‹ Traité de chirurgieChapitre 152 sur 199 · II. — BUBONS SPÉCIFIQUES · texte numérisé non relu

II. — BUBONS SPÉCIFIQUES

I" Bubon blennorragique. — Le bubon n'est pas un accident très fréquent de la blennorragie: sur 2 425 blennorragies traitées dans le service de Rollet à l'hôpital de l'Antiquaille, à Lyon, de 1855 à 1865, Magnien a relevé 116 fois la complication d'adénite inguinale: Sigmund, sur 527 blennorragies, la constatée 19 fois : c'est donc une proportion de 5 à <» pour 100.

Mais il n'est pas rare, à la période d'acuité de la blennorragie, d'observei", sinon une adénite, au moins un engoigement ganglionnaire, d'ordinaire biinguinal. qui dure peu et se résout. Il se voit beaucoup moins souvent dans les premiers temps ou au déclin de l'afTeetion. Toutes les localisations de la blennorragie sont, du reste, sujettes à celte complication : blennorragie balanopréputiale, uréthrale, anale, oculaire, vulvaire, vaginale.

D'autres fois, l'adénite est aiguë et devient suppurée; elle peut entraîner alors les décollements, les fistules, l'érysipèle, etc., et toutes les complications des adéno-phlegmons.

Signalons enfin que, chez les strumeux, les écoulements blennorragicpies prolongés engorgent volontiers les glandes inguinales; ils y laissent une tuméfaction mollasse, indolente, qui s'accroît peu à peu, et aboutit plus tard au bubon strumeux de l'aine. Melchior Robert avait déjà créé, pour ces faits, le terme de hubon blenno-strumeux, qui servirait de pendant au bubon syphilost ru m eux.

2» Bubon chancrelleux. — Un premier point à élucider, c'est celui de la (') Ibidem.

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lu UONS. 711

firquonco ilii bubon, (lucllc {lu'oii soil la nalurr. au cours «bi chancro simple. Les sbilisli<|ues «louncnl «les proporlions assez, (lilï'érenles : .'»(( poui- HKI (Hollet): I pour ." (Fournier): ."(1 pour 1(10 (Slui'f^isj. Ku addilioiinaul les chinVes de Rollel, de l'ournier. de Hicord el de Sliirfj^is, on trouve, sur un lulal de I '2S9 cas <le chancre simple, 't'î"! l'ois la complication f^an^lionnainv soil une moyenm' «iénéi'ale de iti pour IMO.

Mais ce cliilIVe \aul ce que valent toutes les moyennes, el de noudjreuses <'onditions expliipuMit les écarts <le IréipuMice et les séries, (-e sont daboi'd les t'alignes proressionnelles, la marche, le délauL de soins et mille causes iiritali\es du même i»"eni'e. Rollel n"a-l-il jtas trouvé une IVécpience 17 l'ois plus «grande du bubon dans la riieidèh' (rhùj)ital (|ue dans celle de ville? El c'est pour cela encore, sans doule, que le bubon (diancrelleux est. (Tune façon i^énérale. plus lare chez la femme. Le siè^c de l'ulcère chancrelleux aux points des ori*anes génitaux les plus riches en lymphatiques, à la rainure l>alanoprépuliale, au méat, etc., constitue une |)rédisposition toute naluielh» à l,-i <"onq>lication t4ani4li()nnaire.

Le bul)on chancrelleux n'esl <lonc pas constant, comme l'est, ou à peu près, le bubon de la vérole. Encore moins est-il constamment spécifique: et nous arrivons à la seconde partie du problème : (jucllc est, sur le nombre total des bubons d'origine chancrelleuse. la proportion des bubons chancrelleux proprement dits et des bubons inflammatoires simples?

Hunter (178!2) inocula le preiuier le pus d'un bubon : l'inoculation fut positive et, sur cette expérience, il édifia sa théorie de l'absorption du virus chancrelleux par les lymphatiques : « J'appelle bubon, écrit-il, tout abcès formé dans le système absorbant, soit dans les vaisseaux, soil dans les ganglions, el qui est la conséquence de l'absorption du pus vénérien. »

Ces conclusions furent reprises par Wallace: mais c'est Ricord qui devait développer surtout la méthode de l'inoculation. De 1851 à 18Ô7, Ricord obtint, avec le pus de bubons d'origine chancrelleuse, 528 résultats positifs, et 327 résultats négatifs, .^blis, parmi les ."28 bubons cjui donnèrent lieu à une inoculation positive, 6.1 seulement lurent inoculables dès le jour de leur ouverture; pour les autres, ce ne fut ([ue la réinoculation, pratiquée le lendemain ou les jours suivants, qui fournit la pustule caractéristiipie. De ces faits. Ricord avait conclu que. dans la chancrelle, 50 pour 100 des bubons étaient viiulenls, mais ce cpii en ressortait aussi, c'était la rareté relative de l'inoculabilité d'emblée, le premier jour.

