‹ Traité de chirurgieChapitre 93 sur 199 · I.VMl'll.WCilOMK · texte numérisé non relu

I.VMl'll.WCilOMK

conjoiuiir riclie en cellules jeunes, et de lentes tapissées par un endolhélium, ainsi que le dénionirent les imprégnations au nitrate d'argent; çà et là, des lacunes irrégulières font suite aux fentes lymphatiques; dans la langue, les dilatations se poursuivent jusque dans les papilles (').

Lipnphaïujiomc kystique. — Le lymphangiome kystique est une afl'ection congénitale caractérisée par une agglomération de kystes de volume variable, renrermanl un liquide analogue à la lymphe; leur paroi conjonctive est pourvue d\ui revètemeul endothéiial, leur cavité communique ou non avec les vaisseaux lymphatiques. Il parait légitime de rattacher ces productions aux lymphangiomes, car, ainsi que je l'ai dit plus haut, il existe toute une série d'intermédiaires formant une chaîne continue entre le lymphangiome le plus simple et le

FiG. lôo. — Kyste séreux imilliloculaire du cou (coupe hislologique) (figure d'après Lannelongue).

kyste séreux le plus complexe. Ainsi, dans certaines pièces de lymphangiome caverneux, on observe, à côté du tissu spongieux lymphatique, des espaces dilatés, complètement clos, de véritables kystes en un mot; dans d'autres cas, le tissu caverneux manque, et les kystes forment à eux seuls toute la masse pathologique, mais il est permis de retrouver leur origine lymphatique grâce à leur endothélium régulier, à leur contenu, parfois à la communication de certains d'entre eux avec les vaisseaux blancs, parfois enfin à la présence dans la paroi kystique d'un peu de substance folliculaire (-). En résumé, des caractères communs semblent relier toutes ces productions (") et justifier leur rapprochement dans un même chapitre.

(') Nasse, Arch. de Langenbeck, 1889.

(*) Nasse, Loc. cit.

(') Ce fait a été énoncé pour la première fois par Virchow {Arcli. fiir path. Anat., 1854) et accepté ensuite par Koster, Winiwarter, etc.

IQUENUl

APPENim-i: AL X TUMEURS.

FiG. 15t>.

- Endotliélium d"un kyste streiix du cmi (figure d'après Lannelongue).

Les kystes sôroux congénitaux s'observtMil priiu-ipalonienl auroiuaii p^i'inée; mais on jnnit les rencontrer à peu près partout : à la fesse, à l'épaule, au bras, à lavant -bras, dans la cavité abdominale, etc. Cette dilïusion, sur laquelle insiste avec raison Lannelongue ('), nous démontre le peu de valeur des théories qui avaii'ut attribué la foruuition des kystes séreux congénitaux à la dégénérescence d'organes à vésicules closes, tels ijue la glande de Luschka, le ganglion intercarotidieu d'Arucdd, etc.

Les kystes séreux congéuilaux se présentent sous forme de masses irrégulières, non encapsulées, adhérentes le plus souvent aux organes au milieu desquels elles sont plongées et entre lesquels elles envoient des prolongements.

Leur forme est bosselée, en rapport avec Tagglomération des poches ou la mullilocularitédu kyste; leur volume, parfois égal à celui d'un œuf de poule ou dune orange, peut atteindre et dépasser celui dune tète d'enfant. Le nombre des poches est d'ordinaire considérable, il y en a quel([uefois plus de 10(1. Leur paroi, composée de tissu conjonctif et d'un revêtement endothélial absent par places, renferme des vaisseaux sanguins très abondants et des lymphatiques; Lannelongue y a plusieurs fois observé des nerfs.

Le contenu se compose d'un liquide alcalin, albumineux, transparent, parfois comme de leau de roche, parfois citrin ou plus ou moins teinté de sang.

Je n'ajouterai que quelques mots sur des productions plus complexes dansles- (juelles on a observé une combinaison du lymphangiome avec l'angiome sanguin ou bien du lymphangiome, avec des kystes à revêtement franchement épithélial. Je puis citer comme exemples des premières une observation de Nasse, relative à une petite tumeur du volume d'un œuf de poule siégeant sur la ligne axillaire au niveau des 8^, 9*^ et 10^ côtes, et constatée six semaines après la naissance. Cette tumeur se composait de petites loges, pleines de lymphe et tapissées d'endothélium, et de cavités plus grandes. Parmi ces dernières, les unes renfermaient du sang, les autres un mélange de sang et de lymphe, d'autres enfin de la lymphe pure. Il est difficile, ajoute l'auteur, de décider si, dans ce cas, il s'agit de la combinaison d'un angiome sanguin avec un lymphangiome, ou bien d'un lymphangiome kystique avec pénétration secondaire du sang dans les voies lymphatiques. C'est à cette dernière interprétation que se sont arrêtés un certain nombre d'auteurs et en particulier Wegncr.

Les exemples de lymphangiomes kystiques avec des kystes mucoïdes ont été spécialement rencontrés au cou(^). Lannelongue cite un cas de kyste séreux congénital avec cavités tapissées d'épithélium cylindrique et un autre cas où les cellules d'un kyste étaient cylindriques à cils vibratilesf'').

(*) Lannelongue, Traité des kystes congénitaux. (*) Lannelongue.

(') Samter, cité par Nasse, a de même observé une tumeur branchiale dans laquelle existaient côte à côte des kystes lymphatiques et des kystes épithéliaux.

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