COMMOTION DE L'ENCÉPHALE
Pour M. Durel, la commotion cérébrale est produile par le choc céphalo-racliidien, sur le plancher du A" ventricule, dans sa portion bulbaire.
En efl'et, d'expériences très bien conduites, il conclut que sous liulluence de la pression considérable subitement exercée à la surface des hémisphères cérébraux, le liquide céphalo-rachidien contenu dans les ventricules latéraux est chassé rapidement, à travers Faqueduc de Sylvius dilaté et déchiré, dans le 4*^ ventricule, et que celui-ci, distendu outre mesure et ne présentant à cette invasion liquide qu'un orifice d'écoulement trop petit, éclate.
Or ce ¥ ventricule, dans sa portion bulbaire, est le centre de la vie cardiaque et pulmonaire ; c'est là que se trouvent les noyaux d'origine du nerf pneumo-cardio-gastrique, et que sont contenues les fibres qui mettent en relation les centres intellectuels avec le monde extérieur.
Duret ayant produit ces lésions bulbaires par linjection d'un liquide coagulable à la surface d'un hémisphère, il fallait démontrer leur possibilité à la suite des Iraumatismes sur la calotte crânienne.
Le crâne étant dépressible et élastique, comme nous l'avons établi déjà, il se produit au point percuté un cône de dépression, tandis qu'à l'extrémité opposée de l'axe de percussion, il se produit un cône de soulèvement.
Cette pression osseuse se transmettant à l'encéphale, qui est incompressible,, a pour etTet de produire un excès de tension du liquide céphalo-racJndien, de le déplacer, de le refouler de la périphérie de l'encéphale vers la fente de Bichat, les ventricules latéraux, et par l'aqueduc de Sylvius, vers le A" ventricule et le canal central de la moelle, qui sont des voies naturelles de dégagement.
Les lésions produites par le refoulement du liquide cépiialo-rachidien, ne sont autres que celles de la contusion cérébrale (déchirure des capillaires, allant depuis l'état sablé, les foyers miliaires, jusqu'aux foyers hémorrhagiques à la surface et dans l'épaisseur de la substance cérébrale (surtout l)ulbaire) : l'intensité du choc commande le degré des lésions.
Les foyers de contusion cérébrale siègent dans des points déterminés; on les trouve au cône de dépression, au cône de soulèvement, puis, sous l'influence DU FLOT DE PERCussiox qui fait irruption dans le A^ ventricule, il se produit des foyers hémorrhagiques à la surface et dans l'épaisseur du jjulbe.
Pour rendre irréfutable cette doctrine du mécanisme de la commotion cérébrale, il faiblit démontrer que les symptômes cliniques de la commotion se trouvent en correspondance exacte avec les lésions observées; cette relation étroite a pu être établie pour la perte des fonctions de l'encéphale, pour les troubles de l'intellect, des mouvements, de la sensibilité, l'arrêt brusque du pouls, de la respiration, les troubles de la calorification, etc. ; mais cette démonstration d'ordre essentiellement physiologique ne saurait trouver place ici (voy. Duplay, Leçons sur les Iraumatismes cérébraux, p. 0 et 10).
Traitement. — Les indications du traitement varient suivant le degré de la commotion encéphalique. Dans la forme légère, le retour à la santé s'elTcctue rapidement et spontanément, mais il faut soumettre le blessé, pendant les jours qui suivent, à un isolement et à un repos phy.^ique et cérébral absolus; sans ces