LÉSIONS TRAUMATIQUES DE L'EXGÉPHALK ET DES MÉNINGES
qu'ils prennent pour le leur; les aulres jettent à terre un objet qu'ils croient placer sur un meuble.
« Quelques l)lessés, ayant recouvré à peu près complrlement l'inléi^rité de leurs fonctions, conservent de la céphalalgie ou éprouvent, dès qu'ils sont debout, ou qu'ils se penchent en avant, des vertiges, des étourdissements tels qu'ils sont sur le point de tomber. Quelques-uns conservent une faiblesse musculaire qui ne cesse qu'au bout d'un temps assez long.
« Mais ce sont principalement les facultés intellectuelles qui présentent les troubles les plus persistants et les plus variés. La plupart des malades n'ont pas gardé la mémoire de leur accident; quelques-uns ont perdu complètement la mémoire d'une langue étrangère, ou de certains noms qu'ils remplacent par d'autres, sans s'en apercevoir. D'autres, semblables aux vieillards, ne se rappellent que les faits récents, ou ceux qui se sont passés dans leur enfance. Toutefois, on doit admettre que, à moins de complications, le refour à l'intégrité de l'intelligence est de règle pour la commotion cérébrale » (Duplay, Traité (le paUi. externe, t. III, p. 494, 495 et 495.)
Diagnostic. — (Voy. Le diagnostic des fractures du crâne, de la contusion, de la compression cérébrale.)
Anatomie et physiologie pathologique de la commotion cérébrale. - Lincerlilude qui a régné longtemps au sujcl de la pathogénie de la commotion cérébrale provient de la rareté des autopsies, du défaut de nos connaissances de physiologie cérébrale, permettant de rattacher le symptôme à la lésion. Les traumalismes cérébraux sont le plus souvent associés, et pas l)lus en clinique que dans l'expérimentation, le type de la commotion ne se présente à l'état de pureté : de là encore, des difficidlés ([ue n'avaient pu démêler les nombreux expérimentateurs, jusqu'au jour où notre distingué compatriote Duret a substitué à toutes les hypothèses émises, une doctrine basée sur l'étude de la physiologie pathologique de l'encéphale, par l'observalion et l'expérimentation.
Avant d'exposer en détail les travaux de Duret sur ce sujet, il est bon de rappeler, sous une forme concise, les nombreuses théories régnantes jusqu'à ce jour sur le mécanisme de la commotion cérébrale; on peut les classer sous cin([ chefs :
1. Théorie du tassement du cerveau (Liilre), de Vébranlonent moléculaire (Gama), rééditée par W. Kock et W. Filehne (.lrr///i\ /'/(/• A//n. Chirurgie, I. XVII, '2% f. 190), (pii attribuent les phénoiuèncs de la conunolion à rébranlcment direct de tous les centres encépliali(pies, i)roduisant la diminution et la suspension de toutes les fonctions du cerveau.
2. Théorie de hi contusion cérébrale (apoplexie capillaire). (Hlandin, Sanson, Xélaton. C.hassaignac). Lpanchements de la base du cerveau (Fano), et autour du l)uli)e.
Ti. 'i'liéori(; de la compression passagère du cerveau (Stromeyer).
4. Théorie des troubles vasculaires, {anémie artérielle) suivie d'une stase veineuse (Fischer, Kœnig) ; ischémie subilr di' l;i lol.ililé ou d'une parli(> du cerveau (Follin et Duplay).
r». Théorie de Vhémorrhagie racliidicnne (Deville).