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TRAITEMENT DE LA SCOLIOSE

le bord de la table, de fa(:on à ce que la région lombaire et le baut du corps soient libres en debors de la table. La malade enroule ses bras autour du corps du chirurgien, et celui-ci imprime au tronc un mouvement dinclinaison latérale, tandis qu'avec la main, il exerce des pressions sur le point répondant à la convexité. On peut aussi opérer le redressement, en imprimant diverses attitudes au tronc ou au bassin, soit dans le décubitus dorsal, soit dans la station debout.

Quant à la méthode récemment préconisée par Fischer, et qui consiste, le sujet étant placé dans l'attitude horizontale, les pieds appuyés sur le sol, tandis que les coudes reposent sur une chaise, à faire supporter au point convexe du thorax des poids qui vont jusqu'à 00 et 80 kilogrammes, nous la repoussons comme trop brutale ('). Il est à craindre en efîet que, si l'on fait porter une surcharge, sur une colonne vertébrale dont tous les éléments, os. muscles et ligaments, ne présentent qu'une faible résistance, on aille directement contre le but, et que, en provoquant une fatigue trop grande, on ne facilite la tendance à l'exagération de la difTormité. Il faut donc, dans tous les exercices de redressement, procéder lentement et avec douceur; surtout, il faut allier aux tentatives de redressement passif, le redressement actif, en renforçant autant que possible les forces du sujet. L'important, en effet, n'est pas seulement de redresser la colonne vertébrale, mais encore de fournir aux malades des muscles qui leur permettent de maintenir le redressement obtenu.

De là, lutililc des exercices orthopédiques dans lesquels les muscles du malade entrent en jeu. Ces divers exercices ont leur point de départ dans la méthode suédoise, dite aussi méthode de Ling. Cette

méthode a pour point de départ une théorie de la scoliose qui, nous l'avons dit précédemment, ne saurait plus être admise aujourd'hui. Croyant au relâchement des muscles spinaux du côté répondant à la convexité du rachis. Ling conclut à la nécessité de fortifier ces muscles par l'exercice. La théorie est fausse, mais ses résultats sont bons. Aujourd'hui la plupart des orthopédistes sont d'accord à proclamer l'absolue nécessité des exercices orthopédiques dans le traitement de la scoliose, que quelques-uns d'entre eux, comme Bernard Roth, emploient à l'exclusion de tout appareil mécanique.

La gymnastique suédoise comprend un très grand nombre d'exercices; nous ne pouvons les énumérer tous ici; on les trouvera, du reste, décrits par Bouvier et P. Bouland dans le Dictionnaire encyclopédique {*). De même, pour les

(*) E. Fischer, Jiine neiœ Behaudliinç/smclhodc dcr seitlichen liiirlirjrals-l'erkriiinmunnen Berliner klin. Woclicnsrhrïft. n" 51», 1888. (*) Bouvier et P. Bouland, nrt. Hachis Dirl. enryri., [. I, 7>' série, jt. C.'"t.

FiG. -258.

Barre d'appui pour la suspension latérale.

exercices de Rolh, nous renvoyons au Traité d'orthopédie de Bradford el Lovelt (').

Nous recommanderons surtout les exercices de suspension au moyen des anneaux, de l'échelle orthopédique, les exercices de flexion et d'extension alternatives du tronc, les mains en avant, pendant lesquels le chirurgien soutient d'un côté le bassin, tandis qu'il exerce une pression soutenue sur la convexité du côté opposé. Les exercices recommandés par R.-H. Sayre, et dans lesquels le malade couché sur le ventre, le tronc dépassant la table sur laquelle il repose, croise les mains derrière la nuque et imprime au tronc des mouvements alternatifs de flexion el d'extension, nous semblent aussi des plus favorables pour fortifier les muscles du dos(^). Au reste, tous les exercices qui se pratiquent dans la situation horizontale, comme la natation, sont extrêmement favorables.

Un exercice d'une grande utilité est celui qui est décrit par Golding-Bird (■■) sous le nom d'exercice de la porte. Le malade se tient debout, les talons réunis, le dos appuyé à une porte ou à un mur. Il étend le tronc par un effort musculaire, autant que possible, en laissant la partie ])ostérieure de la tète a|)puyée contre la porte. En un mol, le malade s'appuie j)ar la tête et les épaules sur le plan situé derrière lui, au moyen d'une sorte de mouvement de reptation. Il atteint ainsi la position la plus élevée possible, les i)ieds restant a])puyés sur le sol. Les bras, qui jusque-là étaient pendants le long du corps, sont maintenant élevés.

