T PLAIES DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES
Michel. Gazette méd. de Stmsboimj, 1S55, et Gaz. des Itnp., 1S55. — Leudesdoiîp, Ein Fall von Lyinphgenissfislcl. Areh. fiir klin. Chir., t. III. p. 417, 18()2. — Boilanger, De la lymphorragie. cl en i)ai'ticulier de la lymphorragie consécutive aux plaies et aux inflammations puppuiées des vaisseaux et des ganglions lyniphalicpics. Thèse de doct., 1876. — Ouincke, Krankheiten der Lymphgefàsse. Ziemssen's Ilandliurh, 187(5. — Jourd.vn. Thèse de doct. de Montpellier. 1880. — B.ïgehold. Ueberdie Verlelzungen des Ductus Thoracicus. Archiv fiir klin. Chir., Bd. XXIX. 1885, p. 440. — Slajan Georgjevic, Ucher Lymphorroe und Lyml»hangionie. Areh. /'iir klin. Chir., Bd. XII, 1870, \t. t)4l. — Gussenbaler, Die traunialisclicn Verlelzungen. Deutsche Chir.. t. XV, p. 114. — Kôjiler, Deutsche Zeitschrifl fiir Chir., t. XIX, fasc. I. p. 44. — J. Reverdix, Revue méd. de la Suisse romande, 20 mars 1880. — Heusner, Des kystes lymphatiques traumaliques. Deutsche med. Woch., Ornai 1889.
Leur fréquence est extrême, il n'est pas de plaie des parties molles qui nouvre des réseaux lymphatiques, mais elles passent inaperçues. La lymphe ne se reconnaît pas, mêlée au sang; plus tard, elle se confond avec le liquide exsudé de la plaie. « la lymphe plastique ». Certaines plaies qui dénudent de larges surfaces musculaires déterminent un écoulement considérable de lymphe, en déchirant le réseau péri-musculaire (Ludwig) ; mais les lymphatiques ouverts, comme les petites veines, safl'aissent et se cicatrisent très vite. Monro avait vu déjà que le canal thoracique lui-même, blessé expérimentalement sur un porc, soblurait très rapidement par la coagulation de la lymphe.
Pour que la plaie lymphatique ait une histoire clinique, il faut qu'elle reste béante et qu'elle soit suivie de lympliorragie. Cet accident ne s'observe guère que sur les gros vaisseaux, et dans des régions où ils adhèrent à une lame aponévrotique épaisse qui les empêche de s'alTaisser.
C'est au pourtour des articulations, au pli du coude, à la face interne de la cuisse (Assalini), au cou-de-pied, au-devant des malléoles interne et externe, au cou, que se voient ces fistules traumatiques. Van Swieten avait observé un écoulement continu de lymphe goutte à goutte, à la suite de la saignée du bras; Michel (de Strasbourg) a publié deux observations analogues. Le malade de Hewson, un boucher, laissa tomber son couteau sur le dos de son pied, il se trancha l'un des gros lymphatiques qui longent le devant de la malléole interne : abondante lymphorragie. Monro l'avait vu succéder à l'extirpation d'une tumeur du bras. A plus forte raison, s'il porte sur une dilatation préexistante, le traumatisme déterminera-t-il fistule et lymphorragie (voy. Lijmphamjiectasies).
Sur 28 cas de plaies des lymphatiques, Slajan Georgjevic relève 5 plaies du canal thoracique, et, parmi les 25 autres qui intéressaient de gros troncs périphériques, 6 avaient succédé à la saignée, 2 à l'ouverture de bubons, 9 à des incisions ou à des ponctions, et les 5 dernières à des incisions d'abcès ou des ablations de tumeurs.
Nous laisserons de côté les plaies du canal thoracique, dans son trajet thoraco-abdominal (voy. Thorax) ; mais il a quelquefois été blessé au cou, et Bœgehold, Vagedes, Weischer ont relaté des observations de Wilms, Maas, Schônborn, où le canal fut ouvert au cours de l'extirpation d'une tumeur de la région sus-claviculaire gauche. Un jet, gros comme une paille, d'un liquide blanchâtre, révéla l'accident ou plutôt le fit soupçonner, dans le fait de Wilms ;
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LYMPHANGITE AIGUË. 645
Schônborn roconnul la plaie du canal Ihoracique, près do son embouchure, et acheva de le sectionner, enire deux lig-aturcs.
Mais il est plus coniniuu (pie l'accident ne se révèle que plus tard, une fois l'héuiostase faite; la lymphe continue à suinter; la lymphorragie est définitivement installée. Nous y reviendrons plus loin.
La lyn'iphe se distingue aisément de la synovie, plus visqueuse, non coagulable, et qui ne contient pas de globules blancs; elle cesse de couler si l'on comprime au-dessous de la plaie, elle coule plus abondamment par la pression exercée de bas en haut suivant Taxe du membre; ces données suffisent à faire dilTérencier, au pourtour des articulations, une fistule lymphatique d'une plaie de la synoviale ou des gaines tendineuses.
Ces plaies lymphatiques n'ont en elles-mêmes qu'un gravité fort minime; les accidents locaux, la lymphangite, sont rares à leur suite; toute leur importance relève de la fistule lymphatique qui peut leur succéder. C'est à elle que doit s'adresser surtout le traitement. A l'origine, si la plaie est reconnue, il faut recourir à la compression avec tamponnement antiseptique. La compression est encore de mise plus tard, dans les premiers temps de la fistule lymphatique ; compression exercée au-dessous de la plaie à l'aide d'un bandage ou avec le doigt. Leudesdorf (') a obtenu une guérison après huit heures de compression digitale. L'insuccès de la compression au-dessous de la fistule autoriserait à la faire sur la fistule elle-même, mais cette compression directe a produit dans certains cas la rétention de la lymphe, l'œdème et des abcès à répétition. On préfère recourir aux caustiques, ou au fer rouge, pour détruire les bords souvent indurés de la fistule et l'oblitérer définitivement.