LÉSIONS TRAUMATIQUES DE L'ENCÉPHALE ET DES MÉNINGES
Revenanl à la formule que nous avons acceptée, quels sont les cas dans lesquels la contusion cérébrale se traduit par des phénomènes primitifs? C'est une question de siège.
Les travaux de Broca, les découvertes de ces dernières années sur les localisations cérébrales, et auxquels se rattachent les noms de Fritsch, Hitzig, Ferrier, Carvilleet Duret, Burdon Sanderson, Ilughlino-s Jackson, Charcof. etc., ont permis de diviser l'écorce cérébrale eu un certain nombre de déparlements, de fonctions différentes, dont la lésion se traduit par une sijmptomatologie toujours la même. Oue le foyerde la contusion cérébrale siège sur un de ces centres, dont nous déterminerons la situation exacte dans le chapitre consacré à la lopo- (jraphie cranio-cérébrale, et Ion jiourra constater des symptômes joHwîî^î/s, tels ([ue V aphasie (lésion de la circonvolution de Broca), une paralysie corticale, une hémiplégie faciale (lésions destructives au voisinage de la ligne rolandique).
Si la contusion est au premier degré, si ces centres sont exaltés, excités, au lieu d'être détruits, des phénomènes de contracture traduisent la lésion : contractures partielles des membres, des muscles de la face, des lèvres, de la langue, déviation des yeux, nystagmus, que Sanson avait déjà bien observé.
Ainsi donc ^jarrt///sze, convulsion, contracture localisées, manifesteront le siège de la lésion, dans la zone psycho-motrice, et traduiront même son degré : il est môme permis despérer, avec Duplay, que. dans queUiues années, grâce aux progrès qu'impriment à cette doctrine des localisations l'observation pathologicjue et l'expérimentation, on pourra faire le diagnostic certain et précis de la contusion de l'encéphale, dès son début, et dans la majorité des cas.
Le foyer de contusion j)eut siéger dans les ganglions centraux, intéresser la capsule interne ou externe, et donner lieu à un hémiplégie sensitive ou viotrice, dont le siège anatomique sera précisé.
Lu dehors de ces localisations de la contusion encéphalique donnant lieu à des phénomènes primitifs, l'attrition cérébrale ne peut être soupçonnée, jus- <pi'au quatrième ou cinquième jour, où éclatent des symptômes de méningoencépluditc (délire, convulsion, lièvre, ])aralysie, qui emportent le blessé); cette complication est due à la li-ansformation du foyer en abcès, et à la méningite consécutive.
Diagnostic. — Le diagnostic de la contusion encéphalique n'est jamais sinq)lc ; elle se compliquera toujours d'un état de commotion, qui en masque les symptômes. Il ne faut pas oublier que commotion et contusion sont engenilrées par la même cause génératrice; que leiu's lésions soutiens mêmes; (pi'un rien les séj)are, une rpiestion de degré et de siège du foyer de contusion.
On a cherché à faciliter le diagnostic de la contusion cérébrale, en s'aj^puyant sur l'examen oj)hthalm()sc()|)i(pu\ Tandis (pie les altérations du fond dt^ l'œil seraient nulles dans la commotion, dans la contusion, au contraire, on observerait de la congestion, de l'œdème de la pa|)iii(M)u de la rrliii(> (lioncjiul ('). Cesasserlions ont été contestées par Panas (•), cpii. av(>c Scbwaii). les croit liées
(') BoLciiL'T, Acnd. dos srioncos, l'2 Jiiillot IS7.").
(-) I'anas, Acadomio do inédooino, -1-1 févrior 1870. — ■< Tout ce qu'on ihmiI. afllrnior dans l'élal actiiol do nos ronnaissanros, r'osl f|uo la slaso imiiillairo iu(ii(|U(> la prosonro d'un ii<|uido ôpanché dans lo.s inéningos. ••
CONTUSION DE L'ENCEPIIALE. 509
à un épanclienicnl séreux ou sanguin dans la gaine du nerf optique, el non à une lésion de la masse cérébrale (Terrier).
L'irritation des nerfs de la dure-mère peut donner lieu, dans les Iraumatisnies du crâne, à des symptômes qui rappellent ceux de la contusion cérébrale.
L'irritation de la dure-mère entraîne des troubles rétlexes, moteurs, sensitifs. vasculaires (Marshall-IIall, Dalton, Carville et Duret). Duret et Bochefontaine ont même obtenu des mouvements de tel ou tel groupe musculaire, suivant qu'ils excitaient la dure-mère dans m partie antérieure (mouvements dans les paupières et les muscles de la l'ace), dans sa zone moyenne (oreille et cuir chevelu), ou dans sa partie postérieure (muscles sous-hyoïdiens et de la nuque).
« On voit quelquefois, dans les jours qui suivent un traumatisme cérébral, quelquefois dès le lendemain, apparaître des contractures : ces contractures siègent tantôt du môme côté que la lésion, tantôt du côté opposé; elles sont diffuses, et n'ont jamais la localisation des contractures qui apparaissent dans les traumatismes cérébraux. Il paraît résulter des expériences de Duret (résection d'une portion étemlue de la dure-mère, excitation de l'écorce sousjacente, les contractures généralisées ne surviennent plus), que les contractures sont bien ducs à l'excitation des nerfs de la dure-mère.... il existe quelques observations cliniques qui ne permettent plus de doute à cet égard. » (Duplay, Leçons sur les traumatismes cérébraux, p. 12.)
Traitement. — Il faut prévenir la méningo-encéphalite : une médication dérivative, des applications du froid sur la tète (vessie de glace), des sangsues appliquées aux apophyses mastoïdes, et remplacées au fur et à mesure, qu'elles se détachent, suivant la méthode de Sanson, trouvent ici leur application. Répétons, encore une fois, que le blessé doit garder le repos al)solu et être soustrait à toutes les causes d'excitation.
Y. Horsley {Congrès médical de Berlin, Amt. 1890) a pratiqué la trépanation dans le cas de contusion cérébrale : « Quelle soit récente, ancienne, ayant causé une cicatrice, qu'il existe une fracture et un enfoncement, la contusion expose à la paralysie, à l'épilepsie, à l'aliénation mentale : il faut, dans ces cas. ouvrir largement la dure-mère, déterger les caillots, et remettre la rondelle osseuse en place. »
Sur ô blessés atteints de contusion cérébrale et tréjKuiés. ^^ Ilorsley a ()l)tenu !2 réunions immédiates et a perdu un opéré de Shock.