BANDAGES
que la pression soit modifiée; il ne présente (prune courbure suivant ses faces, car il va directement d'une pelote i\ l'autre, et il n'a pas besoin d'être modelé sur les contours du bassin.
Inutile d'insister sur les détails de construction du bandage anglais, sur l'articulation qui unit les pelotes, la pelote antérieure surtout, au ressort; articulation dont le modo varie suivant les constructeurs et les appareils.
Les avantages tbéoricpu^s du bandage anglais sur le français son! les suivants : I" il expose à moins de déperditions de force; 2" la pelote n'est pas exposée à se déplacer sous l'influence des inllexions latérales du corps; 5* il fatigue moins la peau que le bandage franç;ais ; mais, partisan convaincu du bandage anglais, Malgaigne a fait voir que sa supériorité réelle ne tenait qu'à la qualité meilleure de l'acier dont était fabriqué le ressort ; elle n'est donc pas propre au système de bandage, mais à sa fa-
FiG. 6S. — Bandage anglais (inguinal) appliqué. Exircmilés antérieure et postérieure.
brication, et elle est compensée par de réels désavantages. Le bandage
anglais exige un soin et une attention toute particulière au moment de son application; il ne se place pas de lui-même comme le bandage français. La pelote se dérange moins aisément que dans le bandage français, mais, déplacée, elle n'a nulle tendance à reprendre sa place; il est d'une construction plus compliquée et plus coûteuse.
Somme toute, la préférence qu'on donne à l'un ou à l'autre de ces bandages est plutôt une affaire d'habitude; nous verrons cependant, en étudiant les hernies en particulier, quelles sont les espèces qui s'accommodent mieux de telle ou telle espèce de bandage.
Le principe du bandage anglais n'est plus complètement applicable aux bandages doubles; deux ressorts latéraux supportent chacun une pelote, mobile sur son extrémité antérieure, pelote qu'on applique du côté correspondant sur l'orifice herniaire; en arrière, les deux ressorts viennent s'appuyer sur une pelote dorsale. Chacun de ces ressorts, moins long que celui du bandage simple qui embrasse plus que la demi-circonférence du corps, est également moins puissant et moins efficace; aussi pour les hernies doubles le bandage français reprend-il manifestement l'avantage.
Un mode particulier de bandage anglais est celui dans lequel une seule pelote est actionnée par deux ressorts latéraux; c'est le principe du bandage Drapier, sur lequel nous reviendrons en parlant des hernies ombilicales.
c. Bandayes mixtes. — On a cherché à réunir les avantages principaux des
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deux modes de bandages dans un même appareil, mais, ainsi que l'a fail observer Malgaigne, les bandages mixtes, construits de la sorte, n'ont eu le plus souvent que les inconvénients de l'un et l'autre système.
Le bandage à ressort brisé ou ressort Burat, du nom de son inventeur, est un bandage anglais dont le ressort est coudé à quelques centimètres de son extrémité antérieure, pour permettre à celle-ci de s'abaisser vers les régions inguinale et crurale ; il en est de ce bandage comme d'une pincette dont les extrémités ont été tordues; il porte à faux et ne peut rien contenir efficacement.
Rejeté pour les bandages anglais, le ressort brisé a été conservé pour certains bandages français; ce ressort, composé de deux pièces réunies par des vis, permet de donner au collet une inclinaison variable suivant les besoins.
On laisse souvent, même dans le bandage français, un certain degré de mobilité à la pelote; cette disposition diminue les frottements que subissent les téguments, rend les déplacements de la pelote moins faciles, mais elle donne à celle-ci moins de fixité, on ne peut lui imprimer une torsion déterminée sur le collet du ressort ni la faire pincer.
Différentes dispositions ont été imaginées pour faire varier à volonté l'inclinaison de la pelote sur le ressort : articulations à crémaillère, glissières fixées par la pression d'une vis (voir fîg. 66), trous creusés dans l'écusson et où l'on arrête l'extrémité du ressort avec des chevilles après avoir donné à la pelote la situation voulue; ces mécanismes intéressent plus le constructeur que le chirurgien.
Enfin les bandages français eux-mêmes reposent assez souvent, par leur extrémité postérieure, sur une petite pelote dorsale qui élargit les contacts et diminue les frottements que subit la peau.
d. Bandages à pression rigide. — Ils sont destinés à contenir des hernies qui forcent le passage quelle que soit la puissance du ressort qu'on leur oppose; le bandage Dupré en est le type (voir fîg. 97). Celui-ci se compose essentiellement d'un arc métallique, formé d'une tige de fer forgé qui s'adapte exactement à la partie antérieure du bassin ; à cet arc sont fîxées des pelotes qui correspondent aux orifices herniaires et qui sont maintenues en place par des vis; toute cette armature métallique est assujettie au tronc par une sangle qui embrasse la partie postérieure du bassin, et qui, prenant un point d'appui sur deux tiges perpendiculaires situées aux extrémités de l'arc métallique, tend à faire basculer en avant tout le système, lorsqu'on la serre avec force, et à appliquer plus intimement les pelotes sur les régions qu'elles doivent protéger.
Dans d'autres bandages de même ordre, l'adaptation des pelotes est réglée par des vis de pression.
e. Bandages non métalliques, à pression molle, ceintures. — Certaines hernies faciles à contenir, chez des nouveau-nés, se maintiennent encore avec une ceinture en caoutchouc supportant une ou deux pelotes insufflées d'air ; ces appareils sont d'une efficacité contestable.
Certaines personnes, à ventre très volumineux, qui sont atteintes de hernies ombilicales, ont coutume de maintenir leur hernie avec une ceinture abdominale élastique pourvue d'une plaque ou d'une pelote correspondant à la région ombilicale; ce mode de contention est toujours défectueux, pourtant bien des médecins le prescrivent.
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On n tenté de subsliluer aux bantlaf^^es niélalliciues un caleeon en lissu élastique, l'ail sur mesure, et sous lequel on lixe, en reparti des orifices herniaires, des pelotes insufflées d'air; pour être eonstruils avec hcaueoiip d'ingéniosité, ces appareils n'en sont i)as moins toujours insul'lisants.
On ne saurait trop insister sur ce fait; la pression d'un ressort seule |)eul développer sur un point donné une force* capable de s'opposer à l'issue de la hernie dans un ellort. Tous les moyens contentifs reposant sur un autre princide doivent être rejelés ou ne peuvent convenir qu'à des cas exceptionnels.
f. De ce nombre sont les hernies incoercibles ou incomplètement réductibles. On trouvera, dans le chapitre consacré aux hernies inguinale et ombilicale, quelques détails sur les bandages qui conviennent aux cas de ce genre.
Les hernies pnrliellement irréductibles sont en général contenues au moyen de bandages dont la pelote présente une concavité calculée sur le volume de la partie irréductible; ces pelotes, capitonnées avec soin, sont maintenues soit par un ressort puissant (hernies inguinales et crurales), soit par une ceinture élastique (hernies ombilicales). L'action des bandages à pelote concave est très infidèle, presque toujours ils laissent échapper la hernie qui a une tendance constante à augmenter de volume.
Les hernies réellement incoercibles, celles qui ont perdu droit de domicile, ne peuvent plus être portées que dans des suspensoirs, dans des sacs en tissu rigide ou élastique, solidement fixés à une ceinture bien ajustée et renforcée elle-même souvent par des bretelles, des sous-cuisses, des sous-ventrières. Le sac en question peut être resserré au moyen d'un lacet ou de boucles qui permettent d'exercer sur la hernie un certain degré de compression.