‹ Traité de chirurgie (volume 2)Chapitre 107 sur 166 · SG2 TUMEURS DE L'URÉTHRE · texte numérisé non relu

SG2 TUMEURS DE L'URÉTHRE

variable : Gruenfekl a eu l'occasion de diagnostiquer à l'endoscope et d'opérer des tumeurs du volume d'un grain de chènevis, d'une lentille ou d'un pois ; un polype avait 2b millimètres de long sur 15 de large. Gruenfeld a observé jusqu'à deux, trois et quatre polypes sur le même sujet. Le 15 mars 1880, il pouvait montrer chez un malade, à 9 ou 10 centimètres de profondeur dans le canal, et sur une surface de près de 2 centimètres, cinq polypes variant de la grosseur d'un pois à celle d'un grain de chanvre, dont le plus volumineux siégeait en arrière sur la paroi urélhrale droite, le second à droite et en haut, le troisième à gauche en haut, près de la ligne médiane, le quatrième et le cinquième à

gauche.

L'endoscopie n'a point seulement éclairé le diagnostic des polypes uréthraux; elle a servi encore à préciser leur traitement. Les spécialistes utilisent, et Gruenfeld a décrit un polypotome à anse métallique, analogue aux modèles de Blacke ou de Gruber, de la chirurgie auriste ; des ciseaux et des pinces qui manœuvrent à l'extrémité du tube uréthral; une pincetle, composée d'un tube endoscopique au bout duquel peut jouer, grâce à un fil métallique intérieur, une pièce tubulée, fenêtrée et coupante sur .sa paroi supérieure, dont l'emboîtement saisit et coupe ce qui se présente; déjà Méran, au dire de Delefosse, avait imao-iné de guillotiner les polypes au moyen de deux sondes fenétrées jouant l'une dans l'autre ; les deux œils de sondes étant en regard, et le polype prolabant dans l'intérieur, un simple glissement de la sonde intérieure détachait la masse. Les difficultés opératoires sont considérables, et Gruenfeld les détaille : les petits polypes peuvent être mordus et enlevés à la pince; une tumeur bien exposée, à pédicule net, est parfois saisissable dans la fenêtre de la pincette: dans la majorité des cas, le polypotome à anse métallique a paru l'instrument le plus applicable; ce n'est pas qu'il ne présente un inconvénient : l'anse dérape souvent ou se jette difficilement autour du pied. Le mode et la commodité d'intervention se subordonnent d'ailleurs à la variété de la végétation et à son siège. Plus la tumeur se rapproche du méat, plus elle devient accessible.

2" Grosses granulations de l'uréthrite chronique. — Dans certains cas d'uréthrite chronique, on peut constater — et l'habitude de l'uréthroscopie nous familiarise avec elles — des plaques d' « uréthrite granuleuse », siégeant surtout au niveau du bulbe, occasionnant facilement de petites hémorragies, Heux d'élection pour les rétrécissements futurs. Ces uréthrites granuleuses — très voisines, comme tvpe anatomique, du trachome, de la lésion granuleuse des conjonc- ^ves sont connues depuis Désormeaux. Mais il est certain, comme le dit Rochet, qu'on n'a pas assez attaché d'importance à la présence même de ces granulations dans la permanence de certains écoulements chroniques. L'endoscopie servira plus à les diagnostiquer qu'à les traiter : un chirurgien, sachant interroger avec l'olive de l'explorateur la sensibilité uréthrale, ne sera jamais embarrassé pour localiser exactement à leur niveau l'instillation du nitrate d'argent, et surtout de sulfate de cuivre au dixième qui nous a donné plusieurs succès. Rochet, qui a aussi recommandé cet agent, fait des attouchements directs avec un crayon à chemise mobile. La curette est utilisable quand il s'agit de ces papillomes diffus, parfois décrits sous le nom d' « uréthrite papillomateuse » : tel est le cas de Briggs(') qui, par l'examen endoscopique, trouva la muqueuse

(') Briggs, Uréthrite papillomateuse guérie jjar le curage. Gazette hchdom. de Muntpcllicr. 1890, ir 5, p. 58.

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