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ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Les deux observations que je rappelais étaient précisément des cas d'anus ombilicaux. Dans le second cas, l'orifice du bout supérieur mesurait à peine i à 5 millimètres de diamètre.

Le bout inférieur se rétrécit beaucoup plus souvent que le supérieur; le rétrécissement va souvent jusqu'à l'oblitération. Il reconnaît comme causes toutes celles énumérées précédemment. Il faut y ajouter encorela compression exercée par le bout supérieur qui, constamment dilaté par les matières, aplalil son voisin contre l'anneau insuffisamment débridé. Mais cette cause serait impuissante à expliquer l'accolement des parois s'il ne se produisait un travail d'ulcération, de nécrose superficielle de la muqueuse intestinale au voisinag'c de l'anus contre nature.

J'ai constaté deux fois ce processus d'ulcération et de soudure sur deux vieilles femmes du service de M. Polaillon.

L'oblitération du bout inférieur a été observée dans 1(5 cas (Velpeau, Laurier, Bégin (•), Chaput (5 observations), Guntlier (2), Gaillard ('), Riedinger (*), Kaufmann (»), Maisonneuve ("), Julliard, Bouilly.

Le bout inférieur peut môme, dans certains cas, présenter une situation anormale; dans un cas de VeJpeau ("), le bout inférieur était éloigné de plus de 1 pouce de la paroi abdominale à laquelle il était rattaché par l'épiploon et les fausses membranes formant une sorte d'entonnoir jusqu'à l'ombilic.

Dans un autre cas de Velpeau, les deux bouts se croisaient en X, le bout inférieur oblitéré s'arrêtait à la partie inférieure et interne de l'anneau inguinal interne.

Dans une observation de Laugier, on signale encore le môme entre-croisement des deux bouts. Enfin, dans certains cas, on a noté la présence d'anses intestinales interposées dans l'angle formé par les deux bouts; complication redoutable pour l'application d'un entérotome.

2° Complications à distance. — On n'observe guère dans les anus spontanés d'obstacle matériel au cours des matières, tel que tumeur de l'intestin, rétrécissement, tumeur abdominale comprimant le bout inférieur. Toutefois il faut se rappeler que le bout inférieur qui ne fonctionne pas se rétracte, s'atrophie et arrive à la longue à ne pas dépasser le volume d'un porte-plume sur toute l'étendue du segment inférieur, c'est-à-dire jusqu'à l'anus. Cette complication est une contre-indication formelle à la résection intestinale suivie de suture, car l'échec serait fatal dans ces conditions.

2° ANUS ÉTABLIS CIIIRURGICALEMENT

Nous distinguerons encore les cas simples et les cas compliqués.

A. Anus cumuRGiCAUX simples. — Les anus établis chirurgicalement à la

(') BÉGIN, Clinique de Dupuytren.

(*) GuNTHER, Opérations saiii/fanles. Leipzig, 18GL

(^) Gaillard, Union méd., 1870.

(*) RiEDiNGER, Clinique chirurgie, de Wiirzbourg, 1877-1878.

(^) Kaufmann, Deutsche Zeitschrifl f. Chir., 1888.

(6) Maisonneuve, Thèse de Foucher, 1857.

(") Velpeau, Journ. hebd. des progrès des se. méd. Paris. 18âG, cl <Jaz. des hôp. Paris, 1850.

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suite d'une réscclion inleslinale sont de slrucliire très simple ([ujuid ils oui été établis ciasslcjneincnl, c'est-i\-dire avee suture des orifices int<'sliuaux directement à la peau. Il s'agit alors essentiellement de deux anses parallèles venant s'ouvrir cO)le à cùte. On aperçoit deux orifices distincts bordés d'un bourrelet de mmpieuse exubérante. Les parois continues des deux bouts constituent une cloison qui se prolonge jusqu'à la peau et (pi'il faut détruire |»ar l'enlérotome, si l'on veut rétablir le cours des matières.

Ces anus chirurgicaux simples sont caractérisés par l'absence d'infundibulum, par la longueur du trajet intra-pariétal, occupé par les adhérences, ce qui rend facile la dissection sans ouvrir le péritoine, et par leur cloison ou éperon qui est saillant, long, mince, non divergent, et bien disposé pour l'entérolomie.

B, Anus cumuRGicvux c.ompliqués. — i" Coiiipluudioiis locales. — Les anus établis chirurgicalement peuvent présenter une disposition à peu près identique aux anus spontanés simples quand on a suturé les deux bonis non pas à la peau, mais au péritoine pariétal. Ce n'est pas à proprement parler une complication, quoique l'entérotomie devienne plus dangereuse, et que la dissection nécessitée par l'opération ne puisse guère se faire sans ouvrir le péritoine.

Une importante complication peut encore s'observer, c'est une épaisseur considérable de l'éperon. Je l'ai constatée une fois dans un anus iléo-cfpcal; on la rencontre encore quand, en établissant l'anus contre nature on a laissé le mésentère s'interposer entre les deux anses au lieu de le laisser à la partie inférieure.

Le bout inférieur peut aussi s'oblitérer spontanément. Ceci dépend de l'ulcération de la muqueuse jointe à la compression de ce bout par le supérieur contre un anneau insuffisamment débridé.

J'ai observé, avec mon collègue G. Marchant ('), un cas d'oblitération du bout inférieur, consécutive à une simple incision d'une anse gangrenée. Après élimination du sphacèle, ce bout s'était trouvé englobé dans la cicatrice.

2" Complications à distance. — On observe fréquemment dans les anus chirurgicaux des obstacles au cours des matières dans le bout inférieur : tumeurs de l'intestin, rétrécissement, bride, tumeur abdominale comprimant l'intestin, atrophie par inactivité, car l'établissement de lanus contre nature se fait non seulement pour les hernies gangrenées mais pour la plupart des affections pouvant apporter obstacle au cours des matières intestinales.

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