Jusqu'à ces dernières années, les conclusions de Ricord semblaient être vérité démontrée. Rollet avait indiqué une proportion à peu près idenli([ue de bubons virulents; un <le ses élèves, Debauge, sur 80 bubons suppures, observés à l'Antiquaille, en avait même inoculé avec succès 65, mais Rollet fait remarquer que la moyenne déduite de celte série serait trop élevée, si l'on tient compte du nombre des bubons simples qui se résolvent sans suppurer.

En 188i, Slraus communiquait à la Société de biologie les résultais des inoculations el réijioculations pratiquées avec le pus de i2 bubons, et qui toutes étaient restées négatives. Les expériences avaient été conduites suivant toutes les règles de la méthode bactériologique, les inoculations faites à la paroi abdominale et non à la cuisse, comme dans les cas de Ricord ; on avait évité avec le plus grand soin toute contamination secondaire. De plus, on n'avait trouvé ni dans le pus, ni dans la paroi de l'abcès ganglionnaire aucune trace de micro-organismes, et les cultures étaient restées stériles.

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:\-i (;a\(;i.i«>\s i.^mimi atkhes.

Os i-(M'Immt1ic< 1)1)1 siiscilr un i^iaMW iioihIhc <r('\|)('rionccs flo conlrùlo. Plusicurs o\|tt'M'iintMilnl('m-s nOnl jamais oMcmi liiuxMilalion primitive i\ofi Imhons fl adopicnl (MilirrciiKMil les premirrcs coiiclnsions do SIrans: Iris sonl MM. Mauriac. AII»orl Holtiii. Spillmaiin. Fimkc. Mannino ('). ipii, sur ;2i oxpéi-ioncos. ua vu réussir ru aucuu cas liiK^culaliou pi-imilivc. cl !2 fois soiilemoni la rciu()<"ulati<»n. Ilouaiu (|ui. de sou rCAr. a \ii t''<li(>uor tiS fois rinoculaliou priiuilivo. culin M. Uurrcv (de Napics) (-).

Il siMiiItlc poui'taul rialdi (pic dans (pu'Npics cas. 1res rares, il esl vi'ai. Tiuoculation |>riuiilive cl la réiuoculaliou peuveui èlre posilixcs. Iioi's de loule ronlauiiualiou secondaire, (lélail l'opinion de IIorlelou|> ("), <pii rapp(dail Tinoculaltililé conslalée de certains hultons chaucrelleux posthumes, en (pudque sorte, et ipii naissent a|>rès la cicatrisation <lu chancre: celle du professeur I-'ournier: celle (pii ressoi'tait des e\|)éi'iences de M. Iluiuhert (') qui, sur .'."> huhons. avait \u réussir '2 fois linoculation |»rimiti\('. et. sur (*)(> réinoculations. a\ait ohienu aussi 2 succès: enfin c'était l'opinion de Straus lui-même (pii. sur une séi'ie nouvelle de IIS inoculations ])rimitives. a vu naître fi fois, et sur (>(l réinocidalions. ,'» fois, la pustule chancrelleuse. Les séries publiées par Menu, par (iémv. par (hivelli (Cm inoculations primitives : T» positives; 48 réinoculations : r» positives), ont la même sii^nificalion. On est donc autorisé à conclure aujourd'hui :

1" One le huhon chancrelleux j)roprement dit. de \ii'ulence spéciale, existe, mais qu'il est beaucoup plus rare qu'on ne le croyait: au lieu de représenter \l'2 du <hitTre total des bubons d'orii^ine chancrelleuse, il figure à peine pour 1/'»,'):

2" Qu'il peut cire \ii-ulent d'eml)lée. et inoculable dès son ouverture:

5" Qu'il peut ne devenir virulent et inocidable ([uun temps variable après l'ouverture, et cela sans contamination secondaire.

Quelle interprétation donner à ces résultats?

