‹ Traité de chirurgie (volume 4)Chapitre 29 sur 162 · LUXATIONS EN DEDANS · texte numérisé non relu

LUXATIONS EN DEDANS

de la trochlée. Le bord interne de celle dernière pénèlre comme un coin entre le

cubitus et le radius en dilacéranl par conséquent le ligament annulaire (fig. (il).

Cette déchirure du ligament annulaire explicjue comment la tète du radius

c.oaue:inc i,\

FiG. 61. — Luxation du coude en dedans.

A, épiU'Ochlée encadrée par le crochet cubital. — IL ligament annulaire refoulé par le bord interne de la trochlée qui s'enfonce entre le radius et le cubitus. (Pièce de Jollivel. Musée Dupuytren.)

peut quelquefois faire saillie en dessous et en arrière de la trochlée pendant que la cavité sigmoïde encadre l'épitrochlée. Lorsque le ligament annulaire n'est pas déchiré et que le crochet cujjital encadre l'épitrochlée, la tête du radius vient se placer forcément en avant du bord externe de la trochlée. Alorsle coude étant demi-fléchi, la tète du radius fait saillie en avant, au pli du coude.

Ces deux positions correspondent aux deux variétés de luxations en dedans primitivement décrites par Denucé, la variété radio-antérieure et la variété radiopostérieure. Bien que cette dernière ne soit pas admise par Pingaud, la pièce de Jollivet nous parait la rendre incontestable.

Symptômes. — Le coude est légèrement fléchi; l'avant-bras, en pronation ou en supination, est transporté en dedans. Il est impossible de sentir la saillie de l'épitrochlée.

Par la palpation on peut reconnaître

facilement la cavité sigmoïde faisant re-

Fk;. i\i. — La figure supérieure représente iii.xation en arrière et en dedans: la ligu inférieure, la lu.valion en dedans.

lief en dedans et soulevant les muscles épilrochléens, de telle façon que lépitrochlée est masquée.

L'épicondyle, facilement accessible, forme relief en dehors. Au-dessous du condyle est une dépression laissée par le déplacement du radius en dedans. Le diamètre transversal du coude est à peine augmenté. Enfin il n'y a à la face postérieure du coude aucune déformation rappelant celle de la luxation m arrière; les faces postérieures du l)ras et de l'avant-bras se rencontrent à angle droit. (Comparez les deux figures O'J.)

Traitement. — Dans les cas récents, on a obtenu facilement la réduction, grâce à des tractions exercées sur le bras étendu, en même temps le chirurgien repoussait les os de l'avant-bras de dedans en dehors.

Théoriquement, on a conseillé d'exercer des tractions sur l'avant-bras et en même temps de lui imprimer un mouvement d'inflexion latérale. Théoriquement encore, Pingaud engage à transformer d'aljord la luxation en dedans en une luxation en dedans et en arrière, et à réduire ensuite cette dernière. Desprès ('). (pii (l(Mnièrement encore a essayé de suivre celte méthode, a complètement échoué.

Du reste, il est rare, daprès Sprengel. d'obtenir un résultat lorsque la luxation a eu quelque durée. Sur quatre cas, une seule fois la réduction aurait été obtenue après huit semaines.

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