I. DES DIVERSES ESPECES DE BAND.VGES
a. Bandage français. — Il se compose d'un ressort en acier, embrassant la demi-circonférence du corps correspondant à la hernie, s'appuyant par toute sa surface concave sur cette demi-circonférence dont il épouse les conlours, et supportant la pelote qu'il maintient appliquée sur l'orifice herniaire par son élasticité. La pelote fait corps avec le ressort et ne jouit d'aucune mobilité. Pelote et ressort sont d'ailleurs enveloppés d'une garniture pour diminuer les inconvénients de leur contact avec la peau. L'extrémité postérieure du ressort se continue avec une courroie qui, contournant le côté opposé du corps, vient se rattacher à la pelote de manière à prévenir ses déplacements ; on cherche également à empêcher ceux-ci par l'adaptation de moyens de contention accessoires, entre autres de sous-cuisses. Telles sont les parties dont se compose un bandage français dont le bandage inguinal simple peut servir de type.
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I'' La pfhiti' osl forniéo (111110 substance molh;, non élastique, supportée |)ai' l'f'CWssoH, plaque métallique sur laquelle est rivée l'extrémité du ressort; c'est h la bourre de laine ou de criu, mieux encore à des rondelles superposées de mollelou allcrnant avec dos couches de laine cardée, (pi'il l'aul dormor la préférence; le tout est convenablement lassé, picjué et ontouiv d ihk! enveloppe en toile solide qu'on recouvre de peau chamoiséc ou glacée.
Les pelotes constituées de la sorte ofîrent une mollesse suffisante combinée avec la résistance nécessaire; mais avec le temps elles se déforment et s'altèrent au contact de la sueur; pour éviter cet inconvénient, on se servait autrefois de pelotes dures, pelotes en buis, en caoulchouc durci, on ivoire, en aluminium, mais coilos-ci exercent sur la peau une j)ression difficile à supporter; on n'y a g-uère recours ou Franco, et cependant nous voyons, en Ang-leterre, John ^^'ood préconiser encore l'usage do pelotes en vulcanite. Ouoi qu'il en soit,
lorsqu'on veut se servir de pelotes f,g. «6. — Bandage inguinal droit à pclole ovoloiic dures, il faut les façonner très exacte- Mécanisme pormcltanl de modilier à volonté lin- ' ... clinaison (k' la iiclotc sur le ressort.
mont sur la région, do manière à
prévenir la compression douloureuse de corlains organes ou dos saillies
osseuses.
Pour avoir une action élastique, souple et continue, on a eu recours à des pelotes en caoutchouc rempli d'air. Los reproches adressés autrefois au bandage de Cresson et Sanson, peuvent encore s'appliquer aux derniers modèles fabriqués avec ce type do pelote par un constructeur de Lyon; -les pelotes à Insufflation sont exposées à se perforer et dès lors le bandage est hors d'usage; (Tailleurs la pression qu'elles exercent est trop incertaine pour s'opposer à l'issue de hernies un peu difficiles à contenir.
Nous mentionnerons à peine les pelotes à disjjositifx rmvjilrxes ou pelotes à soufflet, dans lesquelles des ressorts courbes, disposés à la façon de ressorts de voiture, entre deux ou plusieurs plaques métalliques dont se compose la pelote, lui donnent une élasticité propre; ceux où un ressort en spirale, porté par lécusson, supporte lui-mome un bouton métallique qui appuie sur l'orifice herniaire ; le bandage rénixigrade, de Jalade Lafond, dont la pelote est formée de lames élastiques convexes; tous ces mécanismes coûteux, fragiles, sont d'une utilité très contestable. A plus forte raison n'y a-t-il rien à dire des pelotes soi-disant médicamenteuses, des pelotes dites électriques au moyen desquelles certains charlatans prétendent exercer une -action curative sur la hernie.
La forme de la pelote varie suivant l'espèce de la hernie et suivant les indications de chaque cas en particulier; généralement elles sont elliptiques ou ovalaires, mais il en est de circulaires, de triangulaires. Ces dernières présentent souvent un prolongement en bec de corbiu, destiné à arrêter la hernie lorsqu'elle sest échappée sous le bandage ; d'autres pelotes sont pourvues d'un mécanisme intérieur qui permet, au moyen d'une crémaillère, de couder
plus ou moins leur oxlréniilc inférieure sur leur partie supérieure, aiin d'en assurer radaplalion plus élroile au contour de lorilice herniaire.