La dernière conclusion se dégageait déjà des expériences de Ricord. et voici comment il expliipiail le fait : Il y a deux abcès, disait-il, l'abcès intia-ganglionnaire. le chancre du ganglion, seul virulent, et l'abcès j)éri-ganglionnaire, périadénite suppurée simple: on u'ouvit d'abord (pu- la collection péri-adénitique. et le pus n'est pas inoculable: les jours suivants, au fond de la cavité, le ganglion abcédé se rompt à son tour: le pus devient chancrelleux. .Mais Straus. dans un cas. a recueilli le pus de l'abcès intra-ganglionnairc lui-même, par une ponction, et l'inoculation a été tout aussi négative que celle du pus péri-adénitique. Et, du reste, c'est par l'infection secondaire de la plaie ganglionnaire que s'explique le grand nombre des léinoculations positives obtenues autrefois : les mains du malade ou celles du chirurgien lui-même, les instruments, les pièces de pansement, le contact direct, transportent au ganglion ouvert le pus du chancre et l'inoculent. Mais cette explication ne saurait s'appliquer aux expériences récentes faites avec toute la rigueur des procédés bactériologiques. Aussi a-t-on émis d'autres hypothèses. Ilorteloup croyait que la gangrène intra-ganglionnairc suffisait à tuer la virulence, (pii i-eparaîtrail une fois le

(') M.VMNNO. .\eiie l'erstirlie iiher die l'ntlioyenesia iIps fiuhn. in Folfirilcs einfiifhon (ic!<rlnoiirs. Monat'^fhrift l'iir JJrnnnt.. 188(i.

{-) Conifré» inicrn. «le donnatologio cl de sypliiliirr;i|iliie. août 1889. (3) HoRTELOi i>. Soc. (le rhir.. 17 déc. 188i. (*) Hr.MBERT. <'ongrès de cliirurgie, 188ri.

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nu BONS 71 -

^anp^lion oiimmI. ;i|)irs rélimiiialion Ac sa |»arli(' cciilialc s|»liac<''l(M'. Dos oxpôrioiiocs iiili'ri'ssanlcs de M. Auhorl (do I.yoïi) onl iiionliô (juo lo pus cliaiifi'olloiix, soumis pondant uno lioui-o à uno lonipôraluro de 4'2 do^rôs. ou pondanl soi/0 à dix-luiil liouics à ."7 ou ÔH dogrôs, pord sa viiiilonoo : la lonip(>ratnro sorail donc Irop haulo. dans los ganglions, pour (pio lo virus ohanorolloux y puisse vivro ol colonisor : los conditions cliangont ipiand la cavité osl miso on communication avoc l'air oxtériour.

Il faut ajouter ((uo l'histoiro du hacillo, du chancre mou, décril par Ducroy (de Naples) on 1889, ol retrouvé par Unna (de Hambourg)on ISU'i, est loin d'ôtro encore complète de tout point. La question ne saurait être aujourd'hui tranchée délinitivement, et l'on no peut admettre qu'à titre d'hypothèse, fort séduisante, il est vrai, l'opinion de Rocco do Lucca, (pii divise les bubons en doux classes : los bubons s'iuqilos, dus aux streptocoques et aux staphylocoques, los bubons ohanorolloux, dus aux microparasitos spécidquos. 11 roslei-ait à détoiminor pourcpioi cotte seconde variété est, en réalité, si rare, et sil n'y a pas là des conditions spéciales {\i' rabsorjition virulente.

Symptômes. — (Vost à l'aine que siège, le plus souvent, le bubon chroicrcUca.r. et là, il occupe presque toujours los ganglions médians, ceux qui recouvrent directement les vaisseaux fémoraux; mais on lo voit aussi plus en dedans ou on dehors : Rollet a ouvert un bul)on chancroUeux à la racine i\o la verge, contre la symphyse pubienne; d'autres ont été signalés près de l'épine iliacpu', ou au-dessus du ligament do Fallope, ou encore plus bas, sur la cuisse. Auspitz. qui énumère ces variétés do siège, los explique fort bien par la topographie des ganglions inguino-cruraux.

On trouve encore le bubon chancroUeux à l'aisselle, lors d'inoculations sur les doigts ou sur le membre supérieur, ou morne à la région sous-maxillaire, à la région parotidienne, lors d'un chancre simple de la joue (Hubl»enet, do Kiotf).

A l'aine, le bubon est, on règle, iniilatih-al et direct, c'est-à-dire qu'il correspond au côté du chancre; s'il pai'aît du côté opposé, il est rroi^^r; ou encore, il est doubUi (H bilaU'roL qu'il s'agisse d'un chancre médian (au frein, par exemple) ou iV'' chancres multiples, disséminés sur la surface de la verge; ou même d'un chancre unilatéral : les anastomoses et rentre-croisement des troncs lymphatiques, fréquents à la verge, suffisent à rendre compte de ces apparentes anomalies.

