TRAITEMENT DE QUELQUES AUTRES ACCIDENTS
à rélranglement, si l'on s'en rapportait uniquement aux chifTres indiqués sur ce tableau; mais ce relevé d'accidents ne peut tenir compte des sujets qui ont succombé à l'étranglement sans avoir été opérés ; d'ailleurs, parmi les individus (pii y figurent, combien y en a-t-il qui étaient destines à avoir des accidents et même à y succomber par la suite? Nous savons en effet que la fréquence et la gravité de ceux-ci s'accroît d'une manière constante avec l'âge. La mortalité due aux accidents des hernies est donc bien plus élevée que celle qu'indique notre statistique, mais serait-elle dix fois plus forte, qu'elle serait en réalité peu de chose par rapport à la fréquence des hernies, et qu'elle pourrait devenir presque négligeable si l'opération était toujours faite à temps.
En résumé, les dangers auxquels exposent les hernies varient suivant la variété, le volume, l'ancienneté de la hernie: suivant l'âge, l'état de santé et les conditions sociales de celui qui la porte ; mais on peut affirmer que celles-ci sont plus nuisibles encore par l'infirmité qu'elles constituent, que par les chances cfe mort auxquelles elles exposent par leur étranglement.
TRAITEIVIENT DE OUELOUES AUTRES ACCIDENTS
De ces accidents, les uns simulent l'étranglement à tel point qu'il faut une observation minutieuse de tous leurs caractères pour reconnaître qu'ils s'écartent par quelques-uns d'entre eux des étranglements proprement dits. La seule thérapeutique à suivre, dans les cas de ce genre, est de pratiquer l'ouverture de la hernie, de rechercher et de supprimer la cause des phénomènes d'occlusion, que celle-ci réside dans un volvulus, dans un étranglement par bride siégeant dans le sac, dans une obstruction de l'intestin hernie par des matières fécales ou des corps étrangers, ou qu'il s'agisse enfin d'une perforation de l'intestin ayant donné lieu à une péritonite herniaire subite.
Quant aux accidents de péritonite herniaire proprement dite, tels qu'on les voit se développer dans des hernies intestinales très volumineuses et depuis longtemps irréductibles ou dans des épiplocèles pures, il convient d'en envisager le traitement à part, suivant qu'on se trouve en présence de l'un ou l'autre de ces cas.
Les accidents qui atteignent les hernies intestinales volumineuses, considérés comme liés à la péritonite herniaire par Malgaigne et ses élèves, ne sont qu'une des formes de l'étranglement à marche lente, ou tout au moins ils y conduisent. Il n'y a donc pas lieu de leur appliquer d'autres règles que celles qui régissent le traitement des hernies étranglées ordinaires; ici encore la réduction pratiquée le plus tôt possible est le seul but à poursuivre, par le taxis s'il est encore temps, ou par l'opération. Il ne faut pas méconnaître néanmoins que le pronostic de celte dernièi^e est beaucoup plus grave, dans les cas de ce genre, que lorsqu'il s'agit de hernies de petit ou de moyen volume. Aussi, en présence d'accidents peu pressants, à marche chronique, survenant chez des sujets très âgés ou affaiblis, dans une très grosse hernie depuis longtemps irréductible, conseillait-on autrefois de retarder l'intervention de quelques heures pour voir si les accidents ne s'amenderaient pas d'eux-mêmes: tem-
[P. BERGER J
porisalion toujours dangereuse et que, pour notre part, nous condamnons absolument.
Les accidents inflammatoires qui surviennent dans des hernies purement épiploïques pourraient être traités aussitôt par l'ouverture de la hernie, la résection de Fépiploon et la cure radicale, car Ton sait qu'ils laissent presque toujours à leur suite des adhérences de l'épiploon au sac et une irréductibilité totale ou partielle. Mais il est certain que l'opération pratiquée sur un sac herniaire rendu plus friable par l'inflammation, dont la cavité renferme un liquide que l'on peut considérer comme suspect, sur un épiploon enflammé et recouvert d'exsudats, présente une gravité plus grande. Il y a donc quelque avantage à la différer jusqu'au moment où. les phénomènes inflammatoires étant tombés, on peut la pratiquer dans des conditions normales. Chez les gens âgés ou faibles, chez ceux qui se refusent à l'opération, on pourrait, comme Trélat l'a conseillé, chercher à obtenir la résolution des adhérences et la réduction de l'épiploon par jne compression prolongée étaljlie sur la hernie au moyen d'une bande élastique appliquée par-dessus un appareil ouaté, compression à laquelle on ajoute le repos complet au lit, l'action de quelques purgatifs et, en fin de compte, une tentative dernière de taxis destinée à refouler l'épiploon dans le ventre. Mais l'emploi de ce traitement exige du temps, il est incertain dans ses résultats, et l'on fera mieux, lorsque aucune contre-indication ne viendra s'y opposer, de prévenir le retour si fréquent d'accidents de même ordre, par une cure radicale faite suivant les règles et en temps opportun.
Ajoutons, pour terminer, que s'il y avait le moindre doute qu'une anse d'intestin pût être cachée derrière l'épiploon, et que les accidents apparents de péritonite herniaire ne fussent qu'un étranglement latent, on devrait, sans nulle hésitation, traiter la hernie comme si elle était atteinte d'un étranglement véritable.