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ORIGINE ET EVOLUTION DU LVMPIIANGIOME

Nous sommes dans lignorance la jjIus complète sur la cause première de ces malformations du système lymphatique; on s'est demandé si la malformation ne poilait pas primitivement sur les gros troncs lymphatiques; la tumeur lymphangiomateuse n'eût été alors que la conséquence mécanique d'un vice de construction affectant les gros canaux et amenant secondairement la dilatation des réseaux. On a cité à l'appui un certain nombre de faits où des dilatations lymphatiipu^s existaient chez des sujets porteurs d'anomalies des gros troncs lymphatiques, mais il s'agissait alors de lymphangiectasies diffuses et non de lymphangiomes circonscrits. Il vaut donc mieux simplement confesser notre ignorance.

La lumière n'est pas faite non plus sur l'évolution et en particulier sur Taccroissement des lymphangiomes. Comme je n'ai cessé de le répéter, la néoformation des vaisseaux lymphatiques est difficilement démontrable. Langhans (•) pourtant fait observer que le pannicule adipeux dans lequel se développent fréquemment les lymphangiomes est très pauvre en lymphatiques, il faudrait donc accepter leur formation nouvelle.

Wegner avait admis trois modes de développement pour les lymphangiomes. Ce développement résulterait de la dilatation des vaisseaux préexistants, de la néoformation de vaisseaux par bourgeonnement des endothéliums et enfin de la formation d'un tissu de granulations au milieu duquel prendraient secondairement naissance des espaces lymphatiques. Nasse n'est pas éloigné d'admettre le bourgeonnement endothélial : sans avoir constaté comme Wegner une stratification des cellules endothéliales. il a observé sur plusieurs pièces des signes manifestes de multiplication cellulaire, mais c'est tout ; le troisième mode admis par Wegner est encore moins facilement démontrable.

Il est vraisemblable que la transformation du lymphangiome simple en lymphangiome caverneux s'accomplit par le même mécanisme que dans l'angiome; nous ne savons rien de bien certain sur la pathogénie des formations kystiques.

Symptômes et diagnostic.

Il est difficile à l'heure qu'il est d'écrire une histoire clinique générale du lymphangiome; les tumeurs lymphatiques qui ont tout particulièrement attiré l'attention des chirurgiens français sont les tumeurs ganglionnaires; or nous savons que l'adéno-lymphocèle ne mérite pas de prendre place parmi les lymphangiomes. Il nous faut encore en déduire les varices des réseaux et des troncs; ainsi réduits, les lymphangiomes peuvent se diviser en deux groupes :

(•) Cité par Nasse.

[QVENU.}

les lymphang^iomes proprement dits (simples ou cavernoux) el les lymphangiomes kystiques (') ou kystes séreux cong-énilaux.

Les lyiiiplninrjiome^i proprement dits s'observent en général peu de temps après la naissance, sous la forme de i)etiles tumeurs molles, facilement confomlues avec des lipomes. Parfois il s'écoule un certain nombre d'années avant (jue la petite production éveille l'attention des parents. Dans certaines régions, aux lèvres, à la langue, etc., l'aspect de la tumeur el les troubles fonctionnels qu'elle provoque présentent de telles particularités que leur étude doit être renvoyée aux cliaiiitres de pathologie spéciale (*). Ailleurs le lymphangiome se montre sous la forme dune masse circonscrite, imparfaitement limitée, à contours unis, molle plutôt que fluctuante, réductible, se tuméfiant parfois sous l'influence des cris et des elTorts, tantôt mobile sur les parties profondes, tantôt adhérente. La peau est saine ou légèrement amincie, d'autres fois encore elle adhère tellement à la tumeur qu'elle est comme fusionnée avec elle(^). Dans certains cas on a noté la dilatation des veines superficielles.

Les ly!n])hangiomes déterminent la plupart du temps peu de troubles (je parle, bien entendu, de ceux qui ne sont pas susceptibles par un siège spécial d'entraver une fonction). Certaines observations cependant notent quelques phénomènes douloureux ('•), de la gène dans les mouvements, etc.

Ces productions grossissent lentement et sans déterminer de réaction sur l'état général tant qu'elles ne sont pas le siège de poussées inflammatoires ni d'altérations de nature infectieuse; dans ce dernier cas, les phénomènes généraux peuvent devenir rapidement graves.

L'ulcération est rare, elle peut donner lieu à un écoulement de lymphe continu ou périodique (').

La guérison spontanée par le mécanisme observé dans les angiomes est exceptionnel («).

Le diaynostic n'est pas toujours facile : la distinction d'avec l'angiome et le lipome congénital est spécialement délicate, d'autant que le lymphangiome peut être infiltré de graisse et subir une véritable transformation lipomateuse; la ponction peut quelquefois, mais non toujours, lever les doutes.

Le tableau symptomatique des bjrnphanfjiomes kystiques diffère notablement du précédent ("). Les kystes séreux constituent des masses arrondies, proéminentes, tantôt nettement délimitables, tantôt contenues avec les parties voisines. La peau qui les recouvre est le plus souvent mobile, et présente parfois un:»

FiG. 1Ô7. — Kyste séreux mulliloculaire bilalérol du cou (d'après Larinclongue).

(•) J'entends par là des lymphangiomes avec cavités kystifjues cliniquement appréciables.

(*) Voy. Maladies des lèvres, de la langue, etc.

P) Observation de Monod. Congrès de chirurgie, 1888.

(*) N.\ssE, Observ. I.

(^) Georgjevic, Arch. de Langenbeck, 1871.

(*) Wegner.

C) Nous empruntons les détails qui suivent à l'e-xcellent traité de Lannelongue.

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