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CHAPITRE PREMIER

FIBROMES DES PAROIS ABjDOMIN ALES

Historique. — L'histoire des fibromes des parois abdominales est toute moderne, puisque les premières observations datent de 1850. Depuis celle époque, elle a traversé deux phases : la première, qui s'étend de 1850 à 1860, ne renferme que des faits isolés; la seconde, qui va de 1860 jusqu'à nos jours, comprend des travaux d'ensemble dont le dernier el le plus important est le travail si complet de mon maître Léon Labbé, en 1888.

Première période. — On compte 4 observations en 1850; ce sont, par ordre chronologique, celle de Sappey, celle de Limauge, et deux faits de Langenbeck.

En 1851, une observation de Bouchacourt; en 1855, un cas de Santesson, chirurgien suédois; en 1856, un cas de Pagetchez un homme, el une troisième observation de Langenbeck. Coïncidence curieuse, sur ces 8 observalions 5 ont été recueillies sur des hommes, alors que l'affection est Yopfoutfje 'presque exclusif de la femme.

Deuxième période. — C'est à Huguier que revient l'honneur d'avoir le premier étudié les fibromes de la paroi abdominale, dans un travail d'ensemble présenté à la Société de chirurgie le 22 août 1860.

Les principaux traits de l'afTection y sont fort bien tracés : ces tumeurs sont hénianes: ce sont des fibromes, en rapport habituel avec les os d'où ils naissent, en rapport accidentel avec le péritoine.

Il est regrettable seulement que Huguier ait insisté tellement sur le pédicule osseux, sur le point de départ périostique. Celte insistance se retrouve dans tous les auteurs qui l'ont suivi, alors que les premières observalions mentionnent expressément le point de départ aponévrotique et musculaire, el cette erreur a conduit quelques chirurgiens français à proposer et à pratiquer la ligature sous-cutanée du pédicule.

La thèse de Bodin, 1861, développe les mêmes idées; Nélaton les confirme dans une clinique importante en 1862; comme Huguier, il insiste sur le point de départ osseux; à la dénomination de tumeurs intrapelviennes et extrapelviennes, il substitue celle de tumeurs de la fosse iliaque, de la crête iliaque.

Les premiers travaux étrangers datent de 1865 (Cornils, thèse de Kiel); peu après paraissent deux leçons importantes de Buntzen et Boye, chirurgiens danois. L'origine fibro-musculaire n'y est pas mise en doute et l'extirpation est le seul traitement recommandé.

Après une période de silence, la question revient à l'ordre du jour; les importants travaux de Guyon sur les fibromes du tronc el des membres démontrent leur origine aponévrotique et renversent l'idée du point de dépari ostéopériostique {TrUnuw. médicale, 1876-1877), cl en môme temps, la thèse de

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Suadicani (Kiel, 187;')), faite comme celle de Cornils sous l'inspiration d'Esmarch, nous l'ait connaître les beaux résultats fournis par l'antisepsie appliquée à l'extirpation de ces tumeurs.

De cette épociuc également datent la thèse de Salcsse (l^aris, 1S7()), un travail de Nicaise, 1878, qui défend encore le pédicule périostique, la thèse de Gralzer (Breslau. 187il).

Enfin la période moderne commence avec les importants travaux de SkHiossouski (de Moscou) sur les ablations de sci^ments plus ou moins considérables du péritoine (I8S"2). Citons un bon travail dllerzoi? (188,")), la thèse de (luerrieide la même année, qui formule encore des réserves sur les grandes extirpalions, les travaux de Bruntzel et de Sanger (1884), la thèse de Damalix, le courl mémoire de Terrillon (188()) et quehpies observations isolées moins importantes (1885 à J888). Cette période se termine par le traité complet publié en 1888 par Léon Labbé. Ce travail riche en preuves est basé sur l'analyse dune centaine de faits dont l'étude approfondie a permis à son auteur de régler définitivement un certain nombre de points restés encore en litige.

C'est ce travail qui a servi de base à toutes les observations publiées depuis, notamment à une intéressante clinique de notre excellent maître et collègue P. Segond {Seri)ai)ie médicale, 1890).

Étiologie. — Les fibromes de la paroi abdominale ne sont pas fréquents; les praticiens les plus habiles n'en ont guère observé plus de 15 à 16 en vingtcinq ans d'exercice; JM. Labbé en a observé 10 en vingt ans.

Comme pour la plupart des tumeurs, nous savons peu de chose sur l'étiologie des fibromes.

Un seul fait important à retenir : Lc-'i fibromes des parois abdomimiles s'observent presque exclusivement chez des femmes et surtout à la période de Vactivité xcruelle.

Sur JOO faits rassemblés par Labbé et Remy. 4 observations seulement ont été relevées chez l'homme : ce sont les faits de Sappey, de Limauge, de Paget et de Tillaux ; encore pourraient-ils donner prise à quelques discussions. On peut donc dire que les fibromes des parois abdominales sont l'apanage presque exclusif des femmes.

Le relevé des observations montre qu'on les observe principalement à la période de r activité sexuelle. Cette remarque importante trouve sans doute son explication dans les relations qui existent entre le développement de ces tumeurs et les efforts de F accouchement, qu'on retrouve dans presque toutes les observations (Labbé et Remy). Il est vraisemblable aussi que dans certains cas les traumatismes, les contusions musculaires, jouent un certain nMe, comme le pensaient Ebner et surtout Herzog. Cette explication nous paraît surtout pouvoir convenir à certains fibromes d'origine certainement musculaire, compris entre les deux feuillets aponévroliques. Les distensions, les éraillures aponévrotiques qui se produisent dans certains efforts énergiques de l'accouchement, paraissent plutôt devoir être incriminés dans les cas, les plus fréquents d'ailleurs, où l'origine aponévrotique du fibrome ne paraît pas douteuse.

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