., .,..„ A II." I>nis complètement étendus, ius(|u a ce (lue les mams

hiG. 2Jo9 — Appareil dcslinc ;i i A ' J i i

fnciiiicr le reciressemeiii du arrivent à se rejoindre au-dessus de la tète. Ensuite :Z^:^'::;::-Zf]ii^^ par un mouvement inverse, ils sont lentement rameiiiisson). Le inaiiide est nés sur Ics côtés du tronc, cl le malade relâchant son

adossé aux inoiilaiils de l'ap- ,, , . • ■ - i -i- i

pareil, et c.xécuie de larges systcmc musculau-c revient a la i)()sition de repos. mouvements respiratoires, Tout l'excrcice prend trente à (luarante secondes.

(Il même temps (pie des < -■ / ■ ■ • i

inouvcmcnis aiternaiifs dé- Après un courl repos, n est repele, el amsi de sude, lévaiion cl (rabaissement pendant cinti à (Hx minutes. M. (Jolding-Bird ajoute,

des bras. ' i n j '

et c'est là une })récaulioii doid nous nous sommes souvent bien trouvés, (piil es! parfois utile, pour assurer le nu)uvemeid rhylhmiipie dc^s bras, de faire tenir à la main un i)oids léger. L'exercice des haltères fait réj)ond au côté de la concavité, |)endanl (pie le malade

aiVaisse lui-même avec la main du côté opposé la saillie costale, ne saurait

être trop recommandé.

(1, ceinliire deslinee à maintenir le Irone appli(pi('' contre rai)|)areil et à liitlcr contre la lordose lombaire.

surloid avec le bras (pii

(') JJuADKonD Pt I-ovKT, A Trcnlise on orlhopcdir siirr/rry. New- York, iS'.K), p. 158.

(*) R.-H. SAvnE, Nrin-Vorlc mc.(l. Journ., 17 novcinhro l«SS, |). TmS.

{») GoLDlNO-Binn, Tlir trcat. of.icoliosi.i hy Sai/rc's mrih. (iHy's Ihisp. /«Vy;., [. XI, V, 18SS, p, 01,

traitemp:nt de la scoliose

• Pendant toute la durée des exercices, il est très important que le malade fasse de larges mouvements de respiration. Cette gymnastique respiratoire est favorable à la mobilisation des côtes et de la colonne verlébrale; elle est de nature aussi à pcrmellrc Famplialion du thorax affaissé au niveau de la concavité du rachis, en même temps qu'elle est fort utile au point de vue de la santé générale, chez les jeunes filles pâles et anémiques.

Nous n'avons pu donner ici qu'une idée générale des différents exercices

FiG. 2G0. — Plan incliné destiné à réaliser l'c-xlcnsion dans le décubitus liorizonlal.

orthopédiques, ou exercices de redressement, tant actifs que passifs, dont l'emploi est utile dans le traitement de la scoliose. Ce que nous en avons dit devra être complété par la lecture des dilïérents mémoires ou traités spéciaux que nous avons précédemment indiqués. Mais ce que nous tenons à bien préciser, c'est que le traitement par les exercices orthopédiques, tant actifs que passifs, nous semble la base fondamentale de tout traitement de la scoliose. Ce traitement doit être combiné avec l'emploi du repos dans la position horizontale, c'est-à-dire qu'après chaque séance d'exercices, la malade doit rester couchée pendant trois quarts d'heure ou une heure. Le plan incliné de Beely avec traction exercée sur la tcte et sous les aisselles nous paraît convenir très bien . à cette indication. On ne négligera pas, non plus, les divers moyens préventifs dont nous avons parlé précédemment, et qui ont trait au coucher des malades, aux attitudes prises pendant les heures de classe, etc. Quand il s'agit d'une scoliose lombaire primitive, il peut être utile, pour aider au redressement, de faire porter au malade, du côté correspondant h la convexité rachidicnne, un soulier plus élevé. De cette façon, on imprime à la colonne vertébrale une courbure en sens inverse de la courbure vicieuse. On arrive au même, résultat, en conseillant aux

malades, à l'exemple de Volkmann, de s'asseoir sur un siège oblique, la partie la plus élevée du siège répondant au côté de la convexité du rachis (voy. fig. 261). ,:...., .

