PHLYCTÈNES PAR FROTTEMENT OU AMPOULES
Étiologie. — Les frottements de quelque intensité, agissant sur une peau non habituée aux pressions, y font élever des phlyctènes dont le siège presque constant est le pied ou la paume de la main et des doigts. A la main, elles ont pour cause le maniement d'un outil tenu presque toujours entre le pouce et les autres doigts; aussi les voit-on surtout juste au-dessus du pli digito-palmaire, c'est-à-dire au niveau de l'extrémité supérieure de la première phalange. Au pied, la localisation ordinaire n'est pas à la plante, dont lépiderme, extrêmement épais, ne se laisse guère décoller, mais au talon et au cou-de-pied, où la peau est plus délicate, et, de plus, subit des frottements à chaque pas pour peu que la chaussure soit mal ajustée.
C'est donc à côté des épanchements traumatiques de sérosité qu'il faut ranger ces phlyctènes, véritables épanchements de ce genre entre l'épiderme et le corps papillaire, au niveau de la couche de Malpighi. Les épanchements classiquement décrits résultent des contusions où le corps contondant frappe très obliquement la surface atteinte : le va-et-vient du frottement n'est-il pas une série de contusions successives où l'instrument agit parallèlement à la surface touchée?
Symptômes. — Les ampoules se présentent à la main sous l'aspect de bosselures arrondies, assez régulières; moins régulières et beaucoup plus vastes au pied. Leur coloration est jaunâtre; leur contenu est une sérosité transparente, quelquefois hématique. Au pied, où les phlyctènes occupent surtout des régions à épiderme mince, il est assez rare de voir l'ampoule à sa période d'état. Elle se déchire le plus souvent pendant la marche et, lorsque le sujet se déchausse,
[A. BROCA.'i