DES OPÉRATIONS QUI SE PRATIÔUENT SUR LES PAUPIÈRES. 4PJ
Elle sapplique aux cas où la fente palpébrale a des dimensions anormales par suite de déchirures de la commissure, et aux cas où les paupières ont une laxité trop grande par le l'ait de la paralysie de l'orbiculaire. On l'a conseillée aussi pour remédier aux inconvénients de rexophtalmie dans le goitre exophtalmique.
Après avoir déterminé par le pincement de la commissure externe et, au besoin, marqué par un trait à Tencre la place que doit occuper la nouvelle commissure, on avive les deux bords palpébraux et langle externe, en ayant soin d'enlever les bulbes des cils. Le petit lambeau ainsi excisé sur chaque [•aupière doit avoir environ 1 millimètre 1/2 de hauteur. Il est bon de prolonger l'avivement de 1 à 2 millimètres sur chaque paupière, mais en le faisant porter seulement sur la lèvre interne, en ménageant les bulbes ciliaires. On place ensuite deux ou trois points de suture de soie fine pour réunir les portions avivées et Ton exerce, pendant les premiers jours, une légère compression avec un bandage sur la plaie protégée par quelques rondelles de gaze au salol et d'ouate. Fig. 206. — Tarsorraphie.
La suture totale des paupières a été imaginée par Mirault (d'Angers) et a pour but de maintenir temporairement soudé le bord libre des paupières. Cette suture rend de grands serA^ces dans les opérations d'ectropion et dans les blépharoplasties pour s"opposer à la rétraction cicatricielle, mais pour être efficace elle doit généralement être maintenue pendant dix-huil niûi-.
Elle est aussi applicable au traitement de certaines affections de la cornée et de la conjonctive telles que le xérosis.
Pour pratiquer la suture des bords palpébraux, on avive successivement chaque bord depuis la commissure externe jusqu'au voisinage des points laciymaux. c[u"il faut toujours respecter. L'avivement porte seulement sur la lèvre interne et doit ménager les bulbes ciliaires. Il s'effectue avec un petit bistouri ou de fins ciseaux. Il suffit de le faire très superficiel et sur une largeur de 1 millimètre au plus. On réunit les deux bords avivés par cinq ou six points de suture de soie fine; on saupoudre les paupières d'iodoforme et on les soutient par un bandage compressif .
Les points de suture peuvent être retirés au bout de trois ou quatre jours. La réunion est facilement oljtenue et l'on n'a pas à craindre les inconvénients de la rétention des sécrétions derrière les paupières, car la commissure interne leur assure toujours un écoulement facile.
I a désunion des paupières ne doit être praticjuée c|ue tardivement, au plus tôt après dix-huit mois, lorscjue la suture a été faite pour empêcher la rétraction cicatricielle. Elle s'opère simplement d'un coup de bistouri ou de ciseaux, avec la précaution de passer au préalable une sonde cannelée de la commissure externe à l'angle interne de l'œil.
On n'a guère à craindre que les bords palpébraux désunis se réunissent de nouveau, et la cicatrisation se fait en général très rapidement.
Dans certains cas, au lieu d'opérer d'un seul coup la désunion des paupières il y a avantage à l'efTectuer en plusieurs temps.
[E. DELENS'i
5" BLÉPHAROFLASTIE
GuYON (F.), Art. Blépharoplastie du Dict. encycl. des se. méd., t. IX, p. 713. — Bolliet, De la greffe cutanée et de ses applications principales à la chirurgie oculaire. Thèse de Paris, 1882.
La blépharoplastie est Topération à l'aide de laquelle on reconstitue les paupières détruites ou déviées par une cicatrice. Le tissu de la nouvelle paupière est fourni par la peau des régions voisines ou par un emprunt fait à une autre région.
Rappelons qu'on décrit trois grandes méthodes d'autoplastie en général : 1" la méthode française, qui procède par simple glissement des lambeaux; 2" la méthode indienne, qui prend le lambeau au voisinage et l'amène dans la région à reconstituer par rotation ou torsion du pédicule; 5" la méthode italienne, qui emprunte le lambeau à une région éloignée dont il n'est détaché que lorsque sa vitalité est assurée.
Il faut y ajouter la méthode plus récente par greffe cutanée.
Ces différentes méthodes ont toutes fourni des procédés applicables aux paupières.
A propos de l'ectropion, nous avons déjà indiqué plusieurs procédés de restauration qui se rattachent à la méthode française. Tels sont les procédés de Wharton Jones, d'Alphonse Guérin, de Von Ammon, de Dieffenbach.
Ces procédés sont applicables aux cas oi^i la paupière est simplement déviée. Ils sont insuffisants lorsqu'elle est détruite ou lorsque la déviation atteint des proportions extrêmes. Dans ces cas, il faut recourir à l'autoplastie proprc'ment dite.
Dzondi, de Graefe le père, Jiinken, Fricke et Dieffenbach sont les premiers chirurgiens qui aient pratiqué l'autoplastie des paupières. Jobert et Blandin, dès 1855, l'ont exécutée en France où, depuis, elle a été l'objet de perfectionnements importants de la part de Denonvilliers. Plus récemment, le professeur Léon Le Fort a appliqué aux paupières la méthode de la greffe cutanée et P. Berger a modifié heureusement la méthode italienne, jusque-là réservée à la restauration du nez, pour la rendre applicable à celle des paupières.
N'oublions pas que la suture des bords palpébraux est devenue un complément indispensable dans la plupart des procédés de blépharoplastie.
Les règles générales de la reconstitution des paupières sont de conserver autant que possible les parties encore saines et en particulier le bord libre. On ne doit sacrifier le muscle orbiculaire et la conjonctive que dans les cas d'absolue nécessité. Enfin les lambeaux seront toujours taillés assez grands pour éviter tout tiraillement et soutenus par une compression douce qui facilite leur exacte application aux parties sous-jacentes. La face profonde des lambeaux ne doit conserver que très peu ou pas de tissu cellulo-graisseux. La réunion se fait à l'aide de points de suture séparés de soie fine et aseptique. La couleur noire est préférable, parce qu'elle permet de reconnaître plus facilement les points lorsqu'il s'agit de les enlever.
Après l'application des sutures,- le pansement consiste le plus habituellement à saupoudrer les lignes de suture avec la poudre d'iodoforme, desalol ou d'iodol et à recouvrir les surfaces de gaze antiseptique soutenue par une forte couche