SYPHILIS DES TENDONS
Les tumeurs syphilitiques des tendons, signalées par Lagneau (1828) et par Ricord, ont été étudiées par Lisfranc (1842), sous le nom de nodosités blanches des tendons : il rapporte le fait d'une gomme du tendon d'Achille, observée chez une danseuse de l'Opéra, et qui disparut par le traitement ioduré.
(") Raynal, Cellulite péri-lendineuse du tendon d'ArhiUe. Airh. cjca. de méd., déc. 1883. (*) Kirmisson, Ibidem. Arch. de méd., 188i, p. lUO.
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SYPHILIS ni:s tiindons.
Boiiisson (ISi»*)), dans son nirmoirr snilcs Inincurs sypliililiciurs <lcs nnisclcs ci (li's Icndons. |)ul)lia nn nuuvoan cas de lénosilc svpliilili(|ii(. des ,|<mi\ tendons «l'Achille.
Plnsicnrs thèses ont ctcndn peu à pcn la liste de e<'s observations : relies de Monginot, Sainl-Aironiand, Thévenel, Sahail. M. Lancereanx, dans son Trait,' danatomie palholoijiijiic, a exposé le |»rocessns anatoniitpie de la syphilis tendineuse, et ses Tornies.
Kniin, les traités spé- <iaux et les articles didactiques ont élargi ces <lonnées, (jui ne constituent pas encore, il est vrai, à rheure acluelle, les éléments d'une histoire complète.
BocissoN, Sur les luineuis syphilitiques des muscles et (ic leurs annexes. Gaz. mi'd., 1846. — MoNGiNOT, Tumeurs syphilitiques des muscles et des tendons. Thèse de docl., 1851. — Lancereaux, Traitement de la syphilis, p. '215, et Traité d'anat. pathol. — Saint- AimoMAND. Des tumeurs gommeuses du tissu cellulaire et des muscles.
Thèse de doct., 1858. — Tiik- VENET, Tumeurs syi)hiliti<iucs des tendons, etc. Thèse <!(' doct., 1858. — Sahail, Tumeurs syphilitiques des tendons et des aponévroses.
Thèse de doct., i87(). — Jcl- LiEN, Traité des maladies vénériennes. — Art. SviMiiLis des Dictio)inaires.
La ténosite syphililicjue tertiaire est rare, et, de plus, il est souvent difficile de la distinguer nettement de la syphilis des gaines. Elle intéresse sur-
ioul les O-rns tendons et *"'"• -*'-■ ~ Tùiosllf syphililiqnc dos deux Undous dArliilIc. (Musée lOUl les glOS icmions, et .j^, |i,5,,ii.,| S;,inl-Louis, collcclion i.tMliculine de M. le D' IK-^n,
il semble que l'activité de "" ^32, viir. 102.) leur fonctionnement soit
une cause d'appel. Le tendon d'Achille est le plus fréciuemment atteint; après lui, le tendon rotulien, mais les autres n'en sont nullement indemnes, et on trouve signalés dans les observations ceux du petit psoas, du sterno-mastoïdien, <lu jambier antérieur, des iléchisseurs des doigts (Lisfranc, Bouisson). Le processus revêt deux formes : IMa ténosile infiltrée; 2» la gomme.
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St'.> TENDONS.
Infiltré, le london grossit sur loulc sa loiii^uour on par places, il esl comnio liypcrlropliic, il reste formo et résistant, ou revêt lasjïect d'une matière molle et gélatinitbrme. Il se calcifié parfois, et il en résulte des nodus isolés, qui ont l'aspect d'os sésamoides.
Le'?' 1/0)1) mes sont d'observation moins rare: ordinaiiement snpei-ficielles, elles naissent parfois au centre même tlu cordon tendineux, et. multiples, elles s'échelonnent sur sa longueur. Leur structure i-l leur évolution n'ont ici rien de spécial. L'atVection est lente et progressive, et la gêne fonctionnelle ne s'accuse • pu» peu à peu. La tumeur est-elle uni([ue. elle s'étend coiunie une masse fusiforme le long du tendon cl finit en pointe du côté de son attache : l'aspect est très caractéristique, au tendon (.l'Achille, et Lisfranc et Bouisson décrivent très nettement ce que représente notre figure !2(l'2. Les gommes multiples dessinent une série de bosselures de volume variable : superficielles, elles sont plus saillantes et leur relief plus accidenté que quand elles naissent dans l'épaisseur du tendon et restent bridées par ses faisceaux. Ce ne sont parfois, aux doigts par exemple, que des nodus arrondis, gros comme un pois, que le palper décèle sur le trajet du cordon tendineux.