Les coiii/ition>i auxcpielles doivent répondre la forme et la dimension de ; pelotes sont les suivantes : la pelote doit recouvrir la totalité de roriOce herniaire et dépasser ses bords en tous sens; quand la hernie est oblique, elle doit en même temps exercer sa pression sur toute l'étendue du trajet herniaire; mais il est faux de dire, avec Malgaigne, qu'il suffise pour bien contenir une hernie que le trajet herniaire soit comprimé par la pelote, la pression de cette dernière pouvant être annulée par la contraction musculaire de la paroi de l'abdomen ; il faut de toute nécessité que l'orifice herniaire soit aussi recouvert par la pelote.
Certaines pelotes sont échancrées en croissant ou en fer à cheval, pour éparg-ner quelque organe important voisin de la hernie, le testicule en ectopie, par exemple. Wood conseille de creuser tous les bandages ing-uinaux dune rainure destinée à loger le cordon spermatique.
Enfin, pour répondre à certains cas de contention difficile, on a pourvu parfois la pelote de prolongements digitiformes ou de pièces distinctes, inva- (/iiu(toire'<, sïntroduisant dans le trajet herniaire et maintenus dans cette situation par la pression du bandage. Cette variété de pelotes, difficile à supporter et qui a l'inconvénient de dilater le trajet herniaire, doit être réservée pour des cas tout à fait exceptionnels.
L'épai>ise}ir de la pelote doit être telle qu'en s'enfonçant dans les parties molles elle présente encore un relief insuffisant pour que la partie du ressort qui s'y rattache (collet) ne repose pas sur les téguments. Une pelote très épaisse augmente la force de pression du ressort, mais elle fait une saillie trop visible sous les vêtements; d'ailleurs elle se déforme plus rapidement à l'usage qu'une pelote mince. Il ne faut pas non plus que la pelote soit trop convexe, de peur que sa pression n'atrophie les parties qu'elle comprime, qu'elle ne dissocie et ne relâche les plans fibreux.
En général les pelotes un peu larges, peu épaisses, peu convexes et bien souples sont d'un meilleur usage et plus efficaces que les pelotes petites, très saillantes et dures.
2" Le ressort français est formé d'une lame d'acier trempé, arrondie en demi-cercle. Son extrémité postérieure ou queue, aplatie, prend point d'appui sur la région rachidienne ; son extrémité antérieure, ou collet, vient se river sur lécusson de la pelote. Le collet doit être la partie la plus solide du ressort; pour l'inspecter plus aisément on le laisse souvent à découvert; parfois il est constitué par une tige d'acier cylindrique {ressort à collet rond), disposition qui lui donne encore plus de résistance. Rien n'est plus difficile d'ailleurs que de connaître le degré de trempe qu'il faut donner à un ressort; si elle est insuffisante, le bandage se déforme; si elle est trop dure, il casse.
Dans la plupart des bandages (inguinaux et cruraux) le point d'appui de la queue sur la région dorsale étant situé dans un plan notablement plus élevé que le point d'application de la pelote, le ressort doit présenter une disposition en spirale et offrir par conséquent non seulement une courbure suivant ses faces, mais une ccnirhure suivant ses bords; de plus, comme la pression de la pelote doit s'effectuer normalement par rapport au plan de l'orifice herniaire.
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c'esl-à-diiv on arrière cl eu haut, il faut tlouuer au collet une courhure (.1' torsion grâce à laquelle le bord inférieur de la pelote soit porté plus en arrière que son bord supérieur; c'est ce qu'on appelle faire pinrrr lu prloic. Ces courbures seront calculées pour chaque cas particulier, suivant l'oblifpiilé du bassin, la direction du trajet, la situation de l'orifice herniaire; il en sera de même pour la courbure et l'amplitude plus ou moins grandes du ressort.
En règle générale, la longueur du ressort ne doit pas dépasser celle de la demi-circonférence du corps correspondante à la hernie. Pour obtenir une action plus puissante, certains constructeurs ont augmenté hors de toute proportion ces dimensions et leur ont assigné les trois quarts, les cinq dixièmes, et juscjuaux trente et un. trente-deuxième de la circonférence totale du corps (bandage Camper); le bandage en devient plus lourd, sans (pic sa pression en soit en général plus efficace.
On a cherché (Benno Schmidt) à donner une évaluation maliiémaliquc de la pression que le bandage doit exercer; on a même construit des inslrumcnts (Wood) pour la mesurer; ces tentatives ne paraissent pas destinées à entrer dans la pratique, la bonne contention d'une hernie étant plutôt une affaire de bonne adaptation de la ceinture au tronc, de bonne direction et de forme convenable données à la pelote, que de puissance mécanique à développer.