Un fait plus important, c'est la localisation constante do l'infection chancrelleuse aux ganglions superficiels, à la première étape ganglionnaire, sans que los ganglions profonds ni ceux des groupes connexes soient envahis secondairement; et presque toujours aussi, la localisation à un seul ganglion {monaiUhiite cha))creusc\ Ricord).

C'est généralement au cours <les premières semaines que se développe l'adénite chancrolleuse, surtout après lo treizième jour. Lo bubon peut être, d'ailleurs, précoce ou tardif, survenir mémo après la guérison du chancre (Ricord, Horteloup).

Les allures sont celles d'une adénite aiguë. D'après Ricord, la suppuration était fatale dans le bubon chancroUeux proprement dit; on ne saurait aujourd'hui maintenir, telle qu'elle existait, l'ancienne division; toujours est-il que le pus se forme de bonne heure, au centre même du ganglion. C'est là un fait que

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m (;.\NC.I.1()NS I.YMPIIATIOUES.

Hi'oca lui à iiiriiu' i\c vt'rilicr niMinlt's lois, on a|)|»li(|unnl s;» im'-lliodo des ponc- I ions altoilivos (voy. Tiditcint'iil).

Le j^aiiiilion su|)|)uiv on inasso. cl au loyer iulia-^an^lionnaiio so surajoiilo hionlôl une collorlion i>('ii-a«l»'iiili(|ii(' : il en rôsiillo un ahcôs (|ui |)roiul la l'onno «Tuin' hossoinro ovalairo. <riiiu' ainpoiile, parallèle au ^raud axe <lu pli de l'aine; la lluelualion e^l alors 1res nelle. On assisle souvenl à un leni Iravail dulcéralion : on \<>il la |teau. léduile à un mince lenillel. hlancliir el se soulever par places en huiles épidennicpies. sortes de |ililyclènes (pic le pus \a roni|>re devant lui: «loù la siiiracc ciiMc»' du huhon ouverl.

Ce pus est d(> luaiixais aspect, il esl clair, mal lié, sanieux, d'un jaune grisAtre ou diin jaunt' roux, souvenl |)anaché de sirics d'un hnin chocolat, mt^lé de petits llocons. de détritus or^anicpies et de caillots: il n'est jamais entièrement |>hlejj:inoueux.

Nous savons, d'après les faits récents, tjue, dans linnuense majorité des cas, s'il esl soustrait à toute contagion, le huhon ouveit se conduit à la façon d'un adéno-j)hl(^gmon ordinaire, se cicatrise vile, et ne laisse <pu' des traces peu étendues, (le n'est (pie lors de contamination secondaire (pi'il revèl l'aspect et les allures diin véritahie ( hanci-e. L'ulcération est anfractucuse, déchiquetée, grisâtre ou d'un gris hrun: |)arfois, sur ses confins, d'autres placjues ulcérées se creusent sur la peau, dues sans doute à des inoculations de voisinage; ailleurs, le chancre ganglionnaire s'étend en profondeur, c'est luie caverne chancreuse, dont les parois rigides se refusent à l'accolemenl. Souvent alors la cicatrice est large, déprimée, gonllée, Idanchàtre.

Des roiiipUcaiioiis peuvent survenir.

Il y a d'ahord les complications communes, la lymphangite, l'érysipèle, voire le phlegmon dilTus.

Il y a aussi les t»ubons hybrides, si l'on peut ainsi dire, ou mixtes, tels ([ue nous les retrouverons dans la syphilis : le bubon strumeux gretré sur l'adénite chancrelleuse; le cancer, gretîé aussi sur le même terrain : Hunter le signalait d(\jà. cl l\ol)crl en donne une observation: le bubon syphilo-chancrelleux.

Mais la plus terrible des complications, c'est \o jtluifjédénisnie. D'après l'expérience du professeur Fournier, le phagédénisme ganglionnaire coexiste rarement avec le phagvdénisme du chancre : le plus souvent, au contraire, l'ulcération primitive suit alors un cours régulier.

Il y a deux formes de j)hagédénisme : la forme serpiginetise, la forme téréhrante. Serpigineux, l'ulcère s'étale, se cicatrise à une extrémité, alors que l'autre s'avance en labourant la peau, et souvent au loin, à l'aine, à l'abdomen, au périnée, à la fesse, aux lond)es, à la cuisse jus(prau genou; sa surface est pseudo-membraneuse, d'aspect grisâtre, triste (Ricord): il marche par poussées, par recrudescences, cl sa durée est foi-l longue: dans un fait observé par Fournier, la maladie datait de (juatorze ans.

