‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul ReclusChapitre 46 sur 260 · U MALADIES DU CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

U MALADIES DU CORPS VITRÉ

sont assez sérieux. Il y a d'abord, le plus souvenL, diminution de Tacuilé visuelle par le fait de l'affection qui a donné naissance à ces opacités. Ils délorminent, en outre, s'ils sont un peu volumineux, la perception de points noirs, ou de véritables scotomes dans le champ visuel. Ce phénomène se produit surtoul lorsque le sujet regarde une surface blanche fortement éclairée. Il voit une ou plusieurs taches noires, à contours irréguliers, qui se déplacent lentement et qui troublent souvent assez la vision pour l'empêcher de lire ou de se livrer à un travail appliquant. Les malades cherchent par des mouvements brusques des yeux à chasser du champ visuel ces images importunes, et ces mouvements répétés arrivent à constituer une sorte de tic caractéristique.

Lorsqu'une opacité est plus volumineuse que les autres, elle ne tarde pas à être reconnue à sa forme par le patient dès qu'elle se présente dans le champ visuel: souvent alors il la dessine, en apporte le dessin au chirurgien et est véritablement obsédé par l'apparition incessante de cette image. A ce degré, la présence des corps flottants dans le corps vitré devient une affection sérieuse.

Dans la plupart des cas, fort heureusement, les phénomènes subjectifs sont beaucoup moins accentués; les malades se plaignent seulement de troubles vagues de la vision et les corps flottants ne sont reconnus que par l'examen ophtalmoscopique.

Le traitement consiste à prescrire l'usage des verres bleus ou fumés et le repos. On a cherché par l'emploi des eaux minérales purgatives et diurétiques à modifier la consistance du corps vitré. Dans le môme but on a prescrit l'iodure de potassium et les injections sous-cutanées de pilocarpine. L'administration du sublimé, à l'intérieur, à la dose de 1 centigramme par jour, paraît avoir donné quelquefois un bon résultat et est recommandée par tous les auteurs. Enfin l'application des courants continus a été essayée avec succès par Giraud- Teulon et le professeur Le Fort.

Dans quelques cas, les paracentèses répétées de la chambre antérieure ont été uivies d'amélioration. On s'accorde à considérer aujourd'hui comme plutôt nuisibles les tentatives de discision des opacités faites par de Graefe.

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