Un point plus important est de décider à quel niveau le ressort doit s'unir à l'écusson de la pelote : il conviendrait de l'y river au niveau du centre de résistance, c'est-à-dire au niveau du point où un seul doigt, appliqué sur la pelote, suffit à la maintenir en place (Malgaigne) et à empêcher la hernie de sortir quand le malade fait effort. Cette règle n'est presque jamais suivie dans la pratique et l'on fixe à tort le collet du ressort beaucoup plus près du bord supérieur que du bord inférieur de l'écusson. Les bandages qui présentent ce défaut ont une certaine tendance à basculer et à laisser filer la hernie au-dessous d'eux.
o*^ Accessoires. — Le ressort est entouré d'une garniture en peau; il se continue avec une patte percée de trous par lesquels celle-ci vient se fixer à un bouton situé sur la pelote. Cette patte de même que les sous-cuisses qui se portent de la pelote à la partie postérieure du bandage en passant dans le pli génito-crural, ne sont que des moyens de contention accessoires, destinés à empêcher le bandage de se déplacer dans les mouvements extrêmes, mais nullement à renforcer sa pression. Le sous-cuisse, nécessaire surtout poui" empêcher le bandage de remonter chez les gens qui ont le ventre plat, peut être parfois supprimé chez les sujets qui ont un ventre saillant, surtout lorsque la pelote a fait son nid, c'est-à-dire lorsqu'elle vient d'elle-même se placer au point où elle s'est creusé une sorte de dépression dans les parties molles. Pour certaines variétés de hernies difficiles à contenir, on adapte à la pelote, en général de forme triangulaire (pelote à bec de corbin, pelote auatomique). un sous-cuisse fixe, bien rembourré, qui, partant de la pointe que présente la pelote, croise obliquement la ligne médiane au périnée pour venir se rattacher sur le côté opposé du bandage ; nous reviendrons sur cette variété de bandages et sur son efficacité en parlant des hernies inguinales.
Chez les gens qui ont les fesses aplaties, le bassin relevé en avant, les trochanters peu saillants, surtout chez les cyphotiques, pour empêcher le ban-
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dage de tomber, il est souvent nécessaire de le maintenir avec des bretelles ou avec une ceinture.
Il est bon enfin d'entourer la pelote du bandage de housses en toile ou en calicot, qu'on peut changer à volonté ; on retarde par ce moyen l'altération trop rapide de la garniture par la sueur.
4" Baiiddyes imperméables. — Chez les jeunes enfants qui se mouillent sans cesse, il faut entourer le bandage, pelote et ressort, avec une enveloppe imperméable en tairelas ciré ou en caoutchouc; on a recouvert également les bandages avec un tissu imbibé d'huile siccative analogue à celui qui sert à construire les instruments dits en gomme; cette sorte de bandages imperméables m'a paru s'altérer plus vite que les précédents.
5" Bcuulayes doubles. — Le bandage français pour les hernies doubles est constitué suivant les mêmes principes quke le bandage simple ; il se compose de deux pelotes supportées par deux ressorts qui viennent aboutir à un
coussin dorsal sur lequel reposent leurs extrémités postérieures réunies par une patte. Dans la construction des bandages doubles on se conformera aux règles suivantes :
a. Jamais les deux pelotes ne doivent être supportées par un même ressort faisant le tour entier du F.G. fiT. - Bandage inguinal double. ^''0"^ ; certains baudagistcs pèchent
encore contre ce principe ;
b. Les pelotes doivent être choisies séparément pour chaque hernie, exactement comme s'il s'agissait de hernies appartenant à des sujets différents;
c. Il en sera de même de la force des ressorts, une hernie double étant souvent facile à contenir d'un côté, difficile de l'autre;
d. L'action des deux moitiés du bandage devra toujours être indépendante; on ne prendra jamais un point d'appui sur une des pelotes pour tirer, au moyen de courroies ou autrement, sur la pelote opposée;
e. Les bandages doubles peuvent en général se passer de sous-cuisses plus aisément que les simples; un seul sous-cuisse est presque toujours suffisant pour les deux moitiés du bandage.
b. Bandages anglais. — Dans le bandage anglais le ressort embrasse la demi-circonférence du corps opposée au côté où siège la hernie ; son extrémité antérieure dépasse la ligne médiane du tronc (en avant du pubis) pour supporter la pelote qui repose sur l'orifice herniaire; son extrémité postérieure prend son point d'appui sur la région vertébrale au moyen d'une autre pelote sur laquelle elle se fixe. Les deux pelotes sont mobiles sur les extrémités du ressort qui, dans l'intervalle, ne prend aucun point d'appui sur la surface du corps et qui n'est même pas on contact avec elle.
Le bandage anglais agit donc à la façon d'une pince ou d'un arc métallique dont les deux extrémités seules représentent les points d'application de la puissance et de la résistance. Le ressort lui-même est absolument libre ; comme il est mobile sur les pelotes qui garnissent ses extrémités, il peut se déplacer dans les inflexions du tronc sans que les pelotes suivent ce déplacement ou