La forme térébrante est un peu plus i-are, ou encore les deux formes sont combinées, et la nappe ulcérée creuse et ronge en certains points : elle dissèque les muscles, dénude les nerfs et les vaisseaux, et jusqu'à l'artère fémorale, qu'on a vue parfois battre au fond de la plaie.

Il est inutile d'insister sur les accidents locaux (ulcérations vasculaires, cicatrices vicieuses) que provoquent ces larges dénudations phagédéniques, ni sur l'atteinte qu'elles portent à la santé générale.

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HLHONS. 7i:.

Diagnostic. On l'iumiriJiil. il \ a jmmi tir I(mii|i^ l'iicorc. 1rs caiactcivs

<lillVM'(Mili('ls (lu Itiiboi) siin|)l(' <'l du huboii cliaiK tcINmix : I arnilô plus vive dos <l()ul«Miis, dans la sfM'ondc vaii«''l(''. la sujtpuralion plus rapidi' cl on masse, les rai'aclères du pus cl l'asped de i'ulc»''ralion consécul ixc. Mais, depuis lon^lemps. le pi'olesseur Fouinier axail lail reuiarf(ner (pieu «leliois de l'inoculatiou. il es! souvent impossible, jusipi'à la cic-alrisalion, de savoir si le huhon est simple ou spécifique. Et ce diagnostic. «Ion! les dilTicullés se concoivenl. n"a plus j^uèrc d'importance aujourd'hui.

Vax préstMice dun huhon déjà ou\<mI. ou rei'onnaîlra. à rasj)ecl de la plaie, à sa marche, etc.. si elle est devenue chancielleuse.

Le phagédénisme est d'allure assez caractéristique par lui-même : on ne pourrait le confondre qu'avec le phagédénisme tertiaire (voy. plus loin).

.V Bubons syphilitiques. — a. Bubon syphilitique prim.viiu:. — (iCsl celui qui se développe à la suite et sous linfliience du chancre induré.

On peut le tenir pour (^onslant : « le huhon suit le chancre, comme Tomhre suit le corps » (Ricord), et les exceptions à cette règle sont, en réalité, très rares. Un total de 1561 cas de chancres indurés n'a permis à Jullien de relever <[ue 57 fois l'ahsence du huhon, soit 2.7 pour 100. Fournier. sur 500 chancres, ne l'a vu manquer que 5 fois, et encore, chez deux malades, un embonpoint extrême rendait-il presque impossible l'exploration des ganglions.

C'est là, en eflet, une cause d'erreur: les autres cas où manquait l'adénite primaire se rapportent à des chancres phagédéniques, dont l'extension ulcérative oblitère les voies etTérentes de la lymphe: à des chancres implantés sur une épaisse base d'induration, quii jouerait le même rôle que le phagédénisme; ou encore, à de minimes érosions chancreuses. toutes superficielles. Mais le volume de l'adénite est loin de se mesurer à la largeur du chancre.

Le bubon primaire apparaît du septième au quinzième jour, après le chancre induré, le onzième jour, tei-me moyen : cette précocité est de règle; c'est à litre exceptionnel qu'on a vu l'adénite tarder jusqu'au vingt-septième jour (Fournier).

L'aine est, ici encore, un siège d'élection (chancres des organes génitaux, <le l'anus, des fesses, des cuisses, du périnée, de la partie inférieure de l'abdomen, de l'extrémité antérieure de l'urèthre). On trouve encore le bubon à la région îsous-maxillaiie (chancres de la bouche, des lèvres, de la langue, du menton), à l'aisselle (chancres digitaux et mammaires), à la région épitrochléenne, sushyoïdienne, pré-auriculaire. Chez un malade de Fournier, où le chancre occupait la voûte palatine, on sentait un gros ganglion dans l'épaisseur même de la joue; chez un autre, qui avait été infecté par la trompe d'Eustache. il existait deux ganglions parotidiens, l'un au-dessous du lobule de l'oreille, lautre, plus bas, sous la branche du maxillaire.

On retrouve ici les mêmes variétés de siège que pour le bubon «Hiancrelleux : l'adénite peut être unilatérale, directe ou croisée: mais, dans l'immense majorité <les cas. à l'aine, il s'agit d'une adénite double, hi-inguinale. moins développée souvent du côté opposé à celui où siège le chancre originel.

