‹ Traité de chirurgie (volume 3)Chapitre 205 sur 218 · CHAPITRE III ABCÈS TUBERCULEUX DU FOIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE III ABCÈS TUBERCULEUX DU FOIE

Lannelongue, Sur les abcès tuberculeux périhépatiques et sur le traitement qui leur convient. Acad. des se, 15 mai 1887. — Bull, mcd., 1887, p. 438. — Résection du bord inférieur du thorax. Comptes rendus du Congrès français de rhir. Paris, 1888, 5" session, p. 358. — Tuberculose hépatique et périhépatique. Hépalotomie (Mémoires du Congrès français pour Vétude de la tuberculose. Paris, 188'J), 1" fascicule, p. 20i. — Cadet de GASSicounT, Ihdl. de la Soc. méd. des hop., séance du 10 déc. 1880. — Gombault et Breda, Abcès aréolaire tuberculeux du foie. Bull, de la Soc. anat., 1887, p. 737. — Caussade, Cas de périhépatile tuberculeuse suppurée (c'est la quatrième observation de la première communication de Lannelongue). Bévue des maladies de l'enfance, 1887, p. 550. — E. Canniot, De la résection du bord inférieur du thorax pour aborder la face convexe du foie. Thèse de Paris, 1891. — Charcot et Bouchard. Traité de médecine, t. III. — Debove et Achard, Manuel de incdeeine, t. VI. — Graxcher, Comby et Marf.\n, Traité des maladies de Venfance, t. III, p. 185.

(') Oromi, Quelques réflexions sur n?i cas d'héjmtile suppurée. Thèse de Montpellier, 1880. (-) Chauvel, Arch. gén. de méd., 1890, p. 5.

ABCÈS TUBERCULEUX DU FOIE. lO'il

Rilliel et Barthez (') ont nettement vu la tuberculose péri hépatique, el plusieurs auteurs tels que I)Oulland (*), Jaccoud (') et Deschamps ('•) ont publié des autopsies de suppurations périhépatiques tuberculeuses; mais l'histoire clinique et chirurg-icale des abcès tuberculeux du foie ne commence qu'avec les travaux de Lannelongue, dont les communications résument tout ce que nous savons sur ce nouveau chapitre de la chirurgie du foie.

Les abcès tuberculeux du foie s'observent surtout chez les enfants et comprennent deux variétés : Les abcès intrahépatiques et les abcès périhépatiques.

Les lésions intrahépatiques résultant de la présence de granulations tuberculeuses ont été déjà décrits par quelques auteurs, et les recherches de Brissaud et Toupet, de Ziegler (1867), d'Hanot, de Lauth (») et de Pilliet («) ont établi que les bacilles pénétrant au sein du parenchyme hépatique par la voie porte déterminent une irritation qui se traduit par la formation du tissu scléreux et la dégénérescence graisseuse des lobules. Mais ce ne sont point là des lésions suppuratives, et Lannelongue est bien le premier auteur qui ait appelé Tattention sur les abcès tuberculeux proprement dits du parenchyme hépatique aussi bien que sur le lien de continuité de ces lésions intrahépatiques avec celles de la périphérie du foie. Les trois autopsies, dont il a donné la relation à la première session du Congrès pour l'étude de la tuberculose, établissent nettement que la tuberculose hépatique peut se montrer « sous forme d infdtration étendue {hépatilQ caséeuse) et d'ulcérations caverneuses constituant de véritables abcès parenfJiymateux ». Leur évolution est conforme à celle de toutes les collections intrahépatiques. Ils gagnent la périphérie de l'organe pour y provoquer une couche de péritonite adhésive au sein de laquelle « les fongosités s'étalent bientôt en membrane d'abcès tuberculeux ». Le plus souvent le travail se fait sous le rebord costal. L'abcès repose alors sur la face convexe et de là il peut, comme tous les abcès de môme siège, fuser vers des régions plus ou moins éloignées ou s'ouvrir dans les bronches. On voit que dans les cas de ce genre l'abcès périhépatique n'est qu'un prolongement du foyer hépatique proprement dit. Cliniquement, ces abcès tuberculeux intrahépatiques ne sont guère reconnaissables et la péritonite périhépatique ou mieux encore l'abcès périhépatique qui leur succèdent pourront seuls permettre de soupçonner leur existence. La connaissance de ces faits offre une importance qui ne saurait échapper et sur laquelle je vais revenir à propos du traitement des abcès périhépatiques.

Les abcès tuberculeux péril lépatiques sont parfois la première marque apparente de la tuberculose et sont en conséquence particulièrement justiciables de l'intervention chirurgicale. Ailleurs, ils caractérisent une étape plus avancée et déjà la tuberculose s'est révélée par d'autres manifestations. Un troisième groupe comprend les abcès qui apparaissent chez les sujets dont la constitution est déjà ruinée par les atteintes multiples de la tuberculose. Les foyers originels de ces abcès doivent être recherchés dans les couches profondes de la paroi abdominale, sur la face interne des dernières côtes (ostéite tuberculeuse primitive),

(') Rtlliet et Barthez, Traité des maladies des enfants, Paris, 1854. 2" édit., t. III, p. 782.

(-) BouLLAND, De la tuberculose du péritoine et des plèvres chez l'adulte. Thèse do Pari>. J8(w.

(^) Jaccoud, Clinique de la Pitié, 1885, p. 219-237.

(*) Deschamps, De la péritonite périhépatique enkystée. Thèse de Paris, 1885.

(^) Lauth, Thèse de Paris, 1888 (publiée sous l'inspiralion d'Hanoi).

(^) H. Pilliet, Étude d'histologie pathologique sur la ti'herculose expérimentale et spontanée du foie. Thèse de Paris, 1891.

[P. SESOND.-i

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