TUMEURS DU SQUELETTE
Les enchondromes tiennent le premier rang au point de vue de la fréquence. Ces tumeurs sont encore rares et surtout rarement primitives. Elles siègent, soit sur la face externe des côtes, soit sur les cartilages (ecchondroses de
(•) Marguet, Thèse inaugurale. Paris, 1888, n° 55.
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VirchoAv). Exccptionnollcmcnt on les trouve à la face interne (cas de Dufour), au niveau de la tcte des côtes, d'où elles pénétraient dans le canal racliidien par les trous de conjugaison (cas de Paget). Elles forment des masses souvent très volumineuses qui peuvent proéminer du côté du poumon, se propager à la plèvre et aux poumons et se généraliser. On connaît quelques observations d'enchondrome sternal.
Les exostoses coslales seraient plus fréquentes qu'on ne le croit; mais en général, quand on trouve des exostoses sur les côtes, on en rencontre aussi ailleurs (Verneuil). Elles peuvent consister dans la simple exagération de l'angle antérieur; elles se développent quelquefois sur la portion des côtes recouverte par le scapulum, d'où dans les mouvements de cet os des bruits de frottement particuliers (Boinet, Demarquay, Tcrrillon, 1874). Parise a décrit en 1849, sous le nom cVostéopJiyte costale jileio'êtique, vme exostose consécutive à l'inflammation pleurale. La face externe du sternum est aussi le siège d'exostoses ; elles sont généralement d'origine syphilitique.
Demarquay a rapporté deux observations de fibromes, paraissant originaii*es du périoste des côtes.
Des sarcomes malins et particulièrement des sarcomes myéloïdes prennent parfois naissance sur les côtes et sur le sternum ; mais les mêmes os sont plus souvent envahis secondairement par des productions malignes : lymphadénomcs, sarcomes, carcinomes, principalement à la suite des cancers du sein ou du médiastin. Celles de ces tumeurs qui occupent le sternum simulent parfois assez bien des tumeurs du médiastin et particulièrement des anévrysmes de la crosse aortique. Ces diverses tumeurs ne donnent lieu qu'à des indications thérapeutiques restreintes. La résection partielle des côtes est simple et sans danger lorsqu'elle est peu étendue. Dans les cas graves, on lui donnera toute l'ampleur nécessaire, dût-on ouvrir largement la cavité pleurale et mettre à nu, pour enlever le néoplasme dans sa totalité, le poumon et le cœur.
Kœnig rapporte deux observations de résection du sternum tout entier pour tumeur, l'une de Kiister, l'autre de lui-même, toutes les deux suivies de succès; ces interventions sont dangereuses, et malheureusement elles ne présentent pas beaucoup de chances de guérison définitive.