Ils peuvent rester à ce stade d'induration durant de longs mois, ou se résoudre, sous l'influence du traitement. Ailleurs, la gomme grossit et s'ulcère. A la longue >on extension intéresse parfois les gaines, le muscle lui-même, la jointure voisine.
Le siège de ces tumeurs ne permettra pas de les prendre pour des névromes. dont la sensibilité est, du reste, tout autre, et que la contraction musculaire ne modifie nullement dans leur situation et leur fixiK\
Il est l>ien plus difficile de distinguer nettement la syphilis gommeuse de la gaine de la syphilis gommeuse du tendon.
Le traitement est celui de la syphilis tertiaire : l'iodure de potassium, à doses progressives, et, localement, l'application de bandelettes de Vigo, combinée à une légère compression.
NÉOPLASIVIES DES TENDONS
Sous le titre de tumeurs des tendons, on doit compremire celles qui naissent et se développent dans l'épaisseur même de l'organe tendineux ('): mais la plupart des faits publiés se rapportent, en réalité, à des néoplasmes de la gaine.
Il existe pourtant quelques observations de néoplasmes tendineux jj)'op)-ement dits.
O. de Pezzer (-) donne dans sa thèse un fait de sarcome du tendon rotulien observé par Hayem et Graux: la généralisation eut lieu, un sarcome du poumon droit et des ganglions du médiastin, l'oblitération de la veine cave supérieure par la tumeur, une pleurésie hémorrhagique ne tardèrent pas à entraîner la' mort.
(') CoRNiL, Bull, de la Sor. anal., novonilirc ISSt! (o])Sorvalion de Lagrangc). {*) Des tumeurs solides des gai)ies synoviales. Tlièse de doct., 1880.
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sviMiiMs i>i;s Ti;\iK>\s.
Broca, à la suite de roxlir|)ali()ii (ruiio Iiiummii- lihro-plasliinio de l'avaul pinl. par rauipiilalioii de C.lioparl, vil se faire dans les tendons du nioij^non une n'-ci-
Fui. 'H\T<. — TiiiiHiir (l('vcli)p|M'c sur le trajet des tendons nécliisseiirs il'uii (liiiL,M. (Musée Dupuytrcn. n" i'i.)
dive du néoplasme. Monlprofit (') a rapporté un cas de fd)ro-sarconie des tendons du fléchisseur conimuu des orteils; la tumeur, grosse comme un œuf de dinde, occupait la plante du pied; après l'ablation, la récidive ne tarda pas à se faire, derrière la malléole, dans l'épaisseur du même tendon.
Martiu de Pedro (-) a signalé encore un cancer (?) du tendon rolulien suivi de généralisation dans le médiastin.
Mais le fibrome est moins exceptionnel. Wordsworlh, Nélaton, Demarquay en ont fourni des exemples (jui ne sont pas, il est vrai, indiscutables. Kirmisson (^) a rappelé un exemple de fibrome doul)le du tendon d'Achille. Plus récemment.
Scndler (^) a pidDlié l'observation (Vitn fibrome vrai du tendon du Ijrand palmaire^ qui fut extirpé et dont l'examen ne laissa aucune place au doute: on dut réséquer une partie du tendon; mais la petite tumeur avait comprimé le nerf médian, et des phénomènes graves de névrite ascendante, des troubles trophi(|ues très marqués, à la main, suivirent l'opération. Enfin, Pollosson(') a étudié le lipome des tendons.
Nous avons récemment extirpé, chez un garçon de dix-sept ans, une énorme
(') MoNTPROFiT, Sarroni", ottsifhint des tenduia. Bull, de la Soc. (uint., 2.1 jaiiv. 1891.
(*) M.\RTiN DE Pedro, El Sicjlo inedico, 1675, t. XX, p. 1050-10"m.
(') Kirmisson, ^/y7(. gén. de méd., 1884, p. l'JO.
{*) Sendler, f/n fibrome vrai du tendon du ijrnnd pabnaire, arec troubles eonsérutifs dan.^ le territoire du nerf médian. Zeitschrift fiir Cliir., 1887, t. X.X.VI, p. 589.
(•"') PoLLOSSON, Note sur le lipome dans les tissus musculaire et tendineux. Province méd 1888, III, lOi.
I"ii.. -ilii. — Tiiiiiour osseuse du liganiCMl rotulien.
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