‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul ReclusChapitre 231 sur 260 · FRACTURES DU MAXILLAIRE IM ERIEUR · texte numérisé non relu

FRACTURES DU MAXILLAIRE IM ERIEUR

(le cliiil''. sauvogaixU' Ijion sounciiI le inaxilhiir.'. lin' inciive de ce fait est la iVéquence assez grande dc-^ IVarUires de cet os chez les ivrognes, qui ont perdu cet instinct de préservation.

Les diverses portions du maxillaire inférieur (corps, l>ranches, condyles. apophyses coronoïdes) peuvent être brisées. Mais les fractures du corps de l'os sont inroiiiiKirnbleriienl plus fréquentes que les outres, à tel point que Hamillon. sur b?} fractures du maxillnin' iiifi rinir (ju'il a observées, a noté que 50 fois la fracturc inir-res-iail le rorjts de los.

Étiologie. — Rare- chez TenfanL plus communes chez l'adulte et le vi('i!lard. les fractures du maxillaiic iiilÏTicur reconnaissent des causes directes et des ca uses indirectes .

Les causes directes sont les plus fréquentes : ce sont des chutes sur le menton, sur l'angle de la mâchoire, des coups, tels que coups de feu. coups de pied de cheval, coups de bâton, coups de poing: cette dernière cause intervient assez souvent chez les boxeurs. Ir'i. comme à la mâchoire supérieure, la fracture du rebord alvéolaire peut succéder à l'avulsion d"une dent.

Toutes les portions de Fos sont susceptibles d'être brisées par des causes directes. Les fractures des branches et celles des apophyses coronoïdes semblent même être toujours directes.

Parmi les courses indirectes, il en est qui agissent en redressant la courbure de la mâchoire inférieure-, c'est ce qui a lieu pour la déflagration d'un coup de feu tiré dans la bouche. Vidal, cité par Gillette, a rapporté un cas, dans lequel une balle pénétra dans la bouche au niveau de la commissure gauche des lèvres, broya la partie antérieure du rebord alvéolaire supérieur et sortit à droite, au niveau du sterno-mastoïdien, en écornant l'angle du maxillaire inférieur: or. en agissant sur la face interne de cet angle, le projectile augmenta l'ouverture du fer à cheval du maxillaire et détermina une solution de continuité au niveau de la s^Tuphyse.

Bien plus souvent, les causes indirectes agissent en diminuant le diamètre de la courbure de la mâchoire. C'est ce que l'on observe lorsqu'un corps pesant, tel qu'une roue de voiture, un tonneau, etc.. presse sur un côté du maxillaire, dont l'autre côté est appuyé sur le sol. Dans ces conditions, d'ailleurs, il peut arriver qu'il se produise à la fois une fracture directe aux points d'application de la force et de la résistance et une fracture indirecte au voisinage de la symphyse.

J'ai observé, chez un homme de cinquante-huit an^^. une fracture indirecte de la mâchoire inférieure, curieuse par son mécanisme : à la suite d'un coup de pied de cheval ayant porté sur la joue droite, sans qu'il y eût le moindre contrecoup, le maxillaire inférieur se fractura à gauche, entre la canine et la première petitemolaire.

Les causes indirecles. dont je viens de parler, fracturent le corps du maxillaire. Il existe également des fractures indirectes des condyles: elles portent sur le col du condyle et rentrent, d'après Malgaigne. dans deux catégories. Dans l'une, la cause du traumatisme est une chute sur le menton, et la fracture est parfois bilatérale. Dans l'autre, la cause est une violence exercée sur un côté de la face: alors, outre la fracture du col du condyle de ce côté, il se produit d'ordinaire, du côté opposé, une fracture du corps du maxillaire.

Les fractures du maxillaire inférieur par cause musculaire ne semblent pas avoir été observées chez l'homme. Mais Holmes Goote {System ofsurgery. t. IV,

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p. 220. London, 1865) affirme que, chez des chevaux enragés, on a vu hi eonlraclion (les muscles temporaux et masséters délerminer une division de la mâchoire.

Variétés. — On a observé, au maxillaire inférieur, des fractures incomplètes, siégeant sur la table externe, plus souvent sur la table interne, et consistant dans de simples fêlures ou dans l'éclatement d'une des tables, avec rayons multiples se détachant d'un point central.

Il faut citer aussi des fractures partielles. Les unes portent sur le bord alvéolaire et sont constituées soit par l'avulsion d'une paroi d'alvéole, soit par une lésion étendue à plusieurs alvéoles. D'autres fractures partielles consistent dans l'ablation d'une portion d'os, par un coup de sabre, par exemple.

Si je passe aux fractures complètes du maxillaire inférieur, je trouve tout d'abord les fractures siégeant au niveau de la symphyse du menton; leur direction est d'ordinaire verticale. Ces fractures, niées à tort par Boyer, ne sont pas absolument rares : Gillette en cite jusqu'à 22 cas.

Mais, le plus souvent, la fracture occupe les parties latérales du corps de Vos. Elle peut être verticale; habituellement elle est oblique; quelquefois le trait de fracture a une direction brisée, verticale d'abord, puis oblique. L'obliquité est le plus souvent dirigée de haut en bas et d'avant en arrière, plus rarement en sens inverse. Les faces sont presque toujours taillées en biseau, et, à part de très rares exceptions, le biseau du fragment antérieur est taillé aux dépens de sa face externe, celui du fragment postérieur aux dépens de sa face interne. Ces fractures du corps ont une prédilection marquée pour la région voisine du trou mentonnier; il n'est pas rare qu'elles aboutissent entre la seconde incisive et la canine.

La fracture du corps peut être multiple. S'il existe deux traits de fracture, il est possible qu'ils occupent tous deux le même côté; mais la règle est que l'un d'eux siège à droite et l'autre à gauche, de manière à isoler un fragment médian. Parfois les traits de fracture sont plus nombreux.

Les fractures des branches du maxillaire inférieur affectent des directions variées. Celles des condyles siègent, en général, sur la partie la plus mince du col, au-dessous du point d'insertion du ptérygoïdien externe, et sont horizontales ; on a observé toutefois des fractures verticales des condyles. Enfin les fractures de VapopJiyse corono'ùle, extrêmement rares, ont une direction horizontale.

Houzelot a rapporté un curieux exemple de fractures multiples du maxillaire inférieur. On constatait à la fois une fracture de la symphyse, une fracture des deux condyles et une fracture des deux apophyses coronoïdes.

Le plus souvent, les fractures du maxillaire inférieur sont compliquées de p/oie faisant communiquer le foyer de la fracture avec l'air; ces plaies résultent de la déchirure de la muqueuse buccale; quelquefois il existe une plaie cutanée. On comprend, d'ailleurs, que, dans certains cas, à la suite de grands traumatismes, on puisse observer de véritables broiements de l'os avec lésions étendues des parties molles.

Symptômes. — Le premier symptôme d'une fracture du maxillaire inférieur est la douleur ressentie au moment de l'accident ; cette douleur est réveillée par la pression, par les mouvements tie la mâchoire. A la douleur se joignent la difficulté ou l'impossibilité de la mastication, la gêne de la déglutition, de l'articulation des sons.

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