D. — LUXATIONS LN AVANT
Voici d'après Stimson leur bibliographie complète :
Evers. Monin. Guyot. Willlingor, cités par Strkibel, Pnii/rr l'irrleljalirsrlmft, ISM), II, |t. 57, et par Malgaignk, Loc. rll.. p. 020. — Giiorrc, rapporlé par Pinoaid. Dict. cncycL, l-^' série, t. XXI.p. 70S. — Chape!, rapporté par Malhaigni:, Lor. cil., p. 017, jjour une luxalion en dehors. — Colson, Leva, rapporlé par Debrlvn, Ann. de lu cliir. fraur. et étrangère, 1X45, t. IX, p. 44 et 45, et par STnEuntL. — Riciiet, Arrh. fjétiér., 1S")<), t. VI. p. 472. — PmoR, Lanret, 1844, II. p. 500. — Ancelox, Union médic, 1859, t. III. \). 504. — Canton, Dublin ined. Journ.. 1800, II, p. 24. — Secrestan, Gazette des Mpit., ISOO, p. 598. — Caissin, Union médicale, 1801, l. XI, p. 473, et Bull, de la Soc. rfî chir., 1801. t. II. p. 451. - Hicmet, Bull, de la Soc. de citirur., 1858. t. IX, j). 110. — Morel-Lavallée, Ideni, p. 107. — Creenaway. rapjtorlé par IIutciunson, Med. Times and Gaz.. 1800, I, p. 40i». — Eanomore. analysé dans Xcii.'-Yorlx med. Record, 1807, l. II, p. 10. — Ri(;Ari>, />'»<//. de la Sue. anat.. 1S70. p. 15. — Date, Lanccl, 187-.'. II. ]>. 597. - Mons, Dealsrln' milit. /eilsrhrift. 1877. p. iOl : rappoi-té par Voiyaor. Loc. cit.. p. 951. — K\\ii\\.i:\s. Deutsche Chir.. I.ief. X.W'l, |i. 50.
Admise par llippocrale. la luxation du coudt" en a\aii[ fui considérée par .I.-L. Pclil comme imj)ossil)le sans fracture de rolécràu<\ Cependant Colson |)rr(\ (Ml IS18, eut l'occasion d'observer une luxation en avant sans cette complicalion: depuis lors les observations seniblabh^s se sont multipliées et Slimsdii <'ii a pu réunir t*!) exemples.
Anatomie pathologique. — Les os de l'avanl-bras luxé eu avaul p<Mivenl o((ii|ii'i- (jriix |)((>ili()iis : il v a donc deux degrés dans le dé|daceni(Mil .
Dans le premier degré, luxation dite iiieomplèle. l'oliM-ràue appuie pai" sa l'a('e supérieure sur la parlie la plus déelixc (l(> la lro<dilée; il est maintenu au bout de l'humérus |)ar la tension éipulibrée du lrieej)s, du brachial antérieur et du biceps (I)euueé). Au seeoud degré, les os de l'avanl-bi'as che-
(') Desprès. Bail, de la Soc. de chir.. ISS8, p. 510.
FiG. 63. — Luxation incomplète du coude en avant.
A, trochlée. — A', condyle de l'humérus. — B, olécrâne.
— C, tète radiale.
vauchent plus OU moins sur l'humérus. La face postérieure de l'olécrâne répond à la fossette coronoïdienne ou à la gorge qui sépare la trochlée du condyle ; le bord postérieur de la tête radiale appuie contre l'humérus. Tous les ligaments sont rompus, les muscles qui environnent la jointure sont largement déchirés, mais les faisceaux tendineux, épicondyliens échappent partiellement aux efl'cls de la violence.
