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LÉSIONS TRAUMATIQUES DE L'EXGEPPIALE ET DES MÉNINGES

ration de la pulpe cérébrale sous-jacente), aux dépens de ses cavités et du li(juide céphalo-rachidien; c'est la compression cérébrale.

L'ischémie cérébrale, le tassement des éléments nerveux, le resserrement des cavités ventriculaires et le refoulement du liquide céphalo-rachidien, constituent un ensemble d'altérations fonctionnelles qui s'accompagnent de troubles variables, suivant le degré de la compression et le point sur lequel elle porte.

Historique. — La doctrine de la compression du cerveau et des accidents consécutifs, a été établie par J.-L. Petit et l'Académie de chirurgie. Elle fut d'abord acceptée sans conteste, et on la retrouve entière dans les ouvrages classiques du commencement de ce siècle. Elle eut bientôt à subir les assauts de Serres, de Desault, de Gama. INIalgaigne, se basant sur des expériences discutables, arriva à la nier. On attribua alors à la commotion, à la contusion cérébrale et à la méningo-encéphalite, l'ensemble des troubles produits par la compression cérébrale.

Une expérimentation mieux conduite, une connaissance plus approfondie des fonctions cérébrales, ont permis de conserver à la compression cérébrale sa place dans l'histoire des traumatismes de l'encéphale.

Panas, Duplay, Leyden, Pagenstecher, Dallon et Bochefonlaine n'ont pas peu contribué à cette réhahtlUation.

L'histoire de la compression cérébrale est entièrement liée à celle des épanchements sanguins intra-cràniens, mais comme on peut l'observer dans d'autres conditions (esquilles, tumeur cérébrale, corps étrangers, collections purulentes), il faut, à l'exemple de Duplay, décrire à part lanatomie et la physiologie pathologique de cette affection.

Pour saisir l'importance des déformations encéphaliques, consécutives à la compression cérébrale, il sufiit de? jeter les yeux sur les planches que ^L Duret a empruntées à Pagenstecher; siu' deux figures qui reproduisent des compressions exercées à la surface du cerveau d'un chien, par des injections de 3 à 4 centimètres de cire entre la dure-mère et les os, on peut voir une masse ovoïde de 1 centimètre d'épaisseur « diminuant de 1 centimètre la longueur du rayon qui part du point qu'elle occupe et qui va de la voiite à la base du crâne. Cette diminution est relativement considérable, car ce rayon sur le crâne d'un chien mesure à peine 4 à ') centimètres. Aussi trouve-l-on dans ces conditions, l'hémisphère cérébral très alfaissé, la cavité des ventricules est eiï'acée ; le bulbe aplati phis on moins sur la gouttière basilairc; l'artère basilaire et ses l)ranches sont elles-mêmes com})riniées. Dans ces conditions, la circvdation dans le bulbe est gênée, non-seulement parce que la tension intra-cràiu'enne s'est élevée par suite de la diminution de la capacité du crâne, mais encore, parce (jue le bulbe com|)rimé directement sur la goullièr(> liasihiire i-ecoit moins de sang ai'tériel » ('). (Duret, j). 'JOO.)

(') pour ([wc coH oxpri'icncos r('Mississoiit, il l'.iiil iiijcdcr ili's li(|iiiil»'s cn.-it.MilMhlos, rail"al>sor|tli«)ri de l'caii, dos li(|Mi(!os d'iiiio fail)l(" densité, iiijcclrs outre l'os cl la diiro-iiièiT, :\ (•lé réclloriiotil ()l)sorv(''o : il rsl pr()!)ai»lc (|uo ces li(|iiidos pénrlronl alors dans la circnlation f,'éiiôralc ])ar lo sinus lonfîilndinal siipcricnr, on j)ar lo sinus laloral. dont les parois se lionvonl rompues, ainsi (|u'a pu l»> coiislalor direclonionl M. Durol (p. "-Ih'.)). Toutefois les lifpiides «:oaf,Mdal)lcs, ou d'une ronsislanee sirupeuse (huile et rire fondue), sont diflieileincnl ahsorbables; aussi doivenl-ils iMre utilisés en injection, jtour t'iudier les elfels de la

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La conséquence immédiate de cette compression est la gène de la circulalion, l'anémie cérébrale; elle se révèle expérimentalement :

1" Par la diminution notable du sang- qui s'écoule par la jugulaire, aussitôt (jue la compression s'exerce; riiémodynamomètre appliqué dans le bout périphérique de cette même veine accuse par sa descente rapide une diminution notable de la pression dans le sang qui revient de la tôte pendant l'injection ;

2° Par la pression, qui augmente considérablement dans le système artériel et qui s'accompagne d'un ralentissement exceptionnel du pouls.

Il est d'un haut intérêt de rechercher non plus d'une façon générale, mais précise, quelle est la diminution de capacité du crâne probablement nécessaire chez Ihomme, pour déterminer des phénomènes de compression.

La capacité moyenne du crâne d'un Européen est de 15U0 centimètres cubes environ (Topinard). Or il résulte des recherches de Pagenstechcr que l'on peut diminuer la capacité du crâne, chez le chien, de 0,029 sans produire des phénomènes cérébraux. En appliquant ces résultats au crâne de Ihomme, on reconnaît qu'il est possible de diminuer sa capacité de 57,7 à i0,6 centimètres cubes en moyenne sans causer de troubles généraux cérébraux bulbaires.

Voici d'ailleurs le résumé des expériences de Pagenstechcr.

Un corps d'un volume de 57 à iO centimètres cubes introduit dans la cavité du crâne chez l'homme, entre la dure-mère et les os, ne donnerait lieu à aucun phénomène de compression; si lintroduction est brusque (Duret). surviennent des phénomènes de choc et des troubles vaso-réflexes consécutifs.

Un corps de 58 à 05 centimètres cubes produirait de la somnolence, de la dépression intellectuelle et de la faiblesse musculaire générale.

Un corps de volume de 07 à 72 centimètres cubes engendrerait du sopor et de la résolution générale.

Un corps de 105 à 112 centimètres cubes causerait du coma et la morl on quelques heures.

Symptômes. — Les phénomènes morbides que détermine la compression de l'encéphale, varient fatalement selon le siège, létendue et la nature du corps comprimant, selon que la compression est brusque ou lente, le cerveau s'habituant dans une certaine mesure aux pressions lentes.

Duplay range en deux groupes les symptômes de la compression cérébrale :

1° Les troubles cérébraux.

2" Les troubles bulbo-médullaires.

A. « Les troubles cérébraux, d'autant plus intenses que la pression est plus élevée, présentent plusieurs degrés. Au premier degré, correspondant à une compression faible, on observe une dépression des facultés intellectuelles, de la faiblesse musculaire, une perception moins nette des phénomènes sensoriels et sensitifs.

Le deuxième degré est marqué par de la somnolence, de la résolution musculaire, une obtusion de la sensibilité. Au troisième degré, le cerveau ne

compression cérébrale (Panas). Si Malgaigne a pu nier les graves conséquences de la compression cérébrale, c'est qu'il injectait, dans la cavité crânienne, de l'eau, laquelle, absorbée au fur et à mesure de sa iiénélration. ne pouvait produire des pbénciniènes de compression.

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