TRAITEMENT DE LA SCOLIOSE
à la fois contre l'inclinaison latérale de la colonne vertébrale, et contre le mouvement de torsion (').
Nous n'avons pas la prétention d'énumérer ici tous les appareils portatifs qui ont été successivement conseillés dans le traitement de la scoliose. Nous en avons dit assez pour montrer combien sont nombreux les principes auxquels ont obéi les chirurgiens orthopédistes. De l'extension réalisée dans le corset de Levacher, on est passé aux pressions latérales au moyen des pelottes dont sont pourvus bon nombre d'appareils, aux ceintures à levier, et enfin à la traction élastique fournie par le caoutchouc. Déjà le grand nombre d'appareils proposés successivement démontre qu'aucun d'entre eux ne réalise d'une manière complète et satisfaisante les indications auxquelles on se propose d'obéir. Aussi bon nombre d'orthopédistes ont-ils abandonné les corsets en tant qu'appareils de redressement, et ils se contentent de corsets qui, moulés sur la configuration extérieure du tronc, n'ont d'autre but que de soutenir la colonne vertébrale et de l'empêcher de reprendre son attitude vicieuse dans l'intervalle des séances de redressement. De ce nombre sont les corsets plâtrés dont nous avons déjà parlé; on peut employer aussi dans le même but les corsets en coutil convenablement renforcés par des baleines ou des lames en acier, et les corsets en cuir moulé.
Gomme modèle de corset en coutil, on peut citer le corset de Beely qui embrasse les crêtes iliaques et remonte par en haut jusqu'au niveau de la région mammaire; il est consolidé par des baleines, et sur les côtés, par des attelles latérales qui, répondant au milieu de la région axillaire, s'infléchissent au niveau des crêtes iliaques, et contournent en avant les épines iliaques antérieures et supérieures. A leur partie supérieure, ces attelles latérales portent des béquillons. Les deux attelles latérales sont reliées entre elles par des courroies dont les unes contournent l'abdomen, les autres la région des reins. Les corsets en cuir moulé sont, comme leur nom l'indique, modelés sur des moules en plâtre du tronc; ils sont renforcés par des attelles en acier, et munis de béquillons qui soutiennent les membres supérieurs.
2" Exercices orUiopédiques. — Ce sont eux qui nous paraissent mériter la première place dans le traitement de la scoliose. On peut les diviser en deux groupes, suivant que c'est le chirurgien qui s'efforce de procurer le redressement, le malade lui-même restant passif, ou bien selon qu'on fait appel à la contraction musculaire pour corriger l'attitude vicieuse. Du reste, les deux modes de redressement, actif et passif, peuvent être combinés dans certains exercices.
La suspension au moyen de l'appareil de Sayre, dont nous avons déjà parlé précédemment, constitue un premier exercice de redressement, qui pourra être actif ou passif, suivant que le sujet lui-même se soulèvera à l'aide des bras, ou que l'extension sera faite par le chirurgien. On a fait à la suspension, au moyen de l'appareil de Sayre, le reproche de ne donner qu'un résultat passager. A peine la suspension est-elle terminée, a-t-on dit, que le sujet reprend son attitude vicieuse. Certes, on ne peut attendre de la suspension
(•) H. \VoLFERM.\NN u. Carl lioKLE, L'ebcr Enlslehung und Bchdnd'.ung dcr seilhchen Riickgrals-Verkrummunrj. Slulli,'ai-l, 1890. ...
TR-XITL de CUIKLRGIK. — III. ^'^
qu'elle corrige brusquement les courbures vicieuses de la colonne vertébrale; mais il n'en est pas moins vrai que son usage répété tous les jours nous parait fort utile. Un autre mode de suspension est celui qui a été imaginé et décrit
par Lorenz sous le nom.de suspension latérale ('). L'appareil de Lorenz se compose d'un cylindre convenablement capitonné et supporté par deux montants latéraux.
La malade s'appuie sur le cylindre par le côté du corps répondant à la convexité de la courbure ; elle se maintient dans celte position à l'aide du bras correspondant enroulé autour du cylindre:
tandis qu'avec l'autre main, elle se retient à une poignée que termine une corde fixée à la partie inférieure de l'appareil. De cette manière, on exerce une pression directe sur la gibbosité costale, en même temps qu'on imprime à la colonne vertébrale une flexion en sens inverse de l'attitude vicieuse. Le chirurgien peut compléter le résultat, en exerçant des pressions graduées sur la partie antérieure du thorax, au niveau de la saillie formée par les côtes et les cartilages cos-
Fic. 2.i7. — A|ip!ireil du docteur Kirniisson, destiné à réaliser en même temps la suspension verticale et la pression sur la gibbosité.
AA', plaques destinées à tixer le bassin. — B, plaque c.\er(;anl la pression sur la gibbosité. — C, courroie reliant entre elles les deux épaules et les attirant en arriére pour lutter contre la cy- [diose.
taux, à l'extrémité du diamètre oblique répondant en arrière à la gibbosité dorsale. L'appareil construit par Lorenz est devenu le poiiil (le dépail d'iiii corlaiii nombre de modiiications dans le détail desquelles nous no pouvons entrer ici (*). Le redressement peut encore (Mrc fait par le chinu-gicn, sans qu'il soit nérossaire pour cela d'un appareil pailicidier. Le sujet est étendu sur une lable, la face dirigée en avant, le bassin alleignanl
(') I.(HtF:NZ, l'nllioliKjiv tnid Thrynjiic dcr ncitlichcn lii(i-l«ii'(ils-]'crlxrummii»qi'ti. \'ieniu* 18K6.
(*) Voy. LoHKNZ, Ueher Hiickfjrats-Verkrummungen. Heal. Kncyclupùdic, cl Hn.VDiOBD et LovETT, yl Irealise on orthopédie surgery. New-York, 1890, p. I7l>.