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H PLAIES

Les plaies de la peau sont de deux espèces. Les unes divisent toute l'épaisseur de la membrane tégumentaire, les autres n'en traversent qu'une partie.

Sur les premières, tout a été dit à propos des lésions traumatiques en général, ou sera dit à propos des quelques régions (le scrotum, le cou, par exemple) où la disposition anatomique des parties, des muscles peauciers surtout, entraîne des consétjuences chirurgicales importantes.

Les piqûres, les plaies incomplètes, les excoriations par frottement, les dénudations papillaires consécutives aux ampoules, n'ont, par elles-mêmes, aucun intérêt, mais elles sont souvent le siège de contaminations microbiennes. Il en est de même pour ces petites rugosités épidermiques, pour ces « envies » que l'on porte si souvent autour des ongles, et souvent sont arrachées, volontairement ou involontairement. A leur base est arrachée en même temps la couche la plus profonde de l'épiderme et le corps papillaire; le derme, mis à nu, donne une gouttelette de sang, et par là peut se faire une inoculation.

Ces traumas insignifiants sont la source vulgaire de lésions chirurgicales sérieuses, graves môme : tournioles et panaris, lymphangites et adénites, dermites circonscrites et phlegmon diflus. Là interviennent les micro-organismes de la suppuration. Mais ils ne sont pas seuls à entrer en jeu. A côté d'eux, j'aurai à parler, dans un instant, du rôle des portes d'entrée artificielles dans l'étiologie de maladies 'spécifiques telles que la tuberculose cutanée, le bouton d'Orient; il a déjà été insisté sur ce rôle à propos de la pustule maligne. Une mention, enfin, est due à la syphilis, pour signaler les chancres extra-génitaux et leur étiologie.

Certaines plaies incomplètes de la peau sont compliquées de corps étrangers, poussières diverses incrustées dans le derme. Le fait s'observe pour les plaies par coup de feu à bout portant, pour les bridures par explosion de poudre. Delà un vrai tatouage, tout à fait comparable au tatouage volontaire, si répandu chez les sauvages et, chez les peuples civilisés, dans les classes inférieures.

De temps en temps, le médecin est prié de faire disparaître un ornement de ce genre ('). Si le tatouage est peu étendu, le procédé de choix consiste à l'enlever comme une tumeur et à pratiquer la réunion immédiate. Mais cela est impraticable pour les vastes tatouages, qui sont très fréquents. Pour obtenir la cicatrice minima, il faut alors, à la faveur d'un nouveau tatouage, faire pénétrer superficiellement dans le derme un escharotique : au bout de quelques jours, l'eschare,

(•) Variot, Bull, de la Soc. de biol., p. 63G. Paris, 1888. — M. B.villot, Thèse de doct. Paris, 1893-1894, n" IGG. — J. Brault, Ann. de derinat. et sypii. Paris, 1895, p. 33.

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très superficiclU'. Idinlio cl si la ivyioii a l'U' inaiiiUMUic as('|»li<|iu', la ma-rison est l'apide. \'aiiol a conseillé ilc lalouer avec une sululion de tanin, i)uis d'appliquer du nitrate d'aiy;ent ; M. Baillol préconise le liioxalate de potasse, Shenvell, l'acide phénique, J. Brault le chlorure de zinc à 5/4.

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