FiG. 2G1. — Siège oblique de Volkmann.

Le traitement orthopédique sera utilement secondé par l'électrisalion des muscles et par les modificateurs généraux, au premier rang desquels il faut placer l'hydrothérapie. Quant aux corsets, dans les cas légers, de simples, corsets en coutil renforcés par des baleines et par des liges en acier au niveau des points répondant à la saillie costale nous semblent parfaitement suffisants. C'est seulement dans les cas graves, lorsqu'il existe une torsion très considérable de la colonne vertébrale, que les corsets orthopédiques trouvent leur place. Ils ont pour rôle de soutenir le tronc et de s'opposer, autant que possible, à l'aggravation de la dilTormité. Mais alors, il ne faut pas l'oublier, il s'agit bien plus d'un simple traitement palliatif que d'un, traitement vraiment curatif. : -

5" Thaitemext de la cyphose et de la lordose. — Les principes qui doivent diriger le traitement de ces deux difformités sont les mêmes que pour la scoliose. Tout d'abord les précautions hygiéniques trouvent encore ici leur place. Dans la cyphose, il sera de la plus haute importance de faire coucher les malades sur un plan horizontal bien résistant, de façon à corriger autant <jue possible la voussure dorsale. ^L Verneuil considérant, dans la cyphose, la voussure cervico-dorsale comme de nature parétique, recherche avant tout la restauration des muscles. Pour cela, il conseille des réfrigérations très courtes, au moyen de la douche ou du drap mouillé, des frictions stimulantes, l'électricité, et, par-dessus tout, la gymnastique physiologique. On insistera principalement sur les différents exercices qui ont pour but de porter en arrière la tête et les épaules, et de renforcer les muscles de la partie supérieure de la colonne vertébrale. De ce nombre sont l'exercice que nous avons décrit précédemment, et auquel Golding-Bird donne le nom d'exercice de la porte. Les exercices dans le décu])itus ventral conseillés par R.-H. Sayre, et qui consistent à faire des mouvements alternatifs de flexion et d'extension du tronc, tandis que le malade embrasse avec les mains la partie postérieure de la tête, sont encore particulièrement indiqués ici. On se trouvera bien également des exercices de flexion et d'extension, les bras en avant, faits dans l'altitude verticale. Le bûlon de gymnastique, l'appareil à traction de Larghiader, passés au-dessus de la tête, puis derrière les épaules, sont aussi très utiles en pareil cas. Dans les cas de cyphose très prononcée, (juand la colonne vertébrale est encore susceptible d'extension, on se trouvera bien de l'emploi du décubitus dorsal sur le plan incliné associé à l'extension continue.

Quant aux ceintures destinées à soutenir le rachis, elles sont de deux sortes: les unes, douées d'une force élastique, comme le corset de Duchenne (de Boulogne), ou plus simplement deux courroies élastiiiues croisées en X sur le dos, et embrassant les épaules (pi'clles attirent en arrière, suffisent dans les cas légers. Les autres, rigides, s'adressent aux cas de cyphose confirmée. Quel que soit l'appareil employé en pareil cas, il doit remplir les trois indications suivantes : 1" ramener les épaules et le haut du cori)s en arrière; 2" repousser la voussure dorsale en avant; 5" soutenir, à l'aide de tuteurs axillaires, le poids des parties supérieures du corps.

l);ins la lordose, le même traitement général doit être employé ; les exercices gynuiasliques dans lesquels la contraction des muscles de l'abdomen inler-

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vient sont utiles pour corriger la voussure lombaire. La gymnastique suédoise a imaginé dans ce but un grand nombre d'exercices (•).

Pendant la station, on peut employer des corsets munis de tuteurs latéraux avec crosses axillaires pour soutenir le poids des parties supérieures du corps. On a construit également des ceintures orthopédiques qui ont pour elTet, soit de repousser en avant la portion dorsale du rachis, soit de presser sur la partie antérieure du tronc pour redresser l'ensellure lombaire.

Dans les cas où il s'agit d'une lordose paralytique, le traitement général, les douches, le massage, l'élcctricilé, trouvent leur application. Duchenne (de Boulogne) a fait construire un corset à traction élastique destiné à venir en aide à ceux des muscles du rachis qui paraissent manquer de force.

(M \'oy. Bouvier et P. Bolland. arl. Hachis. Dict. encyclop., p. 555.

du tome III.

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