‹ Traité de chirurgie (volume 5)Chapitre 111 sur 235 · D. — RÉTRÉCISSEMENTS · texte numérisé non relu

D. — RÉTRÉCISSEMENTS

V occlusion pav rétrécis>:e)y2C)>t simple de l'intestin est plus rare que l'occlusion par ccoicpy.

1" Rétrécissement simple. — On rencontre quelquefois un rétrécissement d'origine congénitale ; il siège alors à la fin de l'iléon et porte sur les trois tuniques de l'intestin.

Les rétrécissements acquis sont des rétrécissements cicatriciels, fibreux; ils occupent la muqueuse et le tissu sous-muqueux.

Quelques-uns sont consécutifs à un traumatisme, ou bien à un étranglement herniaire.

Toutes les affections ulcéreuses de l'intestin sont capables de donner naissance à un rétrécissement : les entérites chroniques, catarrhales ou d'origine stercorale, celles-ci affectant surtout le gros intestin ; la fièvre typhoïde, par les ulcérations qu'elle détermine sur la fin de l'intestin grêle; la dysenterie, dont les lésions sont presque spéciales au gros intestin. On pourrait aussi, d'après Ashurst(''), rencontrer tlans l'intestin grêle des rétrécissements d'origine syphilitique. Enfin, un certain nombre de rétrécissements paraissent être de nature tuberculeuse : Czerny ('*) a pratiqué 5 opérations de résection intestinale, pour rétrécissement tuberculeux de la région iléo-c;ecale; Darier (^) a communiqué à la Société anatomique une observation, dans laquelle il y avait 8 rétré-

(') Campenon, Soc. an;it., l")jiiii) 1S!)0.

(-) TiiiuiEnoE, Tlièse de Paris, 1S84, p. 7i.

p) .\snunsT, Ennjcl. intern. de chir., t. ^'I. p. ô77

(*) (",zi:hny, Deutsche med. Wochensrhrifl, 1889, n° 45.

(S) Dahier, Soc. anat., 18 avril 1890.

OCCLUSION PAR OBSTACLE MÉCANIQUE. /i49

cissenients, échelonnés, et formés d'une bride sous-muqueuse contenant des follicules tuberculeux. Handford, Rolleston ('), Ilofmokl, Billroth ('), ont rapporté des cas semblables à ceux de Czerny. Billroth, pour sa part, a réséqué t> fois le cjocum, pour lésions tuberculeuses s'accompagiianl de j)hénomènes d'occlusion; il a trouvé, en môme temps que des ulcérations de la muqueuse, des indurations épaisses d'un pouce, que le microscope seul a pu difl'ércncier du cancer, et qui avaient donné lieu aux mêmes symptômes et à la môme marche. Dans le cas d'IIofmokl, comme dans celui de Darier, la muqueuse n'était pas ulcérée, et la sténose était due à l'accumulation du tissu tuberculeux dans la couche sous-muqueuse. Dans le cas de llandlbrd, le tissu du rétrécissement était en voie de caséification.

Cancer. — Les rétrécissements cancéreux de l'intestin sont, le plus souvent, produits par l'épithéliome cylindrique de la muqueuse intestinale.

Ces néoplasmes peuvent se rencontrer sur toute la long-ueur de l'intestin, mais 90 fois pour 100, d'après Leichtenstern, ils occupent le gros intestin (y compris le rectum) (rectum, 80 ; côlon, 12 ; csecum, 4 ; intestin grêle, 4). Trêves, sur 45 cas de cancer intestinal en trouve 10 pour l'intestin grêle; 5 pour la valvule iléo-cœcale, et 28 pour le côlon (p. 285).

Le cancer du gros intestin a pour siège de prédilection l'angle des côlons ascendant et transverse, le côlon transverse, et l'angle que fait celui-ci avec le côlon descendant. Il est bien plus commun encore au niveau de VS iliaque.