L'infection chancreuse s'arrête ordinairement au premier groupe ganglionnaire, mais, d'après Fournier, elle pourrait s'étendre plus loin, et il a trouvé les ganglions iliaques externes simultanément atteints.

A l'aine assez rarement, à l'aisselle, ou encore à la région sus-hyoïdienne et

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TIC, (iANC.I.IONS LYMIMIATIOLKS.

«ious-maxillaiiv. on poul Irouvcr un Ijubon mono-p^ang^lionnaire. |)lus (rvoa alors t|UO (lo routinne.

Mais, on rèj^lc radéiiilo rsl poly-i^ani^-lionnairo : c'est la })h''ia(k cai-adérisli(liii'. (-0S ganjçlions ne sont i>as tous de nirinc grosseur : celui qui sert d'abouiissanl direct aux lymphaticuu^s de la réi,non du chancre, le f/anglion anato- ,,iii/Hc (Ricord). le irani^lion le i)lus interne de laine, dans les chancres génitaux, le plus externe, dans ceux de lanus. accpiiert et conserve souvent un volume |)rétloininant (i^iiiii/linii j/hnictr). et les autres s'étagent en séiie derrière lui.

(îi'os comme une noisette, comme une amande, ces ganglions sont isolés, mobiles, et roulent libi-eiuent sous le doigt: (pudcpu'l'ois ils forment cha|)elet, et «les cordons intermédiaires les relient, constitués par «les lymphatiques indurés. Ces ganglions sont durs, dune dureté spéciale, chondroïde, (pii rappelle la base indurée du chan<re : « c'est l'induration chancreuse ti'ansjK)rlée dans le ganglion » (Ricord). Ils sont in<lolents: aucune zone d'empâtement ne les entoure, ils ne présentent nulle trace de réaction inflammatoire.

Ail(hiit<' en pléiar/c. indun'c. froide et indolente : tel est le type classi([ue du bul)on syphiliticpu' primaire.

Kn S. 10. jô jours elle acquiert son développement complet: elle reste stalionnaire plusieurs semaines, et justju'à 2 et o mois, et sa régression se fait très lentement. On la trouve encore au 4"=, fi'", 8" mois de Pinfection : Ricord en a ren<-ontré des « vestiges non équivoques à plusieurs années d'intervalle du début de rinfeclion y.

Lue telle persistance (\y\ bubon primaire est importante pour le diagnostic : c'est un signe posthume <lu chancre (Fournier). un témoin qu'on peut toujours consulter, en interrogeant les ganglions (Ricord).

Mais à l'élément spécifique peut s'adjoindre un autre élément morbide: de ces associations naissent les hnhonx mixtes ou bubons hybrides, dont on peut décrire plusieurs types :

1. linbons sj/philo-iiiptiinmatoires. — Sous l'induence d'une infection secondaire dont le chancre est le siège, une adénite simple, inflammatoire, se grelïe sur l'adénopathie spécifique et froide de la syphilis.

Les ganglions grossissent et deviennent cohérents: c'est une masse polyganglionnaire, bosselée, couverte d'une peau rouge et adhérente, douloureuse; elh' peut suppur<*r. Ainsi s'explique l'adénite syphilitique suppurée.

De tels faits sont rares. Et, en réalité, ce n'est pas l'élément syphilitique qui crée la suppuration ganglionnaire, c'est l'infection secondaire. Aussi la proportion des bubons suppures varie-t-elle suivant les statistiques, c'est-à-dire suivant les catégories de malades, de 0,7 pour 100 (Fournier) à 5 pour 100 (Rollel) : elle est. en moyeime, de 2. 9 à 5,6 pour 100.

Si l'abcès est ouvert, le pus qui s'en écoule n'est pas auto-inoculable, et la plaie qui en résulte revèl tous les caractères de l'ulcère cliancreux.

2. Bubon sijjdiibj-r/in/irreUeux. — Il résulte du transport aux mêmes ganglions du virus syphiliticpu' et du virus chancrelleux. Trois cas se présentent : ti. Chancre mixte, né d'une contagion double et simultanée, ou d'une contagion double et successive : le bubon syphilitique induré est alors constant, mais le bubon chancrelleux ne Test pas : il ne se verrait qu'une fois environ sur 8 ou 10, alors qu'à l'état isolé la proportion de 1 pour ô est la plus ordinaire. Il semble q>u* la lymphangite et l'adénite scléreuses entravent le transport du

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