Étiologie et mécanisme. — Cette luxation se rencontre chez les jeunes gens de six à vingt ans. Elle succède ordinairement à une chute sur la partie postérieure du coude fléchi, ou à un choc direct sur la partie postérieure de l'olécrâne . Mais dans ce dernier cas la violence est terrible comme dans le fait de James Prior. « Un homme était occupé à soulever avec un cric un poids considérable : la rupture de la chaîne fait dérouler le tour, et le manche vient frapper si violemment le coude à la partie postérieure, que l'épiphyse humérale passe au travers des téguments en arrière, en même temps que l'avant-bras est chassé en avant. »
Le mécanisme le plus généralement accepté, proposé par De Bruyn, Malgaigne, etc., est le suivant : dans la flexion forcée de l'avant-bras sur le bras, les saillies osseuses ne font aucun obstacle au déplacement en avant, et dans cette position un coup, une chute portant sur l'olécrâne chasse l'avant-bras en avant. Colson fils pensait que la luxation se produisait lorsque le membre étant dans la flexion forcée, on imprimait à l'avant-bras un mouvement combiné d'inflexion latérale externe et de torsion de dehors en dedans. Ce mouvement ayant pour effet d'incliner en dedans le crochet cubital et de faire passer d'arrière en avant la face externe plane de l'olécrâne sous la trochlée, amènerait le sommet de l'olécrâne audevant de la trochlée par une sorte de mouvement de spirale.
Pingaud admet que la luxation peut non seulement se produire par ces différents mécanismes, mais encore par l'hyperextension accompagnée d'une violente flexion latérale externe. L'hyperextension rompt les ligaments internes, amène l'écartement des surfaces articulaires en dedans, tandis qu'une violente inflexion latérale externe transporte le crochet sigmoïdien au-dessous, puis au-devant de la trochlée.
Quelquefois en cfl'et, mais rarement, cette luxation a été observée à la suite de chutes sur la paume de la main, le membre étant étendu au-devant du corps; mais personne n'admet plus aujourd'hui, comme le voulait Denucé, que la luxation du coude en avant puisse se produire par un mouvemeni d'extension forcée, pur et simple, à moins qu'il n'y ait en même temps fracture de l'olécrâne.
Symptômes. — Les deux degrés de la luxation en avant ont des symptômes absolument ditférents.
Le premier degré (luxation incomplète) est caractérisé par l'allongement du
TRAITÉ DE CHIRURflIi;. — III. H
inoml)rp (il est augmonlé de toute la loni:;ueur de roléonîne), et par un «^franglemcnt circulaire au-dessous des tubérosilés humorales. L'avant-bras peut du reste être étendu sur le bras ou légèrement fléchi, conserver une certaine lixité. ou i)résenter une mobilité exagérée en tous sens comme un membre de polichinelle (Guyot). La palpation permet de reconnaître en arrière la fosse olécranienne vide, et de sentir en avant deux saillies formées, lune par la tète radiale, Taulre par l'apophyse coronoïde.
Dans le deuxième degré (luxation complète), l'altitude du membre n'a encore rien de fixe, l'avant-bras est demi-fléchi ou étendu, le membre est raccourci. En avant, au niveau du coude, on constate une déformation considérable lavant-bras paraît allongé et le bras raccourci. En arrière, c'est l'inverse, le bras paraît allongé, l'avant-bras raccourci.
La palpation fait suivre et reconnaître en arrière l'extrémité inférieure de Ihumérus avec toutes ses inégalités. En avant, on découvre au-dessus du pli <lu coude une tumeur dure, inégale, formée par lextrémilé supérieure du cubitus, et en dehors, el plus bas, la tête du radius.
Les complications de la luxation en avant sont : la fracture de lolécrAne (Richet, Velpeau, A. Guérin, Guerre), celle de lolécrane et de la coronoïde (Morel Lavallée), celle de lépitrochlée (Fergusson, Date).
La déchirure des téguments et l'ouverture delà cavité articulaire qui existait dans le cas de James Prior, est exceptionnelle.
Traitement. — Les manœuvres employées pour la réduction de la luxation au premier degré (incomplète) sont très simples et ont toujours facilement réussi; le mieux est, selon Malgaigne, de saisir le bras de la main gauche, l'avant-bras de la droite, le pouce appliqué en avant sur lolécrane, puis à opérer doucement la flexion en repoussant cette apophyse en bas et en arrière.
Pour la luxation au deuxième degré, beaucoup plus difficile à réduire que la précédente, le chirurgien fléchit l'avant-bras, l'embrasse de ses deux mains un peu au-dessous du coude et l'attire en bas et en arrière, tandis qu'il fait maintenir l'humérus fixe par des aides.