Le cancer de l'intestin apparaît rarement sous forme de noyaux disséminés (5 fois sur 188 cas, Haussmann) (■"■), d'autres fois, il n'y a qu'un seul noyau, produisant une diminution latérale du calibre intestinal (15 faits, Haussmann). Il est exceptionnel que ces deux formes de cancer s'accompagnent de graves symptômes d'occlusion.

Dans l'immense majorité des cas, le néoplasme affecte une forme annulaire ou cylindrique, et la masse rigide rétrécit de plus en plus la lumière de l'intestin. Haussmann a relevé cette disposition dans 170 cas.

Le cancer de la région iléo-ca:^cale mérite une mention spéciale ; il a été bien étudié par Du Castel ('). II occupe la valvule ou son voisinage et peut rester limité au pourtour même de la valvule ou remonter, sur l'intestin grêle, dans une étendue qui ne dépasse pas 5 à 10 centimètres. Le mal paraît débuter, le plus souvent, par la valvule, qui perd sa souplesse; les deux lames, devenues rigides, sont séparées par une fente étroite; la formation du rétrécissement est rapide. A une période avancée de la maladie, l'ulcération peut détruire l'obstacle et laisser de nouveau libre passage aux matières. Pour peu que le mal ait duré quelque temps, il gagne de proche en proche les parties voisines : le cîecum s'indure et devient rigide, aussi bien que la fin de l'intestin grêle. Des adhérences s'établissent promptement; elles rendent très difficile l'opération de la résection iléo-cœcale.

(•) Rolleston, Soc. path. de Londres, 20 mai 1890.

(*) Billroth, Soc. imp. roy. de Vienne, 51 octobre 1890.

(5) H.\ussM.\NN, Thèse de Paris, 1882.

(*) Du Castel, Arch. génér. de méd., 1882, 7* série, t. CL, p. 20

kbO DE L OCCLUSION INTESTINALE.

Au-dessus de la portion rétrécie, qu'il s'agisse d'un rétrécissement ou d'un cancer, les altérations secondaires sont, à peu de chose près, identiques :

L'intestin se dilate et la paroi s'hyperlrophie. Immédiatement au-dessus de la sténose, on voit souvent une poche à parois minces, qui peut s'enflammer et s'ulcérer. Quelquefois, il se fait une fistule bimuqueuse ; dans d'autres circonstances, des adhérences s'établissent entre l'intestin rétréci et le péritoine pariétal, et le contenu de l'intestin peut arriver à l'extérieur, après avoir déterminé des accidents inflammatoires d'un diagnostic souvent très difficile.

Les sténoses intestinales donnent lieu, d'habitude, pendant un temps plus ou moins long, à des troubles d'occlusion chronique; puis, un jour, éclatent des symptômes d'occlusion aiguë, provoqués le plus souvent par l'engagement d'un corps étranger dans le point rétréci, ou bien par un spasme de la paroi intestinale. On peut voir aussi se produire l'étranglement par volvulus ou par invagination secondaires, ou bien par formation d'une coudure au niveau de la coarctation.

Quelques malades affectés de cancer de l'intestin, ne présentent pas de symptômes de rétrécissement, à proprement parler; cela dépend de la disposition du tissu néoplasique. Ils succombent alors à l'épuisement qui résulte de lentérite chronique ou de la cachexie cancéreuse.

Le cancer de l'intestin est, à peu près, aussi fréquent chez l'homme que chez la femme; Haussmann donne, comme proportion, 125 hommes et 119 femmes.

Au point de vue de l'âge, on peut dire qu'aucun âge n'est à l'abri, puisque, parmi les observations réunies par Haussmann, on voit 5 cas, de un an à cinq ans. Cependant, avant vingt ans et après soixante-dix ans, le cancer de l'intestin est, tout à fait, exceptionnel; son maximum de fréquence est entre trente et soixante ans.

Le rétrécissement simple paraît plus commun chez la femme que chez l'homme : sur 52 cas du relevé de Trêves, on voit 19 femmes et 15 hommes.

L'âge des sujets est, en général, moins avancé que pour le cancer, mais on ne peut rien étabhr de précis à cet égard.

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