‹ Traité de chirurgieChapitre 96 sur 199 · I.VMI»IIANGIOME · texte numérisé non relu

I.VMI»IIANGIOME

soilc (le <l(Miii-lr;iiis|>iu-('ii(('. La (((iisislaiicc est f^énéralcnuMil mollasse, raroiiHMil (Imc cl t'IasIiiiiK*; la sciisalioii de niicl iialioii s'observe |>liis nelleiiienl (|ue dans les l'ormes préeédeiiles ; en revanche, la rédnciihililé nian(|uc cl les cris el h's ellbi-ls ivslenl sans inlluence sur le volume el Taspecl de la lumélaclion, sauf dans les cas où il sai^il de kysles cervicaux avec prolongemenls inlranioracicpies.

Les troubles l'onclionnels sont presque spéciaux aux lymphangiomcs kysliciues du cou, ils sont en rapport avec le refoulement de la langue el de

/ FiG. 138. — Kyste séreux congénital mulliloculaire du bras et de l'avant-bras (d'après Lannelongue).

l'épiglotle, et portent par suite principalement sur la déglutition et sur la respiration.

Le diagnostic se l'ait d'après l'origine congénitale, le siège, etc., et, il faut bien le dire, d'après les résultats de la ponction exploratrice qui permet de reconnaître non seulement la nature du liquide, mais encore la disposition polykystique de la tumeur (').

Le diagnostic différentiel avec l'angiome est parfois particulièrement difficile, le diagnostic avec les tumeurs propres à chaque région trouvera mieux sa place à la pathologie régionale.

Traitement

Les méthodes thérapeutiques qui ont été employées contre les lymphangiomcs peuvent être divisées en deux classes : celles qui ont en vue une modification curative des tumeurs lymphatiques et celles qui se proposent leur destruction.

Les premières ont été calquées sur les procédés employés contre les tumeurs érectiles sanguines; elles comprennent les ponctions avec injections de substances irritantes, les cautérisations au fer rouge, le drainage et l'électrolyse.

Par ces moyens, on cherche à provoquer une inflammation de la tumeur et l'étouffement des vaisseaux lymphatiques par du tissu de granulations.

Les injections causticjues ont été pratiquées avec le chlorure de zinc, le perchlorure de fer et la teinture d'iode. Le chlorure de zinc injecté à plusieurs reprises a donné une guérison à Pinner (*) ; il a été également employé par Maas. Riedel (^) recommande de préférence l'injection iodée.

A priori nous admettons la ponction avec injections modificatrices dans des

(•) Lannelongue.

(^) PiNNER, Centralbl. fiir Chir., 1880. Il s'agissait d'un lympliangioinc kysti<iue du thorax chez un enfant de quatre ans (cité par Chipault). (^) Cité par Nasse.

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caviU's closes ('): nous nhésiloiis pas à les rejeter dans Ions les eas de lyinphanjfiomes eaverneux. plus ou moins réduelildes par la pression, j)our les mêmes raisons qui nous ont lait hannir leur emi)loi de la tliéiapeuli(jue des an<>:ionies sanguins.

Léleclrolyse mériterait dètre essayée, (rautant (pTelle pourrait constituer une ressource précieuse dans les cas où les méthodes destructives sont inipralicablos (*).

Citons, à côté (h* léleclrolyse et des cautérisations, le drainage avec tamponnement iodol'ormé. après incision; c'est là le procédé que Wolller conseille chez les entants, lorscpu' l'opération sanglante présenterait trop de dangers.

A tous ces moyens nous préférons les méthodes destructives et, parmi celles-ci, Textirpation, quand elle est possible, nous paraît devoir être présentée comme le procédé de choix. Sans doute elle a été jugée défavorablement jadis. Nélaton lavait frappée d'interdiction et, jusqu'aux jours de l'antisepsie, le lymphangiome a été regardé par le plus grand nombre des chirurgiens comme un noli me lanifère. C'est (pi'en etï'et la plupart des opérations dirigées contre des tumeurs lymphatiques étaient suivies de suppuration et que l'infection trouvait là des voies largement ouvertes. Actuellement il est permis d'avoir recours à l'opération sanglante, quand le lymphangiome est bien circonscrit et n'envoie pas de prolongements dans la profondeur. Malheureusement, il ne sera souvent possible d'en juger qu'au cours même de l'intervention, et celle-ci sera souvent incomplète. Cette méthode compte, en somme, de nombreux succès à son actif; Nasse rapporte dans son mémoire 9 observations de lymphangiomes extirpés chez des enfants : un seul mourut des suites de l'opération, qui resta inachevée. La statistique publiée par Lannelongue et relative à des kystes congénitaux est aussi bonne que celle de Nasse : sur une douzaine de cas elle compte 1 1 guérisons; un enfant n'a pas été revu et a probablement succombé.

Inutile d'ajouter que ces opérations sanglantes ne doivent être tentées que sur des enfants âgés de plusieurs mois et en état de supporter une certaine perte de sang(').

(•) El surloul dans les cas dé livstes uniloculaires ou ])au(ili>culaires, observations de cas heureux par Fano, Tillaux, Tliibierge, Lanneloni<uc. Trendolcnburg (cités par Lannelongue).

(*) Lannelongue cite l'insuccès de James Hardie, qui employa l'électrolyse pour un kyste rongénital du cou : à la suite de la quatrième séance il survint une inflammation suppurative <pii emporta le petit malade. Nous accuserons de cette mort moins l'intervalle rapproché des séances que l'insuffisance des précautions antiseptiques. Lannelongue a traité i)ar l'électrolyse deux enfants atteints de kystes congénitaux; le premier sorti, à peu près guéri après quatre mois, le second succomba à la suppuration.

p) Voy. aux Ma'adies de la laïKjue la thérapeutique de la macroglossic.

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