IV. — FRACTURES DE L ISCHION
Les fractures de l'ischion sont produites par un choc direct très violent, chute d'un lieu élevé, éclat de mine, coup de feu; dans un cas de Papavoine ('), partout cité, l'ischion avait été brisé pendant l'accouchement, chez une femme dont le détroit inférieur était rétréci par une double fracture verticale du bassin remontant à deux ans.
Ces fractures sont exceptionnelles; Malgaigne n'en a pu réunir que 6 cas
(') Papavoine, Journal des progrès, l. XII, p. 2."i.
12 TRAUMATISMES DU BASSIN.
et décrit deux variétés anatomiques : l" détachement de la tubérosité sciatique seule; 2" séparation de Tischion tout entier, en avant de la branche descendante du pubis, en arrière de la cavité cotyloïde qui demeure intacte. Cette intégrité de la cavité cotyloïde dont parle Malgaigne doit être bien inconstante. Les fractures produites expérimentalement par choc sur l'ischion détachent en effet, presque toujours, la partie inférieure de la cavité cotyloïde suivant un trait horizontal qui va de i'échancrure sciatique au trou ovale, en même temps que la branche ischio-pubienne est divisée vers sa partie moyenne. Je reviendrai sur cette variété de fracture à propos des fractures de la cavité cotyloïde.
L'impossibilité de la marche ou même de la station verticale, la douleur, la mobilité transversale de lischion et, dans certains cas, la crépitation sont les signes qui permettront de reconnaître les fractures de lischion; le toucher rectal ou vaginal fournira, dans les cas douteux, de précieux renseignements. En effet l'écartement est en général peu accentué; dans un seul cas de Jobert, le fragment était séparé par un intervalle de plus de deux pouces. L'expérimentation m'a montré d'autre part que, même après un traumatisme très violent, il n'existe aucun écartement, et le plus souvent aucune mobilité du fragment, à plus forte raison pas de crépitation; ce n'est donc que le toucher rectal et en même temps la constatation d'une fracture de la branche ischio-pubienne qui pourraient permettre en pareil cas de faire le diagnostic.
Le pronostic ne paraît pas grave; seule la malade de Papavoine, citée plus haut, succomba aux suites de l'accouchement. Dans les autres cas, bien qu'il s'agît souvent de fractures compliquées, la guérison se fit régulièrement.
Le traitement doit se borner au repos au lit quand il n'y a pas de déplacement. En cas d'écartement du fragment, Malgaigne pense qu'il ne faut appliquer aucun appareil, mais maintenir le blessé dans le décubitus dorsal, le bassin un peu élevé, les jambes légèrement fléchies et tout le membre maintenu dans une complète immobilité.