‹ Traité de chirurgie (volume 5)Chapitre 78 sur 235 · FIBROMES DES PAROIS ABDOMINALES · texte numérisé non relu

FIBROMES DES PAROIS ABDOMINALES

Anatomie pathologique. — Nombre. — Les fibromes sonl presque toujours loiiques; toutefois, clans trois cas, les tumeurs étaient doubles (Hug-uier, Gratzer, Labbé), et encore, dans deux de ces cas, l'une des deux tumeurs était assez pelite pour (Mre nég'ligée par le chirurgien.

Siège toj)(i(/i-nj)hi(/Hc. —-Toutes les régions de la paroi abdominale antérieure ont été occupées par des fibromes; on n'en observe pas cependant à l'ombilic ni sur la ligne médiane; les deux régions où on les rencontre le plus souvent sont : 1" la région des muscles droits; 2*^ la région ilio-inguinale.

Siè[/e (tnatomique. — Quant au siège anatomique exact de ces tumeurs, il est beaucoup moins facile à préciser. Tous les faits ne renferment pas sur ce point des détails suffisants ; parfois, même en opérant, le chirurgien est incapable de distinguer exactement quel a été leur point de départ.

Il semble cependant établi que les tumeurs fibreuses ne sont guère prépéritonéales ni sous-cutanées par leur origine. Elles prennent ordinairement naissance dans les muscles ou dans les aponévroses ; plus souvent dans celles-ci que dans ceux-là.

Volume. — Les fibromes présentent un volume très variable. Le plus gros qu'on ait observé descendait presque jusqu'aux genoux, et il fallut une incision de 50 centimètres pour l'extraire.

Co)i/u/u)'('tio)i extérieure. — Les tumeurs sont arrondies ou ovoïdes, souvent un peu aplaties dans le sens antéro-postérieur, en forme de galets; il n'est pas absolument rare d'y observer des bosselures ou même des petits lobes accessoires; quelquefois aussi elles sont comme bilobées, en partie étranglées qu'elles sont par des brides aponévrotiques.

On a longtemps soutenu en France, après Huguier, que les fibromes de la paroi abdominale avaient un point de départ périostique au niveau du bassin, quelquefois au niveau des côtes. Cette erreur s'est perpétuée jusqu'à nos jours.

Labbé la combat énergiquement, et la discussion sévère des faits à laquelle il s'est livré montre que. si le pédicule rattacliant la tumeur à l'os iliaque ou aux côtes a été senti nettement pendant la vie dans quelques observations, la vérification anatomique ou opératoire n'a jamais confirmé cette opinion.

« Le pédicule n'existe pas souvent, s'il a jamais existé » (Labbé).

Ce qu'on observe, ce sont des culhéi-euces aecomJaires de la tumeur aux os voisins ou encore aux muscles, à la couche péritonéale. Guyon et d'autres auteurs ont montré l'importance de ces adhérences secondaires : « Les néoplasmes, dit-il, bridés dans les gaines musculaires, ont de la tendance à s'avancer vers leurs points d'insertion osseuse ».

Examen macroscopique. — Les fibromes sont des tumeurs bien circonscrites, souvent encapsulées, à surface lisse, parfois bosselée ; il est facile de les décortiquer. La coupe présente l'aspect blanc grisâtre et l'aspect feutré des fibromes; tantôt les fibres sont disposées concentriquement autour d'un ou de plusieurs noyaux; tantôt leur disposition est plus irréguliôre et comme plexiforme.

Examen microscopique. — Ilistologiquement, presque toutes ces tumeurs sont des f bromes purs.

On y trouve des fibres rectilignes oi!i ondulées, des cellules rondes ou fusi-

FIBROMES DKS PAROIS ARnOMINAr.KS.

formes, do la maliôro ainorplit^ en (inanliLc variable parfois assez consiclérablc pour faire croire au rauiollissemenl de la tumeur.

Le tissu élastique manque conslammenl.

La vascularilc n'est pas très marquée en général ; mais la surface des grosses tumeurs est souvent sillonnée d'énormes veines qui restent béantes à la coupe comme des sinus.

On a signalé 5 ou i fois la présence de Ubres musculaires lisses, et dans un

FiG. 41. — Coupe d'un filirome de la paroi abdominale. (D'après Labbc.)

FiG. 42. - Slructure du librome.

(D'après Labbé et Réiny.)

ou deux faits très rares la multiplicité des éléments cellulaires, leur forme embryonnaire concordant avec une marche rapide de la tumeur, ont laissé la conviction qu'il s'agissait de fibro-sarcomes. Encore une fois, ces faits sont exceptionnels.

Symptomatologie. — Le début des fdjromes est rarement observé des malades et des médecins, en dehors des faits où une rupture musculaire, un effort, une douleur, une contusion, ont appelé l'attention.

Le plus ordinairement c'est par hasard, en portant la main à la paroi abdominale, que les malades s'aperçoivent de l'existence d'un noyau induré ou même d'une tumeur déjà volumineuse, qui occupe le plus souvent, avons-nous dit, soit les muscles droits, soit la région ilio-inguinale.

Cette tumeur est ovoïde, lisse ; son volume habituel varie à ce moment d'une noix à un œuf de poule; elle est presque toujours indolente; exceptionnellement, elle devient plus sensible. On a pu reconnaître au début des tumeurs dont le volume ne dépassait pas celui d'un pois, dune noisette ; inversement, on en a vu qui étaient arrivées à des dimensions énormes sans être reconnues.

Lorsque le chirurgien se trouve en présence d'une tumeur de moyen volume, il reconnaîtra en général facilement sa forme arrondie, ovoïde ou pyriforme, aplatie en galet, allongée en cylindre, paraissant se continuer en pente douce avec les tissus sur lesquels elle repose, et dont une palpation attentive permet en général d'apprécier très exactement la forme et les limites.

Cette tumeur est habituellement latérale, elle peut dépasser la ligne médiane

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