C. — OJnURATIONS
Les corps étrangers de toute espèce, venus du dehors, introduits par l'anus ou avalés, peuvent obstruer, à un moment donné, le canal intestinal.
Rarement un corps étranger introduit par l'anus causera une occlusion complète; Studgaards, Verneuil en ont cependant publié chacun un cas. J'ai, moi-même, extrait par l'anus, chez un homme de soixante-cinq ans, une grosse bougie de cire, longue de 18 centimètres, qui était remontée jusque dans rS' iliaque et qui avait produit, depuis cinq jours, un arrêt complet des matières fécales.
Beaucoup plus fréquentes sont les occlusions par corps indigestes, avalés, et accumulés dans l'intestin, dans le gros intestin presque toujours : noyaux de cerises ou de prunes, fragments de carottes, etc.
Dans la grande majorité des cas, il s'agit d'obstruction par des corps formés dans l'économie : les calculs bilaires, les calculs intestinaux, mais surtout les matières fécales durcies.
Leichtenstern, sur H52 cas d'obstruction, a trouvé seulement '20 cas d'entérolithes : 5 femmes et 15 hommes.
Dans un travail récent, Alex. Gonzalès (-) a recueilli dans la science 67 cas d'obstruction intestinale par calculs biliaires, qui avaient pénétré dans l'intestin, le plus ordinairement par une fistule cystico-duodénale. A la séance du 15 janvier 1888 de la Société clinique de Londres (") Maclagan, Clutton, Broadbent, Ord, Barker, ont cité 7 observations de ce genre.
La plupart du temps, il s'agit de vieilles femmes.
Le calcul s'arrête presque toujours à la valvule iléo-ctecale ou dans son voisinage. Leichtenstern, sur 32 cas d'occlusion par calculs biliaires, a constaté que le calcul était 10 fois dans le duodénum et le jéjunum ; 5 fois, au milieu de l'iléon; 17 fois, à la partie inférieure de l'iléon. Trêves, d'après l'examen de 16 cas, arrive à des résultats très analogues {loc. cit., p. 326).
Le volume du calcul n'a pas besoin d'être excessif; sans doute, dans quel-
(«) Œttixger, BuU. de la Soc. anat., 1885, 4' ser., t. VIII, p. 28G. (*) Gonzalès, Thèse de Paris, 1886-1887. (') iSem. mcd., 25 janvier 1888, \). 51.
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qucs cas, ses dimensions sufliscnl à expliciuer l'arrèl coiiiplel des matières; Barker, par exemple, en a trouvé un, de JO centimètres de circonférence, dans la partie supérieure de l'iléon, et Campenon(') a extrait du jéjunum un calcul de G centimètres de long sur 5 centimètres de large; mais bien souvent il faut admettre rinlluence du spasme de linteslin se surajoutant à l'obstacle mécanique, et dans d'autres circonstances celle de la paralysie des éléments musculaires de la paroi intestinale.
Dans un cas de Ord, les pli(>nomèncs d'occlusion résultaient de l'enclavement du calcul dans le sphincter anal.
Les matières iecales durcies s'accumulent parfois dans le c;ecum, 1'^ iliaque, l'ampoule rectale, et provoquent des accidents d'occlusion. Dans la plupart de ces cas, il ne s'agit pas d'une simple obstruction mécanique, et l'on doit faire intervenir, comme cause déterminante de l'occlusion, une altération de la fibre musculaire produisant des troubles dynamiques dans le fonctionnement de l'intestin. En réalité comme le fait observer Thibierge (^), cette variété d'obstruction intestinale ne rentre pas tout à fait dans la classe des occlusions par obstacle mécanique, mais établit une sorte de transition entre ces dernières et les occlusions sans obstacle mécanique.