‹ Traité de chirurgie (volume 5)Chapitre 197 sur 235 · TRAITEMENT DES HERNIES OMBILICALES CONGÉNITALES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES HERNIES OMBILICALES CONGÉNITALES

Jusqu'à ces derniers temps, la conduite du chirurgien, mis en présence d'une hernie ombilicale congénitale, se bornait à surveiller et à diriger le travail naturel qui les amène à la guérison. Debout et, après lui, Duplay s'étaient élevés contre les tentatives de réduction rapide, malgré les cas heureux, comme ceux de Hey, de Buchholtz, de Thelu où celle-ci, jointe à la compression, avait paru favoriser la cure. Il était donc de règle de se contenter d'attendre l'éHmination du cordon et des enveloppes superficielles de la tumeur, en les recouvrant de pansements fréquemment renouvelés et de maintenir ensuite la cicatrice en voie de formation par un appareil contentif modérément serré.

Duplay pourtant se demande si, en présence des exomphales volumineuses qui, abandonnées à elles-mêmes, conduisent presque fatalement les sujets à la mort, lindiflerence et l'abstension des chirurgiens ne sont pas coupables, et il j)ropose", dans son Traité de pathologie, de recourir en pareil cas à une intervention plus active, par exemple à la suture des bords de l'éventration. Cette opération avait été mise en pratique dans des faits peu nombreux comme celui de Hamilton, cité par Lawrence, comme ceux de Hey et de Hubbauer, dans lesquels la rupture des enveloppes de la tumeur avait forcé le chirurgien d'intervenir; depuis longtemps d'ailleurs les vétérinaires avaient adopté des procédés opératoires destinés à obtenir la cure des hernies ombilicales, si fréquentes chez les poulains nouveau-nés.

Dans ces derniers temps, un grand nombre de tentatives heureuses ont été

^') TILLMANN.S, Deutsche Zeitschr. f. Chir., XVIII, n"' 1 et 2. (*) W. RosER, Centralbl. fur Chir., 1887, n° 14.

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dirigées en vue d'obtenir la euro d'oxomphales congénitales parfois volumineuses : Felsenreicli ('), dt>s 188 i, avait traité une hernie grosse comme un citron, s'accompagnant d'une brèche de la paroi abdominale longue de 8 centimètres, large de 4, sur un nouveau-né, par l'incision, la réduction de l'intestin, la ligature des vaisseaux ombilicaux, puis l'excision du sac et l'adossement des bords de l'ouverture par douze points de suture; depuis lors, les exemples d'intervention heureuse se sont multipliés et, dans un travail récent, le docteur Willis Macdonald (d'Albany) (-) a pu rassembler 19 observations pour lesquelles l'opération a été suivie de guérison dans 17 cas, 2 seulement s'étant terminés parla mort. De 12 faits de non intervention portés en regard des précédents, 9 avaient été suivis d'accidents mortels, 5 seulement s'étaient accompagnés de guérison.

L'opération, en efl'et, peut être tentée presque aussitôt après la naissance; Dunlap i'a pratiquée au bout d'une heure, Macdonald six heures, Krukenberg quatorze heures api'ès l'accouchement. Les cas où l'on y a eu recours n'étaient pas toujours des cas simples; dans celui de Krukenberg ('^), il y avait des adhérences multiples des intestins, du foie et de l'épiploon au sac herniaire; dans ceux de d'Acy Power (*), de Gluck et de Klaussner (^), il fallut faire le débridement de l'orifice herniaire pour réduire les viscères. Dans le fait de Gluck, la présence d'un diverticule de Meckel compliqua l'opération. Pour la pratiquer, PhaenomenolT(de Kasan)('') n'hésita pas à donner du chloroforme à l'enfant une heure après sa naissance.

Quel parti faut-il donc adopter en face d'une hernie ombilicale congénitale?

Nous pensons que, lorsque celle-ci est petite et facilement réductible, qu'elle paraît pourvue d'un sac péritonéal propre présentant une certaine épaisseur et une vitalité suffisante, il est permis d'abandonner la guérison à la nature, et de se borner à recouvrir la région ombilicale, avec toutes les précautions voulues, d'un pansement fait avec une poudre antiseptique, jusqu'au moment où l'élimination du cordon permet de juger si l'enveloppe immédiate des viscères possède assez de résistance et de vitalité pour se prêter à l'organisation d'une bonne cicatrice.

Mais, dans tous les cas où les enveloppes de la hernie sont minces et transparentes, où elles menacent de se rompre ou d'être éliminées en totalité, ou tout avi moins de se laisser perforer par un travail d'ulcération à la suite de l'élimination de leur revêtement amniotique, dans ceux surtout où le contenu de la hernie est irréductible en totalité ou en partie, il n'y a nulle hésitation sur l'opportunité d'intervenir de très bonne heure.

Il faut donc inciser avec grande précaution les enveloppes de la hernie, en réduire le contenu et, s'il y a des adhérences des viscères avec les parois du sac, au lieu de chercher à les disséquer, réduire avec les organes les parties du sac qui leur sont adhérentes. S'il est nécessaire, pour obtenir la réduction,

(•) Felsenreicii, Wiener med. Presse, 1884, n" 17.

(*) W. Macdonald, Amer. Journ. o f obstelr., ']nn\'ïcr 1890.

(') G. Krukenberg, Arch. f. Gynak., vol. XX, fasc. 2.

(*) D'Acv Power, Transact. of tlie pathol. Sor. of London, 1888.

(5) F. KLWSsyER, Munchener med. Wochenschrift, IHSO, Wô.

{^} Phaenomenoff, British med. Journ., 11 mai 1890, p. 1075.

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