ethmoïde.
EMPYÈME DES CELLULES ETHMOÏDALES
Étiologie. — II reconnaît le plus souvent pour cause, une infection par continuité avec la muqueuse nasale : l'apport des germes par la voie sanguine est admise aussi f'j. Plus rarement, ces cellules se prennent consécutivement à des empyèmes voisins (du sinus frontal, du sinus maxillaire, de l'orbite) (-).
Symptômes. — Le labyrinthe ethmoïdal étant anatomiquement divisé en deux groupes, groupe antérieur et groupe postérieur, le siège du pus varie suivant le groupe qui est atteint. Dans rempyèrae des cellules antérieures le pus apparaît dans le méat moyen. Le pus des cellules postérieures s'étale dans le méat supérieur et apparaît dans la fente olfactive. La quantité en est variable, il est rarement fétide (Zamiko).
La céphalalgie ordinairement violente se localise à la région frontale, à la
(M Rangl.\r et André. Étude sur Vanatomie et la pathologie des cellules ethmoïdales. Thèse (le Paris, 1896.
(*) MouRE, Congrès de Moscou, 1897. Rapport sur les sinusites.
IGÉRARD-MARCHANT.\
racine du nez et à la rég-ion sous-orbitaire. Griinwald donne comme caractéristiques les douleurs provoquées par la pression sur la racine du nez et sur l'os ung-uis. L'état général est plus fréquemment altéré que dans les autres sinusites, l'inaptitude au travail, la dépression psychique sont plus marquées.
L'empyème des cellules ethmoïdales peut, dans les cas malheureux, s'ouvrir dans l'orbite à travers la lame papyracée, ou dans la cavité crânienne à travers
la lame criblée.
^ -™ ^M^^^^î L'empyème des cellules ethmoïdales est or-
Ë ^^^^^^Sfc, ^^^ dinairement accompagné de nécrose osseuse,
de fistules, de granulations, de polypes.
Diagnostic. — Le diagnostic est surtout un diagnostic par exclusion, déduit de ce qui a été dit plus haut des autres sinus. Mais c'est le stylet qui décèlera le mieux une elhmoïdite, en révélant l'existence des os nécrosés, des cellules effondrées. La ponction exploratrice de la bulle ethmoïdale, si elle est positive, est un signe de grande valeur.
Pronostic. — Les propagations possibles que nous avons signalées montrent assez la gravité de l'affection qui nous occupe.
Traitement. — L'ouverture des cellules ethmoïdales au moyen de la pince coupante peut seule donner issue au pus. Le curettage consécutif nettoiera les cavités ouvertes (fig. o-jT).
Ces deux interventions peuvent se pratiquer par deux voies : l" Par la voie nasale, lorsqu'il y a ethmoïdite simple; 2' Par voie externe, lorsqu'il y a coexistence d'une sinusite frontale. Cette méthode, plus facile, s'attaquant à la paroi interne de l'orbite, peut donner lieu à une défiguration, sans lever l'incertitude d'une guérison absolue.
Ciiretles de Griinwold.
SINUSITES COMBINÉES
Dans un grand nombre de cas (16 sur 70, d'après Griinwald) plusieurs sinus du même côté sont atteints, ce qui se conçoit facilement quand on se reporte à l'anatomie du méat moyen et de rinfundibulum(').
Le diagnostic est facile pour les cavités que l'on peut sonder directement. Pour les autres on ne pourra souvent procéder que par élimination et après guérison de l'un ou de l'autre sinus.
Traitement. — Il exige beaucoup de patience de la part du médecin et du malade. Le mieux est de traiter chaque sinus à mesure que l'on s'aperçoit qu'il est malade. Mieux vaudrait cependant, si la chose était possible, traiter d'al)ord les cavités les plus élevées, souvent causes de l'infection de celles qui sont situées au-dessous.
(') MouRE, Rapport sur le traitement des sinusites. Congrès de Moscou, 189'/