‹ Traité de chirurgie (volume 5)Chapitre 158 sur 235 · A. — TRAITEMENT PALLIATIF. — BANDAGES · texte numérisé non relu

A. — TRAITEMENT PALLIATIF. — BANDAGES

On donne le nom de bandages aux appareils mécaniques destinés à contenir la hernie, c'est-à-dire à l'empêcher de sortir.

Depuis l'époque de Galien, on se servait, dans ce but, de pelotes maintenues en place par une ceinture en toile ou en cuir; Gordon le premier, en 1506, substitua la ceinture en fer, rigide, aux ceintures molles; Marc Gatf-

naria, cent ans après, puis Fabrice de liiklen reprirent cette idée; ce dernier fabriquait lui-môme des bandages on for très doux et flexible (|u'il adaptait sur les contours du bassin; il réglait la pression de la pelote que portail ce bandage, au moyen d'une vis. Le bandage de Fabrice de Ililden a été représenté en IGôO dans l'ouvrage de Malacliias Geiger.

Ce fut Nicolas Lequin, celui même qui a nommé par son nom l'étranglement herniaire, qui en 1665 proposa de substituer l'action élastique du ressort en acier à la pression rigide du fer; trente-sept ans de pratique lui permirent de démontrer la supériorité des bandages à ressort. Cette découverte, l'une des seules que nous ayons à noter dans l'histoire des bandages, et dont le chevalier de Blégny tenta de s'approprier le mérite, fut appliquée par Tiphaine, en 1761, à la construction des bandages doubles pour lesquels, à partir de cette époque, chaque pelote fut fixée sur un ressort distinct.

Jusqu'alors, dans toutes les variétés de bandages connus, la pelote avait toujours été fixe sur le ressort, celui-ci prenant son point d'appui sur la deraicirconférence du corps correspondant à la hernie. Salmon, mécanicien anglais, imagina ; 1" de rendre la pelote mobile sur le ressort, en les rattachant l'un à l'autre par une articulation mobile, à genou; '2" de placer le ressort de telle sorte qu'il embrassât la demi-circonférence du bassin opposée à la hernie; ô" de le laisser indépendant du corps sur lequel il ne vint prendre un point d'appui que par ses deux extrémités.

Le bandai/e anglais de Salmon, importé en France par Wickham, fut adopté et chaleureusement défendu par Malgaigne. Entre le vieux bandage, dit bandage français, et lui, sont venus depuis lors se placer un certain nombre de bandages mixtes qui prétendent réunir les avantages de l'un et de l'autre. Disons, dès à présent, qu'il n'est pas d'art appliqué à la chirurgie qui ait moins fait de progrès que celui de la construction des bandages, et qu'on pourrrait, sans trop d'injustice, appliquer à toutes les innovations qui s'y sont produites le mot cruel de Malgaigne : « En pareille matière, rien de ce qui est nouveau n'est bon, rien de ce qui est bon n'est nouveau. »

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