‹ Traité de chirurgie (volume 5)Chapitre 113 sur 235 · OCCLUSION SANS OBSTACLE MÉCANIQUE · texte numérisé non relu

OCCLUSION SANS OBSTACLE MÉCANIQUE

De môme, il n'est pas rare qu'une inflammation aiguë, circonscrite ou généralisée de la séreuse périlonéale, ne se traduise, cliniqucmenl, que par des phénomènes d'occlusion intestinale, aussi intenses et aussi comjjjcls (pie ceux qui s'observent dans les cas les plus francs d'étranglement interne. Il en est ainsi pour certaines péritonites par perforation, et en particulier par perforation de l'appendice iléo-ciecal. Je les étudierai dans un aulrc chapitre.

Les mômes remarques s'appliquent à quelques cas d'entérite aiguë, siuloiit à la typhlile et à la colite, lorsque les symptômes, habituels de la maladie intestinale n'existent pas, ou passent inaperçus au milieu des phénomènes les plus aigus de l'occlusion. L'entérite causée par l'exposition au froid, suiloul après un repas, lorsque les organes digestifs sont surpris en pleine acUvilé fonctionnelle, donne lieu, plus souvent qu'on ne le croit généralement à ces accidents, si embarrassants dans la pratique, et d'une palhogénic si obscure.

Gubler a nommé péritonisme l'ensemble des troubles profonds du système nerveux résultant de l'étranglement de l'intestin ou de l'inflammation du péritoine ; dans le pcritonisme, le rôle prépondérant semble dévolu à des phénomènes d'ordre paralytique, produits la plupart du temps par action réflexe : l'intestin paralysé n'est plus apte à se vider de son contenu ; il se laisse distendre, et, l'impossibilité de réagir augmentant avec la distension, l'arrêt des matières devient absolu. Duplay (') a objecté à cette théorie que, si l'intestin est paralysé, les mouvements antipéristaltiques doivent être abolis, aussi bien que les mouvements péristaltiques; or, dans les pseudo-étranglements, il y a des vomissements qui résultent de mouvements antipéristaltiques. Mais rien ne démontre que dans les cas d'occlusion sans obstacle mécanique, tout l'intestin soit paralysé ; on peut même constater le contraire : dans un cas de typhlite, avec colite, que j'ai observé, et dans lequel l'occlusion était si complète que nous pensions, Ch. Monod et moi, à un étranglement par volvulus ou par bride, il y avait des contractions intestinales très énergiques et très douloureuses pour le malade.

Il suffit, pour expliquer l'arrêt des matières, qu'un seul segment du tube intestinal soit atteint de paralysie.

D'autre part, on peut admettre que la distension amène un changement de position des anses intestinales, avec des inflexions et des coudures, qui les isolent les unes des autres, et qui créent un certain nombre de départements indépendants. Ce n'est pas là une simple vue de l'esprit; en effet, en pareil cas, si l'on ponctionne une de ces anses intestinales, les anses voisines ne se vident pas.

Quoi qu'il en soit de ces incertitudes pathogéniques, l'existence de l'occlusion sans obstacle mécanique est indiscutable, et la connaissance des faits de cette nature a acquis, en clinique, une importance de premier ordre.

(') Duplay, Arch. gén. de méd., 187G, t. XXVIII, p. 512.

Les manifestations symplomatiques et la marche de l'occlusion intestinale se présentent sous deux aspects bien distincts : tantôt, en effet, les accidents éclatent brusquement, au milieu d'une santé parfaite, et la maladie revêt, dès son début, un caractère de gravité extrême, qui s'accentue rapidement ; l'intervention doit être prompte, pour être efficace; c'est Vocclusion aiguë, nommée aussi étranglement mterne; tantôt, au contraire, les accidents se montrent d'une façon progressive, souvent irrégulière, l'évolution est lente, l'indication d'intervenir est moins urgente, c'est Vocclusion chronique, désignée aussi sous le nom d'obstruction intestinale.

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