KYSTES DE L'URÈTHRE ET DES GLANDES DE COWPER
Aux dépens des glandes uréthrales peuvent se former des kystes de rétention. Keersmacher a décrit, dans l'uréthrite chronique, ces formations kystiques résultant de l'occlusion des conduits excréteurs des glandes de Littre et des cryptes de Morgagni. « Le corps de la glande ou de la lacune se transforme en un petit kyste entouré d'une zone plus ou moins importante d'infdtration. Si ce petit kyste est situé immédiatement sous l'épithélium, il fera saillie dans le canal où il formera une petite vésicule gris jaunâtre pouvant atteindre le volume d'un gros grain de chènevis ; mais si sa situation est plus profonde, la petite saillie diminuera et pourra même faire défaut : en ce dernier cas, un point plus pale marque sa présence dans l'épaisseur des tissus. »
Les tumeurs kystiques des glandes de Gowper sont plus intéressantes; Englisch en a donné une bonne étude : il a ajouté 5 observations personnelles, dont 4 relatives à des nouveau-nés et 1 à un homme de trente-sept ans, aux faits antérieurs de Terraneus, Forestus et Gubler. Une petite tumeur, longue de 7 millimètres, large de 5 millimètres, située à la hauteur du bulbe, sur le milieu du plancher de l'urèthre : telle est une de ces formations kystiques trouvée par lui chez un nouveau-né. A l'examen de l'urèthre d'un homme de trente-sept ans, il trouva sur la paroi inférieure de la partie bulbeuse deux espaces creux, « Hohlrâume », placés parallèlement l'un à côté de l'autre et séparés par une mince cloison mitoyenne ; les deux sacs ainsi formés s'étendaient en avant sur une longueur de 2 centimètres jusqu'à la pars pendilla de l'urèthre. Une fine sonde pouvait s'introduire à la partie postérieure du sac dans un canal qui menait vers les glandes de Gowper, mais qui, à une distance de 5 à 4 millimètres, devenait imperméable. Englisch trouva la glande de Gowper gauche normale, la droite un peu grossie ; il estime donc que la dilatation kystique ne [)orte pas sur le corps glandulaire lui-même, mais sur le canal excréteur ^ dans toute l'étendue située au delà du diaphragme uro-génital — pars spongiosa et xubmucosa de Gtibler ». — L'ectasie, dans ses degrés médiocres, n'aboutit qu'à la formation de petites tumeurs miliaires, analogues aux kystes glandulaires uréthraux, caractérisées par leur siège constant au niveau du conduit vecteur. Dans les formes avancées, il se forme un gros kyste cloisonné par des septa nombreux : une cloison médiane correspond à l'adossement des deux tumeurs glandulaires, les autres travées résultent de l'irrégulière dilatabilité de la paroi. Englisch n'a en somme que relaté des découvertes d'autopsies ; Goulliard nous a donné une observation que Kauffmann accepte parmi les kystes des glandes de Gowper. « Un homme de cinquante et un ans portait dans le périnée, depuis ({uatre années, une tumeur médiane prolongée jusqu'à l'anus, progressivement développée. Après la deuxième année, la tumeur s'ouvrit spontanément au
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pôrinée et donna issue à une grande quantité de liquide visqueux et inodore : rorifice se ferma peu après, pour se réouvrir à nouveau tous les vingt à vino-t-cinq jours. Une ponction permit l'extraction de 150 grammes de sérosité trouble, g-risatre, visqueuse; le malade se refusa à tout traitement ». Mais le diao-noslic de tumeur kystique cowpérienne comporte ici un gros point d'interrogation.